Individualistes : le sommes-nous vraiment?

Auteur
Nadine Descheneaux
Jeune femme prenant un selfie

C’est le défaut qu’on reproche souvent aux sociétés modernes. Mais sommes-nous vraiment si individualistes qu’on le prétend. Réflexions sur notre besoin d’autonomie et… des autres!

Selon le dictionnaire Larousse, l’individualisme voudrait dire «tendance à s’affirmer indépendamment des autres». Est-ce que ce besoin de s’accomplir individuellement s’est fait au détriment des liens de solidarité envers ceux qui nous entoure que ce soit au travail, dans notre voisinage, notre ville, etc.? La ligne n’est pas facile à trancher.

La sur-autonomie

Depuis toujours, une des quêtes des êtres humains a été de devenir de plus en plus autonomes et libres. En ce sens, individualisme pourrait rimer avec liberté, autonomie et épanouissement personnel. Mais, souvent, on l’associe négativement à une dérive narcissique, à l’écrasement des autres et à l’égoïsme. Il est vrai que certaines habitudes et avancées technologiques ont bafoué les échanges avec les autres. Plus encore, on aurait tendance à vouloir s’autosuffire au lieu de demander de l’aide lorsque nécessaire.

Pourtant, en même temps, des preuves de notre désir d’être en communication restent flagrantes. On suit des modes, on recherche l’approbation des autres via différents médias sociaux, on suit différents mouvements de masse, etc. Ces gestes montrent bien qu’on désire «faire comme les autres» ou faire partie d’un groupe. Mais ce qui prime aussi, c’est le libre choix. On veut pouvoir décider. De fait, les modes rejetées sont celles qui sont directives et contraignantes. On lutte entre «être soi» et faire partie d’un groupe, donc être reconnu.

Être soi… avec les autres

L’individualisme transmet aussi une idée de repli sur soi. Nous sommes des milliers d’individus qui, chaque soir, se branchent sur un monde virtuel pour être connectés avec les autres. Jamais on a eu autant de nouvelles et d’informations sur les autres sans les côtoyer au quotidien. Cette fausse proximité répond à divers besoins parfois contradictoires : faire partie d’un clan, s’exposer pour se faire reconnaître, se regrouper avec d’autres personnes ayant les mêmes intérêts, etc. Mais toujours, la réalisation de soi demeure la principale préoccupation. La preuve : on veut adhérer librement au groupe qui nous convient. Reste que certaines initiatives tentent d’inciter les gens à reconnecter avec les autres afin de renouer avec un certain esprit de partage.

Pour «reconnecter» (du moins virtuellement)

 

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