Nadia Gosselin : Nomade, à sa façon

Auteur
Julie Roy
Nadia Gosselin

Depuis près de six ans, Nadia Gosselin a choisi de ne pas avoir d’adresse fixe. Et cette nomade n’y trouve que du bonheur.

Quand elle revient à Montréal, sa ville d’adoption, Nadia Gosselin trimballe avec elle une énorme valise, remplie de tout ce qu’elle possède. «En voyage, on vit toujours avec ce qu’on transporte. Il y a quelques années, à chaque retour de périple, j’étais étonnée de constater tout ce que j’accumulais et qui ne m’était pas utile au quotidien.» Petit à petit, elle se défait de ses choses, jusqu’à ce que l’appartement devienne presque vide.

«Quand je raconte aux gens que je suis une nomade, ils sont étonnés que ce soit un choix volontaire. C’est d’ailleurs une des premières questions qu’on pose quand on rencontre une nouvelle personne : où habites-tu? Je réponds toujours que j’habite nulle part!,» raconte-t-elle, en éclatant de rire. Mais ce choix atypique ne date pas d’hier. Et il prend source, malheureusement, dans un événement peu joyeux.

Il y a une dizaine d’années, Nadia enseigne au secondaire quand on lui annonce qu’elle pourrait potentiellement souffrir d’un cancer au rein. «Pendant un moment, j’ai réalisé que je n’avais pas assez vécu pour mourir maintenant,» explique-t-elle. Même si les résultats s’avèrent négatifs, le changement qu’ils enclenchent, lui, est plutôt positif. Elle fait un bilan de sa vie et entreprend un long, long ménage, en commençant par réfléchir à sa carrière. «Je me suis demandé quel métier pourrait être au service de mes rêves. Je ne voulais plus être l’esclave de mon travail. Je désirais être libre et voyager.» Rapidement le conseil littéraire s’inscrit dans le ciel. «J’avais fait des études en littérature, j’étais moi-même auteure. J’avais déjà été animatrice radio et journaliste. Toutes ces composantes-là me menaient aux livres,» ajoute Nadia. C’est ainsi qu’elle crée Le Pigeon décoiffé, entreprise pionnière dans le service littéraire au Québec. Comme son travail ne l’oblige pas à demeurer toujours au même endroit, elle peut voyager et gagner sa vie, en même temps. Le bonheur!

Ses quatre filles, maintenant adultes, l’hébergent, à tour de rôle, quand elle est au Québec. «Comme je suis grand-mère, ça me permet de passer du temps avec mes petits-enfants,» explique-t-elle. Parfois, elle demeure un moment chez des amis, mais il lui arrive aussi de garder la maison d’une connaissance partie en voyage. «Je m’occupe des animaux et j’assure une présence à la maison.» Ce type d’entente lui a permis d’habiter un peu partout dans le monde, notamment en Angleterre, à la Barbade et au Guatemala. «Le Guatemala, c’est mon pays de cœur. C’est un endroit très pauvre, où les gens n’ont pas la possibilité d’accumuler des tonnes de possessions. Vivre là-bas m’a permis de mieux me connaître, de saisir qui j’étais véritablement.»

Nadia n’a jamais regretté ce saut dans le vide pour devenir une nomade professionnelle. «J’ai compris, dans ce changement, qu’on n’écoute pas suffisamment notre intuition. On a tendance à vouloir entrer dans le moule, même si ça ne nous convient pas.»

Et comme un escargot qui transporte sa maison sur son dos, Nadia trimballe ses rêves et son bonheur dans une valise un brin trop lourde… mais qui semble lui donner des ailes!

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