Entrevue Marie Plourde pour la Journée sans maquillage

Marie Plourde a accepté avec grand plaisir de participer au documentaire Beautés démasquées, diffusée sur Canal Vie, qui relate la relation des femmes avec le maquillage.


Canal Vie : Marie expliquez-nous un peu ce qu'est ce documentaire.

Marie Plourde

C'est un peu, si on veut, la quête d'une femme qui cherche à saisir la perception de l'image féminine dans les médias. On y véhicule tellement l'image de la femme parfaite et ce dont je me suis rendu compte, c'est que les femmes entre nous, nous sommes les pires juges! Nous sommes intransigeantes, perfectionnistes, nous avons le jugement très facile. La grosse pression vient de nous-mêmes. Et c'est très tôt dans la vie. Déjà à l'école primaire, les filles entre elles s'observent, se jugent, se critiquent.

Canal Vie : Qu'est-ce qui vous a le plus marqué à travers cette expérience de tournage sans maquillage?

Marie Plourde

Ce sont mes rencontres avec des personnalités publiques de grand calibre, entre autres la ministre Christine St-Pierre. Elle a vécu cette expérience sans maquillage comme étant très déstabilisante pour elle. Elle a passé une journée sans maquillage à l'Assemblée nationale et a vraiment eu l'impression d'être moins crédible. Tout ce qu'elle espérait, c'est qu'on ne lui pose pas de questions qui la mettraient sur la sellette. C'est une réaction qui en dit long sur tout le pouvoir qu'on accorde au maquillage et à l'esthétisme de la femme.

Canal Vie : Et est-ce que ça vous a fait le même effet?

Marie Plourde

J'ai été démaquillée pendant tous les jours de tournage et au début, j'étais mal à l'aise de savoir que pendant les 10 premières minutes, les gens me jugeraient. Ils me verraient comme je suis, avec mes imperfections. Surtout en HD! Je me suis sentie différente au début, plus timide. J'avais l'impression d'en livrer trop au public. Mais après plusieurs journées de tournage, j'ai retrouvé mes aises. On s'habitue. Il faut dire aussi que toute l'équipe du documentaire, des filles en majorité, étaient sans maquillage.

Canal Vie : Est-ce qu'elles ont trouvé l'expérience éprouvante?

Marie Plourde

Ce qui est amusant, et ce n'est pas étonnant, c'est que ce sont les maquilleuses qui ont trouvé l'aventure plus difficile, plus pour des soucis professionnels que personnels. Elles avaient de la difficulté à nous laisser entrer en studio, sans maquillage. Et je peux avouer que certains matins, quelques-unes d'entre elles trichaient et venaient maquiller.

Canal Vie :  Aujourd'hui, quelle est votre perception du maquillage?

Marie Plourde

Je trouve que le maquillage est une grosse béquille qu'on s'impose, presque un handicape même. Très jeunes, les filles se sentent obligées de se mettre du fond de teint. C'est incroyable! Elles ont la peau toute neuve!

Canal Vie : Pensez-vous qu'un documentaire comme celui-ci pourra changer les choses?

Marie Plourde

Je pense que c'est une bonne base, un bon départ. Déjà, si, à l'initiative de Christine St-Pierre, les femmes de l'Assemblée nationale ou les lectrices de nouvelles pouvaient s'offrir le luxe de journées sans maquillage, ce serait un gros pas de fait. On n'est pas en guerre contre le maquillage, mais je trouve que la relation qu'on a avec lui en dit beaucoup sur le statut de la femme... peut-être pas si libérée que ça, finalement.

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