Manger du gras rend heureux

Hot-dog gras heureux

Après une journée éprouvante au bureau, une altercation avec belle-maman ou une bruyante dispute avec chéri, certaines se jettent volontiers sur le pot de crème glacée ou les barres chocolatées, ou encore à vider un sac de croustilles... On se déculpabilise en disant qu' « on l'a bien mérité »!

Même si nous avons l'impression que c'est le goût de ces aliments « interdits » qui nous réconforte et équilibre notre humeur, une nouvelle étude scientifique publiée il y a peu de temps semble amener une nouvelle lumière sur le phénomène.

L'étude

Douze personnes qui avaient un poids santé et aucun problème de dépression chronique ou passagère ont été choisies. À l'aide d'une sonde gastrique, on a ensuite fait ingérer une solution saline à la moitié des participants et une émulsion d'acide gras à l'autre moitié. Les participants ne savaient pas ce qui leur était administré.

Pendant le processus de digestion, on a fait écouter de la musique triste et projeté des photos tristes à tous les participants.

Les personnes testées devaient exprimer leurs émotions et des scans par résonnance médiatique analysaient également les réactions de leurs cerveaux. Croyez-le ou non, mais les personnes qui avaient reçu l'émulsion d'acides gras ont exprimé environ la moitié moins de tristesse que les autres!

Les conclusions des chercheurs

Même s'ils ne comprennent pas vraiment comment les intestins communiquent avec le cerveau, les chercheurs étaient très surpris d'apprendre que le gras semble avoir une influence sur l'humeur.

Ainsi, même sans la vue, le goût, les odeurs et la texture des aliments gras, on dirait bien que la nature chimique du gras en lui-même jouerait un rôle dans l'équilibre émotionnel global. Ces scientifiques pensent aussi que cette découverte pourrait être très utile pour mieux comprendre et traiter la dépression, l'obésité et les troubles alimentaires, entre autres.

Les limites...

Cette étude a bien évidemment amené une nouvelle donnée, mais d'autres chercheurs affirment qu'il serait nécessaire de tester un éventail plus large et plus diversifié de personnes (âge, poids, origine sociale, etc.) afin de valider les résultats.

De plus, il ne faut pas oublier que les aliments très gras sont depuis longtemps mis en cause pour des problèmes comme l'hypertension, le cholestérol et bien sûr, l'obésité.

Enfin, une autre étude un peu plus détaillée semble démontrer que si les sujets étudiés consomment sur une période de plusieurs années des aliments gras, le résultat ne sera pas le même selon qu'ils mangent des bons gras (insaturés) ou des mauvais gras (saturés).

Alors, on fait quoi?

En tout premier lieu, on arrête de faire la chasse au gras! C'est un fait scientifiquement prouvé, notre corps a besoin d'acides gras pour fonctionner correctement.

Ensuite, on se rappelle que tout est question de modération. Le gras est nécessaire, c'est vrai, mais cela ne doit pas nous empêcher de faire de bons choix en matière de nutrition. On favorise les gras d'origine végétale et on ne consomme des gras saturés qu'à l'occasion

Et pour finir...

Quand les cris des enfants nous rendent folles ou que monsieur ne comprend rien à nos demandes légitimes, on prend une grande respiration, on évacue toute culpabilité... Et à l'occasion, mais alors là, vraiment à l'occasion, on ne se gêne pas pour faire sa fête à la poutine du casse-croûte du coin. Une fois n'est pas coutume!

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

Vous aimerez aussi