Syndrome du côlon irritable : 10 bonnes habitudes à prendre

Auteur
Ève Godin, nutritionniste

Presque le tiers des gens que je reçois en consultation me parle du syndrome du côlon irritable. C’est une problématique de santé qui est gênante, et qui peut parfois être vraiment incommodante pour les gens qui en souffrent. Sensations douloureuses au ventre, constipation ou diarrhée, ballonnements : l’inconfort est grand, et souvent, les gens se sentent totalement impuissants pour améliorer la situation. Les causes demeurent difficiles à cerner. Stress, troubles hormonaux, suite d’infection, etc., ces facteurs pourraient être en cause, mais il semble difficile de définir les processus exacts menant à ce trouble.

Pour aider à réduire les périodes de crise et faire en sorte que les gens qui souffrent de ce symptôme se sentent mieux, voici quelques trucs alimentaires ou autres à mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

1. Les fibres   

Mais pas n’importe lesquelles : les fibres solubles. Ce type de fibres a la propriété de se transformer en une sorte de gel qui permet de regrouper les aliments et de générer des selles mieux formées. La diarrhée est ainsi moins courante. On suggère par ailleurs de diminuer sa consommation en fibres insolubles qui, elles, aggraveront les symptômes de diarrhée.

Les aliments à privilégier : avoine (pain d’avoine, gruau, céréales à base d’avoine), orge (et ses dérivés), psyllium. Les légumes, cuits de préférence. Certains fruits (pamplemousse, fraise, nectarine, orange et pêche).

Les aliments à éviter : blé (et ses dérivés), pains multigrains. Certains fruits et légumes (pois vert, chou de Bruxelles, pomme, poire, fruits séchés). Les légumineuses et les graines de lin.

2. Attention aux gras

Stimulant nos intestins, les matières grasses seraient à prendre avec beaucoup de modération chez les gens souffrant du SCI.

Les aliments à privilégier sont les viandes maigres, les poissons, le lait ou les substituts écrémés et les fromages faibles en gras (moins de 20 % mg). L’usage d’huile et d’autres matières grasses doit se faire avec modération.

3. Les aliments fermentescibles

On appelle aliments fermentescibles des aliments qui sont riches en un type de glucides provoquant le même genre de symptômes associés au côlon irritable. Mieux vaut alors que les gens qui en souffrent en réduisent, sans les retirer complètement, leur consommation.

Les aliments à limiter sont donc : le brocoli, le chou, le navet, le chou de Bruxelles et le chou-fleur. La famille des légumineuses est également à restreindre.

4. Les irritants

Le chaud, le cru, l’épicé et l’acide. Autant d’éléments qui, même chez un intestin en pleine forme, peuvent provoquer quelques inconforts.

Mieux vaut alors faire attention à ces aliments : légumes crus et salades, noix et graines, framboises, kiwi. L’alcool, le thé et le café, les jus de tomates et de pamplemousses. Toutes les épices… très épicées!

5. Boire, boire, et boire encore… de l’eau

La recommandation s’applique à tout le monde : 1,75 à 2 litres d’eau par jour. Pour les gens souffrant du SCI, respectez cette recommandation, mais en ne prenant pas plus de 250 ml (1 tasse) à la fois, pour ne pas gonfler l’estomac et l’intestin d’eau.

6. Horaire stable

Ce conseil s’applique à tout le monde! Avoir des horaires de repas stables nous aide à mieux gérer notre faim, et à ne pas nous laisser aller dans des rages de faim incontrôlables.

L’horaire parfait pour une personne souffrant du SCI serait la prise de 3 repas et de 1 à 2 collations, au besoin.

7. Attention au lactose

Les gens en consultation sont souvent inquiets face à leur consommation de lait ou de produits laitiers. Il n’est pas automatique qu’une personne aux prises avec un SCI souffre également d’intolérance au lactose. Le meilleur moyen demeure de faire un test.

8. Et au fructose

C’est également le même constat : certaines personnes pourraient être touchées à la fois par le SCI et par une intolérance au fructose. Les aliments qui sont alors à éviter sont nombreux (surtout les fruits). Une diète bien suivie demeure le meilleur moyen de vous assurer que vous ne manquerez pas de vitamines et minéraux.

9. Les suppléments de fibres solubles

Ceci peut être une solution intéressante pour aider à diminuer les symptômes douloureux. Le psyllium (que l’on trouve sous le nom de Metamucil) peut être ajouté à l’alimentation, selon l’état des selles. Il est essentiel de bien boire (de l’eau) à ce moment-là.

10. Saines habitudes

Comme pour tout individu, de saines habitudes de vie sont à privilégier pour être bien dans son corps.

Voici celles à privilégier pour diminuer l’apparition des symptômes :

  • bien mastiquer et prendre le temps de manger dans un lieu propice à cette activité;
  • éviter les aliments aux trop grands écarts de température (très chauds ou très froids);
  • éviter les boissons gazeuses et l’eau gazéifiée (gaz!), la gomme (entrée d’air par la bouche), de boire avec une paille (air!);
  • bien boire, en plusieurs fois.

Ève Godin, nutritionniste

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