Pourquoi est-ce plus facile de reprendre du poids que d'en perdre?

Si, comme la plupart des gens, vous avez déjà entamé un régime au moins une fois dans votre vie, vous n’êtes pas sans savoir que le succès n’est pas toujours au rendez-vous.

On estime en effet que 85 % des personnes qui ont perdu du poids ont tendance à le reprendre dans les trois années suivantes. Pire, il n’est pas rare qu’en plus des livres retrouvées, on en gagne quelques une de plus au passage.

Les causes

Si l’on a tendance à mettre ce phénomène sur le dos du manque de persévérance, les causes sont en fait bien plus complexes. En général, la prise de poids résulte d’un déséquilibre énergétique entre les apports caloriques et les dépenses de l’organisme. Le corps s’adapte donc tant bien que mal à nos restrictions alimentaires, mais peine à s’ajuster quand vient le temps de stabiliser notre poids ou en cas d’excès.

Tout d’abord, il faut savoir que notre organisme n’apprécie pas de se faire restreindre au niveau de l'absorption des calories. Les graisses se stockent alors beaucoup plus facilement puisque l’organisme devient paresseux, n’ayant plus assez de matière à dépenser. Il omet donc de se départir d’environ 20 % de son énergie, ce qui pose problème quand on ingère plus de calories, dont on ne pourra alors plus se défaire si facilement.

En ce qui concerne notre métabolisme, ce sont plutôt les cellules qui posent problème. En période de diète ou de jeûne, elles reçoivent le signal de stocker de l’énergie afin de continuer à nous faire fonctionner comme avant. Elles vont donc devenir hyperperformantes et continuer à emmagasiner cette énergie, même après avoir repris une alimentation normale. Les muscles, devenus également plus paresseux dans le but de nous économiser, permettent aussi à la graisse de s'amasser.

Enfin, les signaux hormonaux qui nous régulent au niveau de la faim et de la satiété sont malmenés pendant les périodes de privation. Même après la perte de poids, la leptine, qui gère la satiété, diminue alors que la ghréline, qui contrôle la faim, augmente. Évidemment, si l’on mange plus que nécessaire, le regain pondéral est inévitable.

Comment stabiliser son poids

Sans grande surprise, l’activité physique est un élément essentiel dans le processus de stabilisation du poids. Grâce à elle, les dépenses énergétiques augmenteront, ce qui aura pour effet de brûler de nombreuses calories. Aussi, les cellules adipeuses, composées de tissus de graisse, vont alors permettre à cette dernière de se libérer puis d’être brulée par les muscles.

Au niveau de l’alimentation, il est donc préférable de se concentrer sur des produits qui vont nous rassasier et qui vont éviter à nos hormones responsables de la faim et de la satiété de nous envoyer les mauvais signaux.

Il faut alors préférer des aliments à faible taux glycémique, qui éviteront que la faim ne se manifeste à tort, mais aussi à haute teneur en protéine, qui auront pour fonction de nourrir nos muscles et d’en rebâtir les fondements. Parmi eux les fruits, les légumes, les céréales, les légumineuses, le lait et les yaourts, les viandes maigres et autres volailles, pour ne citer que ceux-là.

Peu importe l’objectif de perte ou de maintien du poids, ll est donc primordial de trouver le juste équilibre entre notre activité physique et notre alimentation!

Le facteur stress

De nombreuses études ont également souligné que l’anxiété et la perte de poids ne faisaient pas mon ménage. Les personnes qui observent un régime sont donc plus susceptibles de manger davantage en période de stress. Et les raisons sont simples : tout d’abord, ceux qui contrôlent leur alimentation seraient moins armés contre les aléas du quotidien puisqu’ils se concentrent davantage sur leur diète. S’ils font un jour face à une situation stressante, ils auront tendance à ne pas s’écouter et à perdre le contrôle face à la nourriture, en y trouvant là un moyen de réconfort.

Aussi, à force de contrer nos signaux biologiques, ceux-ci se retrouvent erronés. Les hormones qui régulent la faim et la satiété ne sont plus assez performantes pour envoyer le bon message.

Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie

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