Ce sucre qui nous fait du mal

Que ce soit durant la période des Fêtes, lors d'un anniversaire, à Pâques ou à la Saint-Valentin, tous les prétextes sont bons pour manger du sucre... souvent en trop grande quantité. La question se pose donc : existe-t-il une limite acceptable? Voilà une question à laquelle l'industrie alimentaire ne fournit guère de réponse précise, et qui devrait pourtant être répondue.

Le point de vue de l'OMS

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), elle, a fini par trancher, en 2003, dans un important rapport sur les effets préventifs de l'alimentation en matière de maladies chroniques. Elle recommande que les sucres libres (sucres ajoutés et jus de fruits) ne constituent pas plus de 10 % des calories quotidiennes. Dans le cadre d'une alimentation fournissant 2 000 calories, cela représente 200 calories, soit l'équivalent de 50 g de sucre, ou 12,5 cuillerées à thé par jour.

Le sucre doit-il être consommé avec modération?

C'est, en tout cas ce qu'affirment trois chercheurs américains de l'Université de Californie, à San Francisco, dans une étude publiée dans la revue scientifique Nature. Selon eux, la consommation excessive de sucre serait aussi néfaste pour la santé que l'abus d'alcool.

Les maladies non transmissibles, comme les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou les cancers, contribuent à la mort de 35 millions de personnes chaque année dans le monde, soit davantage que les maladies infectieuses, soulignent les chercheurs, en pointant le rôle du sucre dans la progression de ces pathologies.

Plus concrètement, l'apport massif de sucres favoriserait :

  • l'hypertension
  • le diabète
  • le risque cardiaque
  • une surcharge en graisses du foie.

Des méfaits qui touchent jusqu'à 40 % des gens de poids normal et 80 % des obèses. Et les choses ne semblent pas près de s'arranger, car la consommation de sucre dans le monde a triplé au cours des cinquante dernières années.

Peu de preuves, mais des doutes qui pèsent lourd

Des chercheurs font le lien entre le sucre et les caries, le diabète, les troubles cardio-vasculaires, l'ostéoporose, les inflammations intestinales, la baisse immunitaire et certains cancers. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le sucre fait partie, avec le gras et le manque d'activité physique, des trois principales causes de l'épidémie d'obésité à travers la planète. D'un point de vue scientifique, le lien direct entre la consommation de sucre et la prévalence du diabète n'a jamais été prouvé. Mais le sucre, en contribuant à l'épidémie d'obésité, serait aussi responsable de l'épidémie de diabète d'après Jim Mann, professeur au Département de nutrition humaine de l'Université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, et membre du panel formé par l'OMS pour évaluer l'effet de l'alimentation sur les maladies chroniques.

Les dangers d'une consommation trop importante de sucre

L'excès de sucre entraine une dépendance, et le sucre  est souvent comparé à une drogue. Privé de ses vitamines et minéraux d'origine par le raffinage, le sucre blanc appauvrit nos réserves en magnésium, en calcium, ou en chrome (un élément qui contribue à protéger du diabète).

Le sucre favorise également, chez certaines personnes, l'acidité d'estomac et les fermentations intestinales qui perturbent la flore bactérienne. Ce faisant, ils peuvent entraîner la constipation, diverses affections du colon, ou encore aggraver les mycoses (champignons), notamment le Candida albicans, cause de fatigues chroniques.

D'autres études ont prouvé qu'une bonne partie de notre immunité dépend de l'équilibre de cette flore, que le sucre tend à nous carencer en cuivre (un oligoélément précieux grâce à ses propriétés anti-infectieuses) et que plus on absorbe de sucres, moins nos globules blancs réussissent à neutraliser les microbes.

D'autres conséquences

Grâce à des recherches poussées, une équipe d'experts du Nasa Research Center a démontré un lien avec les maladies cardio-vasculaires, le sucre étant responsable de l'augmentation des triglycérides ainsi que le cholestérol LDL dans le sang. Aussi peut-il favoriser l'apparition de maladies oculaires comme la cataracte et, par un phénomène que les scientifiques nomment glycation (liaisons anormales entre sucres et protéines), le vieillissement prématuré de tous les tissus de l'organisme.

Des chercheurs y voient aussi un agent favorisant plusieurs cancers : du pancréas, de l'estomac, du côlon, de l'endomètre. Car les bactéries comme les champignons intestinaux et les cellules cancéreuses prospèrent, au sein de l'organisme, au contact du sucre.

Conseil pour limiter le sucre dans votre corps

  • Optez pour du sucre complet ou intégral (du sucre roux).
  • Doublez vos quantités journalières de crudités, de légumes, de fibres, céréales complètes, fruits.
  • Ne consommez pas (ou le moins possible) de sodas ou jus de fruits du commerce pour vous désaltérer, et privilégiez l'eau en tout temps.
  • Marchez, bougez, faites du sport : ça équilibre l'énergie et améliore le métabolisme.
  • Gérez votre stress pour ne pas manger n'importe quoi.

Catherine Morency, rédactrice Canal Vie

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