Accros aux téléphones intelligents

Partout dans le monde, de plus en plus d’utilisateurs deviennent accros à leur téléphone portable. Ils ne peuvent s’en séparer. Certains le consultent même aux trois minutes. Voyage au cœur d’une nouvelle « dépendance ».

Imaginez la scène : une jeune femme traverse à une intersection achalandée, à l’heure de pointe. Soudain, elle s’arrête au milieu de la route et tape sur son téléphone. Pendant ce temps, le feu de circulation tourne au vert et un conducteur y va d’un coup de klaxon pour avertir la jeune femme, toujours immobilisée dans la voie de circulation. La fautive lève la tête et sert un doigt d’honneur à l’automobiliste. Puis, elle se dirige vers le trottoir en ronchonnant.

Impossible, direz-vous! Pourtant, cette scène s’est déroulée, voilà quelques semaines, à l’angle de deux artères montréalaises achalandées.

Cette anecdote confirme une tendance : les Canadiens sont de plus en plus accros à leur téléphone intelligent. On les voit rédiger des messages textes sur le trottoir, au supermarché, au restaurant, dans les parcs, dans les salles de spectacles, au volant (ce qui est pourtant interdit), au bureau et même au lit. Hé oui!

Quelques chiffres

Selon un récent sondage, 56 % des Canadiens possèdent un téléphone intelligent et s’en servent quotidiennement. Qui plus est, 80 % d’entre eux sont « incapables » de quitter la maison sans leur appareil en poche.

Le phénomène est mondial. Chez les cousins français, 42 % des répondants à une étude affirment être « dépendants » de ce petit appareil. Ils le consultent au moins une fois l’heure et n’hésitent pas à l’utiliser partout et à tout moment, même au détriment de la vie de famille.

Des vidéos, diffusées sur YouTube, montrent même des époux qui utilisent leurs appareils au cours de leur propre cérémonie du mariage.
http://www.youtube.com/watch?v=fy4ehZwvJr8
http://www.youtube.com/watch?v=IFJU6g-CVvQ

Chez les moins de 25 ans, les deux sexes confondus, 78 % des répondants affirment être incapables de se départir de leur téléphone, ne serait-ce qu’une journée.

Qui sont les accros?

Partout dans le monde, les utilisateurs âgés entre 18 et 24 ans sont les principales victimes de cette dépendance. Ils affirment vouloir demeurer en contact avec les membres de leur famille, mais, très souvent, ils utilisent leurs téléphones pour dénicher un restaurant, assurer une présence sur les réseaux sociaux ou planifier une soirée.

Les plus dépendants vont consulter leur appareil toutes les trois minutes et se lever la nuit pour vérifier s’ils ont des messages…
Il y a plus. Trente-cinq pour cent des répondants à une étude réalisée par Google Canada, soit 350 répondants sur 1000, ont avoué qu’ils préfèreraient se départir de leur téléviseur avant d’abandonner leur téléphone intelligent.

Pourtant, de nombreux utilisateurs de petit appareil regardent régulièrement des vidéos, des films sur leur portable, alors que les nouvelles technologies permettent de regarder ces mêmes images, via Internet, sur leur appareil domestique.

La nomophobie

Le phénomène est même à l’origine d’un néologisme : la nomophobie. Les gens craignent d’oublier leur téléphone, ou leur chargeur, à la maison. Vous avez sûrement entendu, au bureau, la requête suivante : « Est-ce que quelqu’un a un chargeur pour un téléphone? »

Une étude réalisée en Grande-Bretagne démontre même que le fait de se retrouver sans téléphone portable engendre un stress comparable au trac qui vous gagne le jour de votre mariage ou dans les heures qui précèdent un rendez-vous chez le dentiste chez 66 % des utilisateurs. Renversant!

Se libérer!

Il est toutefois possible de le libérer de cette dépendance, en trois étapes « faciles ». Vous verrez, c’est libérateur!

  • Changez votre forfait. Renoncez aux forfaits illimités pour déterminer un nombre précis de minutes d’utilisation. Après une ou deux factures « salées », vous réduirez le temps passé à le consulter.
  • Effectuez quelques sorties sans votre téléphone. Il vous manquera les premières fois, mais vous vous y habituerez. Puis, serrez-le durant toute une semaine.
  • Fermez votre appareil la nuit. Si c’est vraiment urgent, votre interlocuteur trouvera bien un moyen de vous joindre. Et vous ne serez plus dérangé par les sons signalant l’arrivée d’un message texte ou par un appel.

Même si les experts ne parlent pas de dépendance au sens clinique du terme, les utilisateurs, eux, n’hésitent pas à utiliser ce terme pour expliquer leur besoin viscéral de consulter ce petit appareil. Pourtant, voilà seulement quelques années, il n’était absolument pas nécessaire. Les gens qui désiraient vous rejoindre utilisaient, tout bonnement, le téléphone à cadran ou à clavier qui, lui, demeurait à la maison.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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