Rougeole

La rougeole est une maladie infantile infectieuse, connue également comme étant la première maladie éruptive (les quatre autres étant la varicelle, la roséole, la rubéole et l'érythème infectieux.)

Jadis, elle atteignait plusieurs centaines de milliers d'enfants chaque année partout à travers le monde. Depuis les années 1960, la vaccination largement répandue a permis au virus de presque disparaître dans la plupart des pays développés. Toutefois, le refus de certains parents de faire vacciner leurs enfants est à l'origine d'un phénomène récent de recrudescence du virus qui inquiète les autorités sanitaires d'Europe et d'Amérique du Nord.

Causes de la rougeole

C'est un virus qu'on appelle paramyxovirus qui est responsable de la rougeole. Très contagieux, il se déplace facilement dans l'air.

Qui est touché par la rougeole? Quels sont les facteurs de risque?

  • Les personnes non vaccinées contre la rougeole et qui entrent en contact avec le virus présentent un très haut risque de la contracter
  • Les jeunes enfants sont plus à risque
  • Les régions comme l'Afrique ou l'Asie, où la vaccination n'est pas systématique, sont souvent le théâtre d'épidémie de rougeole : y habiter est un facteur de risque
  • Les enfants souffrant de malnutrition et ceux qui sont immunodéprimés sont plus à risque de souffrir d'une forme sévère de rougeole et ils sont beaucoup plus sujets aux complications potentiellement liées à cette maladie
  • La carence en vitamine A est associée à des cas de rougeoles potentiellement graves

Contagion

La rougeole est extrêmement contagieuse. On estime que, de toutes les infections qui peuvent être évitées par la vaccination, ce serait la plus contagieuse.

Une personne atteinte est contagieuse environ 5 jours avant l'apparition des premiers symptômes. Elle cesse de l'être environ 5 jours après l'apparition de l'éruption cutanée.

Si une personne non vaccinée partage un milieu de vie avec un individu contagieux, elle a environ 9 chances sur 10 de contracter le virus à son tour.

Le virus se déplace dans l'air. Une personne atteinte qui éternue ou toussote, voire respire tout simplement, expédie dans l'air des microgouttelettes contaminées, qui favorisent la propagation du virus.

Contrairement à plusieurs autres virus, le virus qui cause la rougeole ne peut pas survivre longtemps sur les objets (seulement 2 heures environ.) L'utilisation des objets ayant été utilisés par un individu atteint n'est donc pas un vecteur de transmission important, mais le potentiel de contagion de la rougeole n'en est pas moins redoutable.

Les principaux symptômes sont :

  • Après une période d'incubation qui dure entre une et deux semaines, les premiers symptômes commencent à se manifester.
  • On peut tout d'abord remarquer une fièvre souvent forte (elle peut durer plusieurs jours) et des symptômes qui s'apparentent à ceux du rhume tels une toux, des écoulements nasaux, une rougeur oculaire,  la fatigue et l'irritabilité.
  • On peut observer également des symptômes digestifs tels que des vomissements ou une diarrhée.
  • Suite à l'apparition des signes annonciateurs décrits ci-avant, les premières lésions apparaissent déjà à l'intérieur des joues, non loin des molaires. Un examen de la cavité buccale est donc nécessaire pour les identifier, puisqu'au début, il n'y a pas de lésions ailleurs sur le corps.
  • Ces lésions sont caractéristiques. Elles ressemblent à des petits boutons rouges, de grosseur variable. Leur centre est blanc, parfois bleuâtre, et peut rappeler un grain de sable. On les appelle taches de Koplik.
  • Quelques jours après l'apparition de ces taches, une autre éruption cutanée apparaît, cette fois-ci sur le visage et dans le haut du cou. Il s'agit cette fois de grosses taches brunes ou rouges prenant l'allure de plaques tachetées (exanthème morbilliforme.)
  • L'éruption peut ensuite se généraliser, et des taches apparaissent alors sur le tronc et les membres.
  • L'éruption cutanée disparaît généralement de façon progressive, en moins d'une semaine. Normalement, elle n'est pas douloureuse et n'occasionne pas de démangeaisons. Après la disparition des taches, il est fréquent que la peau « pèle » (desquamation.)
  • Certains individus atteints de rougeole se plaignent de douleur oculaire et d'hypersensibilité à la lumière.  On observe parfois une conjonctivite.

Pour diagnostiquer la rougeole

Il est très important d'essayer de poser le diagnostic très rapidement si un enfant non vacciné présente des symptômes qui pourraient laisser croire à une rougeole.

L'observation des lésions dans la bouche (taches de Koplik) permet le diagnostic précoce de la rougeole.  Ces taches permettent d'établir avec certitude le diagnostic, car elles ne sont associées à aucune autre maladie. Leur présence permet donc automatiquement de conclure à un cas de rougeole.

Bien que l'éruption cutanée puisse pour sa part ressembler au symptôme d'une autre maladie, elle permet normalement à un professionnel de confirmer son diagnostic.

Si un doute subsiste, on peut effectuer des analyses pour rechercher des anticorps spécifiques.

Possibles risques de complications

  • Bien que la rougeole ne donne généralement pas lieu à des complications, celles-ci, lorsqu'elles surviennent, peuvent être très graves et même entraîner la mort dans de certains cas.
  • Les jeunes enfants (moins de 5 ans) et les adultes de plus de 20 ans sont ceux qui risquent le plus de souffrir de complications.
  • Une surinfection bactérienne donnant lieu à une pneumonie ou encore à une otite est la complication la plus fréquente.
  • La rougeole peut entraîner la cécité.
  • Une minorité de patients atteints de rougeole développeront une encéphalite aiguë morbilleuse dans les jours suivant le début de l'éruption. Il s'agit d'une atteinte au cerveau qui se manifeste par l'apparition de troubles neurologiques divers (convulsions, troubles psychiques, paralysie partielle, etc.)
  • L'encéphalite elle-même peut se résorber sans complications, mais dans certains cas, elle cause le décès ou des séquelles neurologiques permanentes, souvent handicapantes.
  • Dans des cas extrêmement rares, une encéphalite demeure en dormance dans le cerveau après la résolution apparente de la maladie. Elle peut être réactivée après plusieurs années et entraîner des conséquences très graves. On parle alors de panencéphalite nécrosante subaiguë. Cette affection est rarissime, mais elle est presque toujours mortelle et elle est imprévisible. Les enfants ayant contracté la rougeole avant l'âge de deux ans sont les plus à risque de souffrir de cette complication.
  • Chez les femmes enceintes, la rougeole augmente le risque d'avortement spontané. Elle peut accroître le risque de malformations congénitales.
  • Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes meurent encore de la rougeole et de ses complications, selon l'Organisation mondiale de la santé. Cet organisme estime qu'en 2008 seulement, 168 000 personnes en sont mortes.
  • La majorité des victimes sont des enfants de moins de 5 ans. Il s'agit d'une des principales causes de décès infantile dans le monde.
  • Avant la généralisation du vaccin, le nombre de décès attribuables à la maladie était beaucoup plus alarmant. Toujours selon l'OMS, 2,6 millions de personnes en sont mortes en 1980. Le nombre de décès diminue de façon constante depuis.

Traiter la rougeole

  • La rougeole disparaît normalement d'elle-même avec le temps. Il n'existe pas de traitements qui permettent d'en accélérer la guérison, mais certains médicaments peuvent être utilisés pour atténuer les symptômes.
  • On peut soulager la fièvre à l'aide d'acétaminophène ou d'ibuprophène, mais il ne faut jamais administrer d'aspirine aux enfants, car cela peut accroître le risque de contracter  une maladie très grave, le syndrome de Reye.
  • Au besoin, les maux de gorge et la toux peuvent être soulagés à l'aide de médicaments ciblés, souvent utilisés pour soulager les symptômes du rhume ou de la grippe.
  • Il est important de lutter contre la déshydratation en buvant suffisamment de liquide.
  • On peut administrer de fortes doses de vitamine A aux victimes de la rougeole qui souffrent de carences alimentaires ou qui présentent un risque élevé de complications. Dans les pays en voie de développement, cette mesure est systématique quand on prend en charge un cas de rougeole.
  • Puisque la rougeole est d'origine virale, les antibiotiques sont inutiles dans son traitement, à moins d'avoir affaire à une surinfection bactérienne comme une otite ou une pneumonie. On en administre parfois à titre préventif.

Prévenir la rougeole

  • C'est en 1963 que le vaccin contre la rougeole a été découvert, devenant dès lors le moyen le plus efficace de prévenir cette maladie. On estime que plus de 80 % des enfants dans le monde sont maintenant vaccinés.
  • Il s'agit d'un vaccin efficace, sans danger et peu coûteux. Au fil des ans, il a permis de faire diminuer radicalement les cas de rougeole et les décès attribuables à cette maladie.
  • Certains enfants présenteront une réaction légère dans les jours suivant la vaccination, mais cette réaction est absolument bénigne.
  • Depuis plusieurs années, le vaccin contre la rougeole est très fortement recommandé par les autorités sanitaires. Il est massivement administré dans la plupart des pays industrialisés. La première dose du vaccin est administrée à l'enfant dès l'âge de 12 mois, en même temps que les vaccins pour les oreillons et la rubéole. Un rappel du vaccin, qui permet d'en garantir l'efficacité, a normalement lieu à 18 mois.
  • Il est important d'isoler une personne atteinte dès que possible, pour tenter d'éviter la contagion. Cela peut être difficile, considérant que la période d'incubation est longue, que les premiers symptômes peuvent sembler anodins et que la contagion est fulgurante.
  • Bien que les méthodes habituelles d'hygiène soient toujours recommandées, elles risquent fort de ne pas être suffisantes à protéger une personne non vaccinée qui  entrerait en contact avec le virus.

Saviez-vous que...

Depuis quelque temps, on assiste à une recrudescence de la rougeole dans les pays développés, notamment en France et au Québec. De toute évidence, c'est la diminution des taux de vaccination des enfants qui explique ce retour du virus dans nos contrées d'où, pendant de longues années, il était considéré comme pratiquement éradiqué.

Au Québec, on a dénombré plus de 700 cas depuis janvier 2011... si certaines régions sont totalement épargnées, d'autres sont dramatiquement surreprésentées. Ainsi, la seule région de Mauricie-Centre-du-Québec a été le théâtre d'environ 80 % des cas.

Le Ministère de la Santé a depuis lancé une campagne massive de vaccination pour immuniser les enfants et le personnel des écoles qui n'auraient pas reçu le vaccin en bas âge. Le recours au vaccin n'est toutefois jamais obligatoire et demeure un choix personnel : celui des parents pour les enfants de moins de 14 ans, et celui de l'adolescent ou de l'adulte de quatorze ans et plus.

Note

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