La vérité sur la contamination du poisson et la surpêche

Mangez-vous du poisson? Combien de fois par semaine? Ce faisant, contribuez-vous à la diminution d'espèces en péril ou en voie de disparition? Et ces poissons sont-ils toxiques? Sans entrer dans des détails trop techniques, car la pêche est aussi une industrie, voyons qu'elles sont les espèces en danger et celles qui pourraient être néfastes pour votre santé.

Les espèces en danger

C'est connu, plusieurs espèces de poissons sont en voie de disparition. Mais d'autres variétés, tant d'eau douce que d'eau salée, sont en danger ou se trouvent dans une situation préoccupante. Il faut donc limiter leur consommation, voire se tourner vers des poissons moins vulnérables. En voici quelques exemples...

Poissons d'eau douce

  • Bar rayé
  • Dard de sable
  • Fouille-roche gris
  • Brochet vermiculé
  • Chevalier de rivière
  • Lamproie du Nord
  • Esturgeon jaune
  • Esturgeon noir
  • Saumon atlantique
  • Alose savoureuse
  • Chevalier cuivré
  • Éperlan arc-en-ciel

Poissons d'eau salée

  • Morue (diverses sous-espèces)
  • Loup à tête large
  • Loup tacheté
  • Loup Atlantique
  • Aiguillat commun
  • Anguille d'Amérique
  • Plie canadienne
  • Sébaste
  • Thon rouge de l'Atlantique
  • Espadon
  • Aiglefin
  • Flétan de l'Atlantique


Cette liste n'est pas exhaustive. Chez les 47 677 espèces de poissons d'eau douce qui nagent dans les eaux du globe, 17 291 sont considérées en voie d'extinction. Et la situation n'est guère plus reluisante chez les poissons marins.

La surpêche

Plusieurs poissons d'eau salée ont fait l'objet d'une surpêche durant de nombreuses années. L'exemple le plus éloquent est celui de la morue qui nage dans les eaux de l'est du pays, considérée comme une espèce abondante, et lucrative, durant des décennies.

Au cours des années 70 et 80, des débarquements élevés (jusqu'à 100 000 tonnes métriques par année dans la seule zone 3Pn, 4RS) et la pêche pratiquée par des navires-usines sur les Grands bancs de Terre-Neuve ont provoqué, en partie, l'effondrement des stocks.

Depuis, les pêcheurs se sont tournés vers d'autres variétés plus ou moins lucratives. Et les niveaux des stocks ont diminué chez certaines espèces, notamment le flétan de l'Atlantique, la plie canadienne et le sébaste, pour ne nommer que celles-là.

La prédation

Mais les pêcheurs ne sont pas les seuls responsables du déclin de divers stocks de poissons marins. Le rapport du groupe de travail sur la prédation par le phoque fait état d'une prédation très élevée. « On estime qu'en 2000, le phoque gris et le phoque du Groenland ont consommé entre 19 000 et 39 000 tonnes de morue (dans la seule zone de pêche 4T, au sud du golfe Saint-Laurent), pour une consommation totale de 310 000 tonnes de morue dans l'est du plateau néo-écossais. Il se pourrait que la consommation de gros poissons soit sous-évaluée par les données disponibles sur l'alimentation des phoques, qui ne peuvent tenir compte des poissons qui sont tués, mais seulement partiellement mangés ». Et les phoques se nourrissent également d'autres espèces...

Or, cette année-là, le contingent autorisé de pêche à la morue était de 6000 tonnes métriques.

Et la contamination

Il n'y a pas que la surpêche et la prédation qui mettent la survie de certaines espèces en danger. La pollution est également responsable du phénomène. Or, ces substances toxiques se retrouvent dans la chair des poissons et sont consommées par l'homme.

Une constante toutefois : plus le poisson est élevé dans la chaine alimentaire, plus il risque d'être nuisible pour votre santé. Mercure, dioxines, BCP, pesticides, bref tout un cocktail de contaminants affectent les poissons d'eau douce. L'eau, polluée, se jette dans l'océan et les substances qu'elle charrie se retrouvent également dans la chaine alimentaire.

Poissons à éviter

  • le touladi des Grands Lacs;
  • l'anguille d'Amérique;
  • le thon, surtout le blanc;
  • le requin;
  • le maquereau (roi, espagnol).

Espèces moyennement contaminées

  • le flétan de l'Atlantique;
  • la morue de l'Alaska;
  • les langoustines;
  • la perche.

Espèces recommandées

  • le crabe (des neiges et commun);
  • la crevette;
  • le haddock;
  • le hareng;
  • le maquereau de l'Atlantique;
  • les huîtres;
  • les sardines;
  • le saumon,
  • la sole;
  • la truite.

Consommation recommandée par Santé Canada pour les poissons moyennement contaminés

  • hommes et femmes : 150 g/semaine;
  • femmes enceintes, qui prévoient le devenir et qui allaitent : 150 g/mois
  • enfants (5 à 11 ans) : 125 g/mois
  • enfants (moins de 5 ans) : 75 g/mois

Les mollusques

De nombreux mollusques, souvent en autocueillette, sont également contaminés par une algue microscopique et hautement toxique. Ces toxines sont identifiées comme étant la phycotoxine paralysante (PSP), la phycotoxine amnestique (ASP) et la phycotoxine diarrhéique (DSP), nommées d'après le symptôme le plus évident qu'elles causent soit, respectivement la paralysie, l'amnésie et la diarrhée. Des affiches indiquent l'interdiction de cueillette dans les zones à risque

C'est connu, le poisson est bon pour la santé, notamment en raison de la présence d'Oméga-3. Toutefois, il convient de respecter un niveau de consommation modéré, pour éviter la contamination. De plus, des choix écoresponsables, au chapitre des espèces menacées, feront grand bien à la planète.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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