Les dangers possibles du soya pour la santé

Le soya, aliment miracle ou danger potentiel? Dans un article précédent, nous avons abordé les bienfaits du soya et du tofu dans votre assiette. Toutefois, plusieurs voix s'élèvent pour limiter sa consommation. Faisons un petit détour dans le monde de la controverse.

Rappelons que la fève de soya contient pas moins de 16 g de protéines par portion de 100 g, soit le double, en moyenne, de la plupart des légumineuses. Ces protéines aident à contrôler le diabète et le cholestérol, en plus de diminuer les risques de cancer colorectal et de maladies cardiovasculaires.

Premières mises en garde

Excellente source de fer, de phosphore, de magnésium, de zinc, de calcium et de vitamines B1, B2 et B6, le soya contient également des isoflavones naturelles, notamment la génistéine et la daidzéine. C'est là où le bât blesse, selon certains.

  • En se basant sur des expériences menées sur des animaux, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) [*] recommandait, en 2006, de limiter à 1 mg par kilo la consommation de soya chez les humains.
  • Elle recommande également de ne pas inclure ce produit dans l'alimentation du nourrisson avant l'âge de 5 ou 6 mois.

Toutefois, ces recommandations sont largement contestées.

Un rapport de Harvard

Le soya a également retenu l'attention de la Harvard School of Public Health. En 2008, l'organisme a soutenu qu'un excès de soya :

  • nuirait à la qualité des spermatozoïdes chez l'homme en réduisant, de façon significative, leur quantité;
  • perturberait le mécanisme de lactation, réduisant ainsi la quantité de lait produite par la nouvelle maman;
  • empêcherait l'organisme d'absorber certaines protéines qui permettent au corps humain de se défendre contre des allergies, notamment celle au pollen de bouleau. Au surplus, les personnes qui sont aux prises avec des allergies devraient réduire, par simple prudence, leur consommation de soya.

D'autres études, publiées après 2006, déconseillent la consommation de soya chez :

  • la femme enceinte;
  • les enfants de moins de trois ans;
  • les personnes souffrant d'hypothyroïdie.

Elles suggèrent de limiter l'adulte à une consommation d'un produit à base de soya par jour.

Chez les personnes allergiques au soya, les symptômes suivants peuvent apparaître :

  • chute de pression artérielle;
  • troubles respiratoires et digestifs;
  • état d'asphyxie.

On parle alors d'un risque de choc anaphylactique.

Dans le même ordre, la lécithine du soya, sauf celle utilisée en tant qu'additif alimentaire, est au centre d'une controverse. En fait, ce sont les sous-produits - pesticides, solvants, de même le soya contenant des OGM et les graines non fermentées - qui font l'objet d'une attention spéciale. Ils peuvent être à l'origine d'une baisse de la tension artérielle, de maux de tête, voire d'étourdissements et d'évanouissement.

Avantages et inconvénients

Divers articles font état des bienfaits du soya sur :

  • le vieillissement;
  • les facultés cognitives;
  • les cancers du sein et de la prostate.

Mais plusieurs affirment qu'il faudra effectuer de nouvelles études pour prouver scientifiquement ces hypothèses.

Au surplus, la consommation de cette fève dite miracle entraînerait des effets secondaires bénins, notamment :

  • une légère constipation;
  • des nausées;
  • des problèmes gastriques légers;
  • des rougeurs ou de l'asthme chez les personnes allergiques. Ces dernières éprouvent alors des problèmes digestifs, des maux et des crampes d'estomac.

Quoique non prouvée scientifiquement, la consommation de soya réduit, selon plusieurs témoignages, certains effets de la ménopause chez la femme, principalement les bouffées de chaleur. Par contre, il ne peut être consommé en même temps qu'un traitement hormonal.

Et les Asiatiques?

Mais si la consommation de soya comporte certains dangers, comment se fait-il que les Asiatiques s'en portent plutôt bien? Certains chercheurs évoquent une plus grande tolérance attribuable à un métabolisme différent et à une plus grande consommation de fibres alimentaires. D'autres avancent même la possibilité d'une tolérance d'origine génétique.

Une attaque en règle...

Dans une sortie vitriolique, un spécialiste français, Hervé Berbille, a accusé les médias de vouloir détruire le soya, rien de moins. Il en vante plutôt les bienfaits pour la consommation humaine, études à l'appui. Toutefois, il fait une distinction importante entre la légumineuse produite pour consommation animale et la production destinée aux humains.

Il soutient également avoir réclamé les études citées par les détracteurs du soya, en vain. Bref, la controverse fait rage chez nos cousins français.

Relativement nouveau dans les choix alimentaires en Occident, le soya fait encore l'objet d'études qui, souvent, sont incomplètes ou se contredisent. Toutefois, ses vertus sont bien connues en Asie, où il entre dans l'alimentation depuis des millénaires. Des recherches plus approfondies devraient apporter un éclairage sur le sujet. D'ici là, misez sur la prudence, variez votre alimentation, sans toutefois bannir le soya de votre régime alimentaire.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

[*] Depuis la publication de ce rapport, le nom de l'organisme a été modifié. Nous parlons maintenant de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, ou Anses.

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