Boulimie

La boulimie est un trouble alimentaire sérieux qui se manifeste par des crises durant lesquelles les personnes atteintes perdent le contrôle dans son rapport avec la nourriture et mange une énorme quantité d'aliments gras et sucrés (parfois 3000 calories ou plus en un très court laps de temps). Suite à ces crises, elles ressentent de la culpabilité et de la honte, qui les poussent à essayer par tous les moyens de « compenser » en se faisant vomir et/ou en utilisant des médicaments en vue d'éliminer ce qu'elles ont mangé (diurétiques, laxatifs, etc.) Certaines personnes alternent aussi les périodes de crise avec des périodes de jeûne.

Si les crises de boulimie sont entrecoupées de périodes d'anorexie, on parlera plutôt « d'anorexie avec crises de boulimie. »

Les personnes boulimiques ont la plupart du temps un poids santé. Lorsqu'il y a excès de poids, il s'agit généralement d'hyperphagie : les périodes de consommation excessive de nourriture ne sont pas suivies de périodes de « compensation. »

Causes de la boulimie

On ne connaît pas les causes exactes qui poussent certaines personnes à vivre avec la boulimie. Toutefois, les spécialistes évoquent plusieurs hypothèses :

  • Des facteurs génétiques
  • Un déficit hormonal
  • Des facteurs neurologiques : la personne touchée perçoit mal (ou pas du tout) l'impression de satiété
  • Des facteurs psychologiques : faible estime de soi, mauvaise perception de l'image corporelle et de la beauté, perfectionnisme démesuré
  • Des facteurs sociaux : entourage immédiat en conflit, surprotection par les parents

Qui est touché par la boulimie?

L'immense majorité des personnes boulimiques sont :

  • Des jeunes filles/femmes entre 15 et 35 (1 à 5 %, selon les pays)
  • Des personnes qui vivent dans des pays industrialisés
  • Des personnes pour lesquelles l'apparence physique est primordiale : mannequins, danseuses, athlètes, actrices)
  • Des personnes qui ont déjà été anorexiques (30 % des cas)
  • Des personnes qui ont enchainé les régimes amaigrissants (50 % des cas)
  • Des personnes qui ont vécu un épisode de dépression (20 % des cas)

Notons que la boulimie touche aussi les hommes, mais dans une bien moindre mesure : 5 % des boulimiques diagnostiqués sont de sexe masculin.

Contagion

La boulimie n'est pas une maladie contagieuse.

Les principaux symptômes de la boulimie

La maladie se vit souvent dans le plus grand secret. Une personne peut être boulimique pendant des mois, voire des années, sans que l'entourage ne s'en rende compte. Voici quelques signes qui devraient mettre la puce à l'oreille :

  • Consommation excessive de nourriture, sans prise de poids apparente
  • Vomissements fréquents
  • Prise de laxatifs, purgatifs, diurétiques
  • Pratique extrême d'activité physique
  • Isolement
  • Discours souvent axé sur la beauté, la minceur, l'image corporelle
  • Irritabilité
  • Dépression

Conséquences de la boulimie

Les conséquences de la boulimie découlent directement des symptômes et se divisent en plusieurs aspects :

L'aspect social

  • Relations amoureuses et sociales difficiles
  • Isolement
  • Phobie sociale
  • Peu de contacts avec l'entourage immédiat

L'aspect psychologique

  • Dépression et idées noires
  • Anxiété, angoisse
  • Trouble panique
  • Perception déformée de la beauté et de l'image corporelle
  • Dévalorisation personnelle
  • Troubles de la personnalité (30 % des cas)

L'aspect physique

  • Troubles du sommeil
  • Manque de concentration
  • Carences alimentaires
  • Déshydratation (à cause des laxatifs et diurétiques)
  • Dentition abîmée (à cause des acides présents dans les vomissements)
  • Constipation
  • Glandes salivaires enflées (les joues sont gonflées)
  • Problèmes à l'estomac et à l'oesophage (ulcères)
  • Abus de drogues et/ou d'alcool

L'aspect économique

  • Dépenses liées à la nourriture pendant les crises
  • Dépenses pour les médicaments (diurétiques, etc.)

Diagnostic de la boulimie

C'est l'observation des symptômes (souvent par l'entourage de la personne malade) qui amène le diagnostic de boulimie.

Il n'existe pas de test pour diagnostiquer cette maladie. Toutefois, certaines analyses sanguines peuvent confirmer le diagnostic si elles révèlent des anomalies dans les taux hormonaux. De plus, le médecin pourrait rechercher certains des problèmes qui découlent souvent des purges et des vomissements :

  • Arythmie cardiaque
  • Diminutions de la densité osseuse
  • Troubles rénaux
  • Troubles dermatologiques
  • Perte des cheveux
  • Érosion de la dentition
  • Troubles intestinaux

Possibles risques de complications

La boulimie peut être à l'origine de lésions cardiaques, en plus de sérieux problèmes de dentition et de l'appareil digestif.

Les dérèglements hormonaux peuvent causer l'aménorrhée (absence de règles) et l'infertilité, en plus d'une baisse de libido et d'un ralentissement cardiaque.

Un grand nombre de pathologies liées à cette maladie sont d'ordre psychiatrique : troubles obsessionnels, dépressions, toxicomanie, etc.

Traitement de la boulimie

Dans l'immense majorité des cas de boulimie, les médicaments disponibles servent à traiter les pathologies connexes (comme la dépression ou les dérèglements hormonaux.) Le personnel médical recommande la prise d'anxiolytiques ou d'antidépresseurs, qui réduisent généralement la fréquence des crises.

Toutefois, c'est surtout par le biais d'un suivi psychologique que l'on peut voir de réelles améliorations à long terme :

  • Thérapies comportementales et cognitives
  • Thérapie psychanalytique
  • Thérapie familiale
  • Rééducation nutritionnelle

Dans certains cas de boulimie, on recommande une hospitalisation, par exemple en cas de pensées suicidaires ou de problèmes physiques importants.

On estime que la moitié des personnes boulimiques guérissent complètement. Dans la moitié restante, certaines connaissent des rechutes plus ou moins fréquentes et environ 6 % décèdent des problèmes de santé liés à leur maladie.

Prévention de la boulimie

La seule manière connue de prévenir la boulimie et l'anorexie consiste à promouvoir une diversité corporelle saine chez nos jeunes, quel que soit leur âge, et encore plus particulièrement si l'on remarque chez eux une vision « tordue » de la beauté :

  • Pas de remarques désobligeantes sur l'apparence physique (pour eux, pour soi, pour les autres).
  • Avertir les jeunes que l'image véhiculée par les médias n'est pas toujours saine.
  • Accorder toute l'importance à la personnalité, au-delà de l'apparence.
  • Évaluer avec vos jeunes leurs besoins nutritifs par rapport à leur activité physique.
  • Ne jamais dire à une jeune de se « mettre au régime ». S'il y a effectivement surpoids, il est préférable de parler de changements alimentaires ou de rééducation nutritionnelle.

Note

Les informations contenues dans cette fiche vous sont fournies à titre informatif seulement et vous permettront de poser des questions éclairées à votre médecin. En aucun cas, elles ne peuvent remplacer l'avis d'un professionnel de la santé. Notre équipe de rédacteurs et d'experts met tout en oeuvre pour vous fournir de l'information de qualité. Toutefois, Canal Vie ne saurait être tenu responsable si le contenu d'une fiche s'avérait incomplet ou désuet. Nous vous rappelons qu'il est fortement recommandé de consulter un médecin si vous croyez souffrir d'un problème de santé.

 

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