Les attaques de panique, entre le stress et l'anxiété

« Subir une attaque de panique est une des expériences les plus horribles qu'un individu peut vivre durant sa vie. » -  Bourne, E. (2005). The Anxiety and Phobia Workbook, 4th Edition: New Harbinger Press.

Imaginez être autour de la table lors d'un repas avec des amis. Ou bien assis dans un autobus ou au cinéma, peu importe. Tout à coup, et sans raison apparente, vous ressentez un inconfort, un malaise difficilement identifiable. Une manifestation physiologique s'ensuit qui provoque une réaction en chaîne ouvrant tous les signaux d'urgence en même temps, ce qui surcharge vos circuits et provoque un genre de survoltage de votre système nerveux.

Rythme cardiaque effréné, sensation d'étouffement, difficulté à déglutir, turbulence gastrique, nausées. Perception sensorielle altérée à tous les niveaux, jusqu'à la distorsion. Rien n'est interprété normalement par le cerveau qui s'emballe. Vous avez l'impression de devenir fou. Et surtout, vous avez la conviction profonde que vous êtes sur le point de mourir.

Vous êtes en train de faire une attaque de panique.

Attaque de panique versus état de panique

D'entrée de jeu, il ne faut pas confondre attaque de panique avec état de panique.

L'état de panique survient lorsque le cerveau envoie des signaux d'alertes provoqués par une situation de stress concret et immédiat.

Par exemple, lorsque vous vous rendez compte que vous venez de rater un rendez-vous important ou que vous avez oublié votre passeport à l'hôtel alors que vous êtes sur le point d'embarquer dans l'avion : votre coeur va battre, votre esprit va s'emballer en imaginant la série de conséquences découlant de la situation dans laquelle vous vous trouvez, mais en règle générale, ce phénomène de stress temporaire a pour but de vous fournir les ressources physiologiques nécessaires pour régler le problème qui vous préoccupe.

Vous êtes donc en état de panique, mais il ne s'agit pas d'une attaque de panique. Lors d'une situation créant un état de panique, les manifestations physiologiques ressenties seront d'assez courte durée et vous n'aurez pas l'impression d'être en train de mourir d'une crise cardiaque. Après analyse de la situation, vous reprendrez vos sens et vous procéderez à la résolution du problème à l'origine de votre état.

Les symptômes reliés à l'attaque de panique, eux, demeurent exacerbés pendant plusieurs minutes, et même parfois, plusieurs heures sans s'arrêter (et la plupart du temps sans raison apparente) et il y a fort à parier que vous vous retrouverez à l'urgence d'un hôpital, persuadé que vous êtes en train de mourir.

Anxiété versus attaque de panique

Il ne faut pas non plus confondre attaque de panique et anxiété. L'anxiété est une réaction normale à un facteur inquiétant et variant en intensité.

Ce phénomène se traduit généralement par une sensation de mal-être nous indiquant qu'il y a quelque chose qui cloche dans notre vie. La source du malaise peut être facilement identifiable ou non et, bien que soucieux et inconfortable, le sujet expérimentant une phase anxieuse demeure en général fonctionnel jusqu'à ce que ledit malaise soit enrayé (sauf en cas d'anxiété généralisée, ce qui est un tout autre problème).

Comprendre l'attaque de panique

Dans le cas d'une attaque de panique, c'est tout le système nerveux qui ouvre les boutons d'urgence en même temps, relâchant des substances (comme l'adrénaline, par exemple) en quantité exagérée provoquant ainsi une cascade brutale de symptômes extrêmement pénibles.

La crise de panique peut être provoquée par une situation anxiogène (état de panique, anxiété, sujet pris dans un métro en panne, ou prenant la parole devant un auditoire, etc...) mais généralement,  elle survient à n'importe quel moment et répond à des facteurs de déclenchements encore mal compris et très diversifiés.

Les symptômes de l'attaque de panique

  • Nausées
  • Difficulté à déglutir
  • Impression d'étouffement
  • Étourdissements
  • Incapacité à canaliser les stimuli extérieurs (sons, conversation, informations visuelles)
  • Turbulence gastrique
  • Sudation
  • Impression de faire une crise cardiaque
  • Impression de mourir ou de devenir fou

D'où vient l'attaque de panique?

Il est difficile de déterminer avec assurance et précision l'origine et la cause des attaques de panique. De façon générale, on peut toutefois parler de prédispositions génétiques, de mode de vie, d'habitudes alimentaires néfastes et de mauvaise gestion du stress.

Il peut, bien sûr, s'agir d'une combinaison de divers facteurs physiologiques, environnementaux et psychologiques, ce qui rend le problème parfois plus compliqué à traiter.

Occurrence

Une attaque de panique peut survenir une fois seulement ou des dizaines de fois pendant une période donnée. Quand l'occurrence est très élevée (plusieurs fois par semaines et même plusieurs fois par jour), on parle de trouble panique. Vivre avec ce trouble peut mener à l'épuisement systémique, ce qui peut éventuellement conduire le sujet à l'isolement et à la dépression.

Cela dit, que la fréquence soit peu ou très élevée, la souffrance psychique et physiologique qui s'ensuit lors des attaques de panique est suffisamment pénible pour prendre les dispositions nécessaires afin de faire cesser le problème.

Diagnostic

Il vous faudra éventuellement consulter un professionnel de la santé afin de recevoir un diagnostic et pouvoir prendre les moyens pour retrouver votre équilibre, bien loin de votre attaque de panique.

Traitements

Précisons d'emblée que les attaques de panique n'entrent pas dans la catégorie des maladies mentales, mais plutôt dans celle des débalancements chimiques, hormonaux et systémiques. Toutefois, comme les crises de panique sont parfois déclenchées par des facteurs environnementaux ou psychologiques, la thérapie comportementale peut s'avérer très utile, voire primordiale.

Ceci posé, et peu importe les catégories, si un individu en est à faire plusieurs attaques de panique par jour ou par semaine, il est extrêmement difficile de fonctionner convenablement dans un contexte psychothérapeutique sans avoir préalablement calmé les crises.

Dans ce cas, la prise de certaines classes d'antidépresseurs, en bloquant la recapture de la sérotonine, ont pour effet de neutraliser le déclenchement des attaques de panique, permettant ainsi au sujet de retrouver un semblant de vie normale.

Chez certaines personnes, des traitements alternatifs comme l'acupuncture peuvent aussi donner de bons résultats.

Ceci fait, il sera d'avantage aisé de se concentrer sur une approche thérapeutique comportementale visant à maîtriser le processus menant au déclenchement des attaques de panique, si processus il y a.

Médication versus psychothérapie?

En fait, il ne s'agit pas de prêcher pour un traitement ou un autre contre les attaques de panique. Un traitement peut en compléter un autre quand vient le temps de régler un problème aussi complexe et débilitant.

L'important est de trouver les combinaisons qui donneront les résultats appropriés afin de retrouver une qualité de vie digne de ce nom.

Souffrez-vous d'attaques de panique? Quels moyens avez-vous utilisé pour arriver à les maîtriser?

Fritz C. d. M., rédacteur Canal Vie.

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