Qu’est-ce que la néophobie alimentaire?

Auteur
Nadine Descheneaux
Petite fille qui refuse de manger son assiette

On les dit difficiles ou fine bouche, mais certains adultes vivent avec un trouble alimentaire peu connu : la néophobie alimentaire. 4 infos pour mieux comprendre cette hypersensibilité. Et ils ne sont pas capricieux... ils sont terrorisés!

Qu’est-ce que la néophobie alimentaire?

La néophobie alimentaire — aussi appelé trouble d’alimentation sélective (TAS) — se caractérise par une sélectivité alimentaire prononcée c’est-à-dire que ceux qui en souffrent ne mangent que certains aliments (ou groupes d’aliments) et refusent de goûter aux autres. Ce qui se cache derrière ces restrictions alimentaires? La peur, comme dans les autres cas de phobie. Les nouveaux aliments — ceux qui sortent de leur alimentation — leur font peur. Y goûter ou même le simple fat d’imaginer d’y goûter les font paniquer. C’est un supplice aussi intense que de forcer quelqu’un qui a peur de l’eau à plonger dans une piscine.

Les néophobes évitent donc certains aliments parfois à cause de leur goût, de leur texture, de leur odeur, de leur température ou même de leur couleur. Cette résistance face aux aliments est souvent observable chez les enfants. Mais elle est moins connue chez les adultes. Pourtant, ne manger tel ou tel aliment n’est pas pour eux un caprice, mais bien une peur avec laquelle ils doivent composer chaque jour, chaque repas.

Les impacts de la néophobie alimentaire

Cette hypersensibilité cause bien des ennuis aux néophobes alimentaires.

  • On croit qu’ils exagèrent ou qu’ils ont des caprices. Ainsi, ils ont tendance à cacher leur phobie en se créant de fausses allergies ou en disant qu’ils n’aiment pas cet aliment. Parfois, cela crée des tensions avec leurs proches, car leur alimentation sélective cause des casse-tête lors de la préparation des repas ou donne un «mauvais» exemple aux enfants.
  • Ils angoissent quand ils rencontrent de nouvelles personnes et lors d’événements où la nourriture est importante (dîner entre collègues, repas de famille, dîner d’affaires, cocktail dinatoire, etc.). Ils vivent beaucoup de pression, car il est souvent bien vu et valorisé d’être un épicurien qui aime les expériences culinaires variées.
  • Ils peuvent s’isoler et éviter volontairement certaines activités. Cela augmente leur anxiété et les conflits potentiels.
  • Comme ils ne mangent que certains aliments, ils peuvent avoir certaines carences alimentaires.

Quoi faire?

Il est conseillé de discuter avec un spécialiste de la santé et un psychologue qui pourront aider les néophobes alimentaires. Souvent, une thérapie cognitivo comportementale est sugérée. Elle implique une exposition graduelle à un nouvel aliment. Elle peut aussi préconiser les rapprochements alimentaires c’est-à-dire d’explorer doucement des aliments similaires à ceux qui sont déjà tolérés ou encore d’ajouter un aliment toléré à un nouveau.

Vous aimerez aussi