Avez-vous trouvé votre rythme perso?

Répondez spontanément. Vous êtes plus lève-tôt ou couche-tard? Si je dis le mot «matin», qu’est-ce qui résonne en vous? Même exercice avec le mot «soirée»? Trouver son rythme, c’est un peu cela : découper notre journée en portion. Pour mieux vivre.

J’ai longtemps lutté et essayé de m’en tenir à des horaires pré-établis. Bien souvent, on n’a pas trop le choix. On ne choisit pas toujours nos horaires de travail. Mais dès que je le pouvais, je prenais les quart de travail les plus tôts possible. Ainsi, j’abattais plus de boulot et surtout j’avais l’impression d’avoir encore ma journée à moi. Commencer mon travail à 10h, c’est difficile. La cause? J’ai déjà 5 heures derrière moi. Je ne me sens pas au sommet de ma forme et c’est un fait, je ne rattrape pas mon niveau d’énergie une fois que les aiguilles de l’horloge dépassent midi.

Vivre contre notre rythme personnel gruge finalement notre énergie et notre productivité. En y réfléchissant bien, c’est très typiquement nord-américain cette tendance. En Europe, en Italie comme en Espagne, en après-midi, c’est la sieste. Même les musées ferment, parait-il. Une amie s’est retrouvé bien peinée à 15h en voyage se trouvent devant des portes toutes fermées. Étonnant quand même! Peut-être que les européens s’écoutent davantage, j’y crois! Ici, on peine à déroger à se mettre sur «pause». C’est contre-productif! C’est «pas payant»! C’est mal vu! Quand on se définit par notre production, notre propension à montrer qu’on travaille fort, beaucoup et souvent (quel trio, quand même!) et  notre accumulation d’activités, on perd de vue notre rythme personnel. Celui qui fait en sorte qu’on se sent bien, qu’on travaille bien et surtout, qu’on travaille avec le sourire et avec une énergie motivante.

Petit test pour trouver votre rythme

  • À quel moment du jour, vous sentez-vous au «top» de votre énergie? (essayez de préciser une heure)
  • Quelles sont vos pensées à 10h? À 14h? À 20h?
  • À quel moment ressentez-vous les premiers signaux de fatigue de la journée?
  • Vous avez une journée entière devant vous pour écrire une lettre qui exige de la concentration, quand la rédigerez-vous?
  • Vous ouvrez les yeux, il est 8h10. Vous pensez quoi?

Habituellement, ce petit exercice nous permet de déterminer avec plus de conviction ce qu’on sait souvent, sans vraiment se l’avouer. Par exemple, je sais que depuis toujours je suis une fille du matin. Même enfant, même ado (eh oui!). Je suis efficace tôt. Travailler après le souper est pour moi une torture. Si je rebondis le matin, je suis une larve en soirée. Depuis que je me suis autorisée à travailler en suivant mon rythme, je pense que j’abats la même somme de travail en moins de temps. Vous vous rendez compte? Je passe moins de temps en mode «boulot» mais je «produis» autant. Réjouissant! Mais il va s’en dire qu’il faut quand même s’habituer aux petits commentaires comme «Ah tu ne travailles pas encore cet après-midi!» laissé sur mon répondeur. C’est vrai : je passe pour une paresseuse, car je fais la sieste en après-midi ou je vais au cinéma avec une amie. Je devrais travailler. Non! Désolée! À 14h, je ne travaille plus, car ma journée de boulot se déroulait entre 5h45 et 11h. Désormais, je ne me sens plus coupable. J’ai modifié mes horaires pour m’écouter davantage. C’est un processus, mais c’est efficace. Et productif. Et, surtout, ça attire le bonheur. J’ai l’impression de m’écouter et de travailler en concert avec qui je suis vraiment.

Bien sûr, tout le monde n’a pas le même rythme, c’est normal. Ma fille est tout le contraire de moi. Je lui ai montré à faire ses devoirs dès son retour de l’école. Mais elle, elle a davantage besoin de décompresser. Elle est une couche-tard. Pour elle, aucun problème à plancher sur ses accords de verbes à 20h. Autant en profiter, elle ne commence l’école qu’à 9h le matin. Elle peut dormir autant. J’ai compris que je ne peux pas ignorer son rythme à elle. Au fond, pour moi, tant que les devoirs sont faits,  c’est ce qui compte! Je gagnerais quoi de la tirer du lit à 6h le matin si elle peut se lever à 8h sans problème. C’est son rythme. Pas le mien.

Et vous, c’est quoi votre rythme perso?

 

Nadine Descheneaux, rédactrice

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