Les vertus insoupçonnées des mauvaises herbes

Les pissenlits qui se resèment à tout vent au printemps, le plantain qui pousse dans nos plates-bandes l'été, les « pipiques » (fruits de la bardane) qui prennent dans les vêtements l'automne... que de petits irritants dans notre quotidien! Les mauvaises herbes, de leur vrai nom adventices, sont sauvages, c'est vrai, mais si elles poussent dans notre chez-nous, peut-être est-ce parce qu'elles ont quelque chose à nous apporter, qu'on ne soupçonne pas? Voici quelques-unes de ces mal-aimées, qui ont pourtant mille vertus pour qui sait les apprécier.

Pissenlit (Taraxacum officinalis)

Si le pissenlit nous éblouit de ses soleils jaunes au printemps, ce n'est pas pour rien. C'est la plante par excellence de la détox du foie, engorgé après la sédentarité de l'hiver et les excès des fêtes. Amères, ses racines et ses feuilles stimulent la production de bile, facilitant ainsi la digestion et le transit intestinal. Diurétique sécuritaire, on l'utilise en cas de rétention d'eau. C'est un spécialiste de la vessie et des problèmes urinaires. Ses racines s'avèrent également excellentes dans les cas de constipation légère. De plus, ces dernières contiennent de l'inuline, un prébiotique extraordinaire pour l'intestin, qui a les merveilleuses propriétés de régulariser le taux de cholestérol et la glycémie! Pourquoi se priver de tant de vertus?

Utilisations 

Feuilles 

En salade au printemps, ou séchées en infusion à 1 c. à thé par tasse.                    

Racines 

On les cueille au printemps ou à l'automne, on les coupe en rondelles pour les faire sécher (à l'ombre, au sec), et on les boit en décoction (bouillies 15-20 minutes), 1 c. à thé par tasse.

Bardane (Arctium lappa)

La merveilleuse bardane est encore plus riche en inuline : elle favorise le développement de bonnes bactéries dans la flore intestinale, réduit le taux de lipides sanguins (cholestérol et triglycérides), réduit le taux de glucose, stimule l'immunité, et aide à l’absorption du calcium et du magnésium. Ses racines stimulent aussi la digestion, et protègent notre foie en aidant ses cellules à se régénérer. Si le pissenlit est LA plante du foie, la bardane est LA plante du sang. Altérative, elle est souvent utilisée pour l'eczéma, le psoriasis, l'acné et autres dermatoses. Enfin, ses graines sont étudiées pour leurs propriétés antitumorales, anti-inflammatoires et antioxydantes. Vous ne la regarderez plus de la même façon!

On évitera de prendre des grandes quantités de bardane si l’on est enceinte ou si l’on allaite, à cause de son grand pouvoir dépuratif.

Utilisations 

Racines 

On les cueille au printemps (équipez-vous d'une bonne pelle!), on les coupe en rondelles pour les faire sécher (à l'ombre, au sec), et on les boit en décoction (bouillies 20-30 minutes), ½ à 1 c. à thé par tasse. Si vous avez une maladie de peau, commencez par un petit dosage pour une semaine, pour éviter une détox trop rapide.

Graines

Contenues dans les fruits (piquants), on les fait sécher (à l'ombre, au sec), et on les conserve pour les croquer, les moudre (mélangées à du sel, par exemple, comme assaisonnement), ou les boire en décoction (écrasées au mortier, mijotées 15-20 min). Quantité au goût.

Plantain (Plantago major)

Le plantain est merveilleux en utilisation externe pour calmer les démangeaisons et l'inflammation des piqûres d'insectes de toutes sortes (des maringouins aux guêpes), et des plaies diverses. De plus, le mélange de la sève de la plante et de notre salive crée un mélange antiseptique qui désinfecte efficacement les petits bobos. Petit est tombé à bicyclette et nous sommes loin de la maison? On prend une feuille de plantain, on la rince, on la mâche, et hop!, on l'applique sur la blessure. La plaie sera nettoyée et cicatrisera plus vite. En utilisation interne, le plantain répare et adoucit les tissus de la gorge, des bronches et des intestins. On en fera un sirop, on le prendra en jus, en smoothie, en tisane ou en teinture, selon le besoin.

Utilisations 

Feuilles (externe) 

En cataplasme (mettre au mélangeur ou mâcher) directement sur la plaie pour 15 minutes, à répéter au besoin.

Feuilles (interne)

En jus vert, en smoothie, en salade, pour adoucir et réparer les muqueuses.

En sirop (offert dans les magasins d'aliments naturels) : 1 c. à thé ou à soupe, selon l'âge, à répéter selon la situation, jusqu'à l'arrêt des symptômes de toux ou d'irritation.

Ortie (Urtica dioica)

S'il faut beaucoup de douceur pour cueillir cette dernière (ou des gants!), c'est une plante très importante lorsqu'on parle de retour vers la santé. Très riche en vitamines et minéraux, particulièrement en fer, silice, potassium et magnésium, elle est très utile en cas d'anémie, et nous aide à retrouver l'énergie et la vitalité lorsqu'on se sent fatigué. Bue en tisane sur une moyenne période, elle tonifie tous les systèmes de notre corps, et nous aide à nous adapter aux changements de saison ou de vie. C'est pourquoi on la qualifie d’« adaptogène ». Tonique vasculaire, elle aidera à prévenir et guérir les varicosités. On l'utilise aussi à long terme pour prévenir les allergies. Une plante amie, à connaître absolument!

Utilisations 

En tisane

1 c. à soupe par tasse, infuser 5 minutes, boire 1 à 8 tasses par jour.

En nourriture

Les jeunes pousses printanières d'ortie, passées à la vapeur ou cuites, sont délicieuses, et perdent leur côté urticant. Dans un potage, une omelette, un sauté..., essayez-la!

Curieux d'en savoir plus? Les adventices qui poussent dans nos plates-bandes, terrains et jardins ont, pour la plupart, des vertus reconnues. Si l'on sait s'y intéresser, on y trouvera peut-être une solution pour nos malaises, à laquelle nous n'aurions jamais pensé. À condition, toutefois, qu'on rince bien nos trouvailles avant de les consommer, pour éviter toute contamination par les pesticides ou autres substances indésirables pour notre santé!

Bonnes découvertes!

Sarah-Maria LeBlanc, Herboriste-Thérapeute Accréditée(HTA), Clinique Altermed

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