Accepter le deuil d’un animal de compagnie

Auteur
Nadine Descheneaux
patte de chat gris et main humaine

Il n’y a pas de petits deuils. Chacun peut bousculer. Personne ne réagit de la même façon à la mort d’un animal de compagnie. Entrevue avec Annique Lavergne, auteure du livre Le deuil de mon animal de compagnie.

Le livre de la psychologue Annique Lavergne n’est pas un essai lourd et sérieux sur le deuil, mais bien un album d’activités et de souvenirs pour apprivoiser la perte. Il s’adresse aux enfants d’abord en leur permettant de colliger des souvenirs de leur animal. Aussi, ce livre bien pensé et magnifiquement illustré dans les teintes d’orangés et de bleu pour un maximum de douceur devient aussi un guide pour les parents pour accompagner leur enfant dans cette épreuve. 

Le premier deuil

Parce que oui, la perte d’un animal de compagnie (chat, chien, oiseau, lapin, hamster, peu importe) est un événement bouleversant pour un enfant. « C’est souvent le premier deuil qu'il vit. L’animal était présent depuis sa naissance ou très tôt dans sa vie. Un lien unique les unit, car les animaux ont la capacité de nous aimer peu importe notre comportement, ou qui nous sommes », explique Annique Lavergne. Même une fois adulte, on se souvient longtemps de l’animal avec qui on a partagé notre enfance. Ce décès est donc très significatif. De plus, les enfants ne comprennent pas ce qu’est la mort, ni les sentiments ou les réactions physiques que cette perte provoque. « Ce qui explique l’importance des parents dans le processus pour échanger avec leurs enfants! », note la spécialiste. 

L’attachement envers les animaux

Il n’y a pas de petits deuils. Chacun vit un deuil différemment tout dépendant du degré d’attachement qu’on porte à la personne, l’animal ou l’objet. On peut perdre un bijou sans grande valeur monétaire, mais qui était un symbole pour nous et ressentir d’intenses émotions liées à cette perte. Aussi, il faut être conscient des autres facteurs qui peuvent influencer l’impact de la mort de l’animal. Peut-être l’enfant vit-il une autre situation difficile en même temps? Le parent doit être attentif et vérifier comment se sent l’enfant sans toutefois trop insister. « Les enfants le démontrent quand ils ont assez d’informations. À ce moment, les parents doivent arrêter », indique Annique Lavergne. Les enfants ont besoin de sentir le soutien des autres à travers cette épreuve. « Il reste que le deuil d’un animal de compagnie est encore marginalisé. Il ne faut pas en avoir honte », confie-t-elle. 

En parler

Il est certain que la présence de l’animal manque à l’enfant. Et aussi aux adultes. « Les parents doivent être des modèles et accepter de dire que l’animal leur manque et pleurer aussi. Cette épreuve devient une opportunité d’enseignement pour parler de la mort, mais aussi du cycle de la vie. Aussi, les parents doivent prendre l’événement au sérieux et porter une attention particulière aux sentiments et aux besoins de leur enfant et surtout reconnaître leur douleur », conseille l’auteure. Être à l’écoute est primordial, mais sans minimiser ce qui arrive. « Les parents le font souvent dans le but de protéger leur enfant, car ils ne veulent pas qu’il ait de la peine. Mais s’ils disent “Demain, ça ira mieux” et que le lendemain, ça ne va pas mieux, leur enfant ne sait plus ce qui arrive. Il faut faire attention aux mots. Même chose avec les phrases qui peuvent être mal interprétées par les enfants. Si vous dites “Il est parti pour un grand voyage” ou “Il fait un long dodo”, les enfants pourraient croire que toute personne qui part en voyage ne reviendra plus ou avoir peur de dormir », souligne la spécialiste. Même chose avec l’âge de l’animal. Un animal ne vieillit pas de la même façon qu’un humain. « C’est bon de l’expliquer, car si le chien décédé avait 10 ans comme l’enfant, cela pourrait réveiller l’anxiété de ce dernier », ajoute-t-elle. Finalement, devant les questions embêtantes comme « Où est mon animal maintenant? », le parent peut retourner la question à son enfant pour explorer sa conceptualisation de la mort. Et quand l’enfant lui demande de répondre, la psychologue rassure les parents. « Dire “je n’ai pas la réponse” est une réponse authentique. Il faut rester simple, direct et honnête et toujours garder en tête que les enfants tolèrent mieux la vérité que d’apprendre plus tard qu’on leur a menti ».  

Fermer la boucle

Ce livre permettra aux enfants de boucler la boucle en célébrant la vie de l’animal et en notant les bons souvenirs partagés avec l’animal. Aussi, à la fin, l’auteure propose des idées de rituels rassembleurs pour partager la mémoire du disparu. Vraiment, un outil formidable qui apaisera les enfants, mais aussi leurs parents qui se sentiront épaulés pour bien accompagner leurs petits pour aborder un sujet aussi sérieux, émotif que nécessaire.   

Le deuil de mon animal de compagnie. Par Annique Lavergne et illustré par Yves Dumont, Petit Homme, 2018. ISBN : 9 782 897 541 248 
 

 

Vous aimerez aussi