Les effets pervers des produits et crèmes de beauté

La grande majorité des produits cosmétiques que nous utilisons au quotidien (maquillage, crèmes, shampoings, etc.) contiennent des produits chimiques. Bien souvent, nous avons tendance à avoir une confiance aveugle en ce que nous trouvons sur les tablettes, parce que nous croyons que tout ce qui est disponible est obligatoirement passé « à la loupe » avant d'être approuvé pour la vente. Est-ce réellement le cas?

Quelle réglementation?

C'est Santé Canada qui est responsable de la réglementation des produits de soin cosmétiques. Cependant, une étude récente (2010) menée par la fondation David Suzuki a mis en lumière quelques lacunes relatives à cette réglementation.

Par exemple :

  • C'est vrai qu'il est obligatoire d'étiqueter les produits, mais les concentrations en pourcentage des substances chimiques utilisées ne sont pas requises.
  • Les fabricants de cosmétiques sont tenus de faire parvenir la liste d'ingrédients... mais ils ont jusqu'à 10 jours après la mise en marché de leur produit pour le faire : les consommateurs ont donc souvent acheté les produits avant que des tests leur soient imposés.
  • La réglementation ne s'applique qu'aux « produits intentionnels », même s'il arrive que des substances résiduelles en faible pourcentage soient nocives. Celles-ci n'entrent pas en ligne de compte. À noter : les "produits intentionnels" sont les composantes chimiques qui font partie de la formule initiale du cosmétique, en opposition aux "traces" ou résidus de composés chimiques qui peuvent parfois être présents dans le produit.
  • Certains produits de soin (antiperspirant, protection solaire, pâtes dentifrices) ont aussi une fonction thérapeutique et n'entrent donc pas dans la classification des cosmétiques.

Bien sûr, les substances « à éviter » ne sont généralement présentes qu'en très faible quantité, mais elles sont bien là... S'il convient de ne pas être alarmiste, il est cependant nécessaire d'être conscient que nos produits ne sont pas parfaits, même s'ils sont disponibles en vente libre à la pharmacie ou au supermarché.

Les substances à éviter

Il y a plus de 4000 composantes chimiques présentes dans nos produits de soin. Évidemment, toutes les répertorier est impossible, mais des études plus approfondies ont permis de mettre en lumière celles qui sont les plus fréquentes (et les plus nocives) pour nous. En voici un aperçu :

BHA et BHT

Dans les crèmes et laits hydratants, le maquillage. Soupçonnés d'être cancérigènes et d'interférer avec les hormones.

Colorants à base de goudron et de houille (P-PHENYLENEDIAMINE)

Dans les teintures et les produits colorés (fards, etc.). Toxiques pour le cerveau et potentiellement cancérigènes.

DEA - MEA - TEA

Dans les produits moussants. Réagissent avec d'autres substances chimiques souvent contenues dans les cosmétiques. Potentiellement cancérigènes.

DIBUTYL PHTALATE

Dans les produits pour les ongles. Nocifs pour la fertilité et les fonctions hormonales.

Les agents de conservation libérateurs de formaldéhyde

DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA, METHENAMINE et QUARTERNIUM-15)

Dans les produits de soin capillaires et les hydratants. Potentiellement cancérigènes.

Les parabènes

Dans le maquillage, les crèmes hydratantes. Associés au cancer du sein.

Les parfums

Presque partout, même dans les produits dits « non parfumés ». Provoquent des allergies, de l'asthme et parfois une intoxication des neurones.

PEG

Dans les revitalisants capillaires, les déodorants, les crèmes et laits hydratants. Potentiellement cancérigènes.

Pétrolatum (huile minérale)

Directement issu du pétrole. Dans les baumes et rouges à lèvres, les produits capillaires et les hydratants. Peuvent contenir des impuretés potentiellement cancérigènes

Sodium laureth sulfate et sodium lauryl sulfate

Dans les produits moussants. Potentiellement cancérigènes et dommageables pour le foie.

Triclosan

Dans les produits antibactériens (dentifrices, savons, désinfectants). Interfèrent avec la fonction hormonale et contribuent à la bactérie qui résiste aux antibiotiques.

Les siloxanes

Utilisés pour assouplir, lisser, humidifier plusieurs cosmétiques. Potentiellement nocif pour la reproduction et perturbateur endocrinien.

Isopropyl alcohol

Dans les parfums, les sprays, lotions pour le corps, colorants capillaires. Peut provoquer des nausées, vomissements, maux de tête.

En plus d'avoir des effets potentiellement nocifs pour notre santé, la grande majorité des produits composés chimiques présentés ci-dessus ont une incidence négative sur l'environnement.

Alors, qu'est-ce qu'on achète?

Difficile de savoir ce qui est bon pour nous, et ce qui nous rend réellement malades... Si vous prenez le temps de lire les étiquettes des produits entreposés dans votre salle de bain, vous verrez que tous contiennent au moins un (et souvent plusieurs) des ingrédients cités plus hauts.

Faut-il nécessairement paniquer et ne plus rien acheter? Pas forcément. Les composés chimiques sont présentés comme « potentiellement » mauvais par certaines personnes, mais la grande majorité n'a pas fait le sujet d'une étude sur les humains.

De plus, n'oublions pas que les quantités contenues dans nos produits de soin sont extrêmement minimes. Seule une utilisation exagérée semble susceptible d'amener des problèmes réellement perceptibles. Mais qu'est-ce qu'une utilisation exagérée? Une fois par jour, une fois par semaine? Les choses ne sont pas clairement définies...

Évidemment, les organisations écologiques et les adeptes d'une consommation « éclairée » soutiennent que les dangers sont bien réels et inquiétants. Il revient à chaque personne d'évaluer ses propres besoins et ensuite de choisir d'acheter (ou non).

Une chose est sure, cependant, il est toujours préférable de lire les étiquettes et de choisir les produits qui contiennent le moins d'ingrédients possible...

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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