Origine du temps des sucres

Auteur
Marie-Ève Laforte

L’hiver tire enfin à sa fin et bien sûr, ça signifie que c’est le temps de sucres! Choisissez donc une cabane parmi nos propositions et profitez-en pour en apprendre plus sur cette période de l’année qui nous est si chère, nous les Québécois!

L’origine de cette tradition

Origine du temps des sucres

Nublee bin Shamsu Bahar / Shutterstock

Faire bouillir de l’eau d’érable pour obtenir du sirop est une tradition qui remonte à bien plus loin que l’arrivée des colons européens! Les Amérindiens avaient l’habitude de produire du sirop dont ils se régalaient au printemps. L’eau d’érable bouillie n’était pas nécessairement utilisée pour sucrer les aliments, mais plutôt bue pour lutter contre le scorbut dont ils souffraient après l’hiver.

Les Amérindiens auraient compris le potentiel de l’eau d’érable en observant les écureuils. Lorsque des branches d’érable se cassaient à la fin de l’hiver, la blessure de l’arbre coulait. Et les écureuils attendaient que le soleil ait réchauffé et évaporé le liquide, puis ils allaient lécher ce qui restait!

Érablière du Lac Beauport

On peut imaginer qu’au début, le temps des sucres était une véritable corvée : il fallait entailler chaque arbre à la main, revenir chercher l’eau d’érable en carriole avec un cheval qui tirait tant bien que mal une barrique parmi les bois en plein dégel, transporter l’eau et la faire bouillir manuellement, sur de grands chaudrons alimentés au feu de bois! Mais il s’agissait aussi d’une période très spéciale de l’année, remplie de retrouvailles chez les voisins après le dur hiver, d’entraide et bien sûr de festivités et de bons repas sucrés!

Aujourd’hui, la production de sirop est beaucoup plus technologique. L’eau d’érable est récoltée à l’aide de tubulure sous vide. Ceci élimine les efforts reliés au transport et augmente la production. L’eau d’érable est filtrée par osmose inversée puis bouillie dans un immense évaporateur automatisé.

Pour lire de savoureuses anecdotes et légendes sur le temps des sucres, voir le site Web de l’Érablière du Lac Beauport.

Quelques statistiques intéressantes

Part du Canada dans la production mondiale de sirop d’érable : 80 %. Le reste de la production provient des États-Unis, qui profite d’un climat similaire au nôtre dans sa partie Nord-Est.

Nombre de provinces qui produisent du sirop : 4. Il y a le Québec bien sûr, mais aussi l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Le Québec est de loin au premier plan de ce classement, avec 91 % de toute la production canadienne.

Nombre d’états américains qui produisent du sirop : 10 états et certains ne sont pas ceux auxquels on s’attendrait : la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan, par exemple. L’état qui en produit le plus reste toutefois le Vermont, qui arrive au 2e rang global, après le Québec. Il faut quand même dire que le Vermont en produit 10 fois moins que nous.

Nombre d’érablières au Québec : plus de 7 600. Ce chiffre est en hausse.

Types d’érables que l’on peut entailler : Principalement l’érable à sucre, dont l’eau contient naturellement 2 % de sucre. Il est également possible d’entailler l’érable rouge, l’érable noir et l’érable argenté… mais leur eau contient seulement 1 % de sucre.

Litres d’eau d’érable nécessaires pour fabriquer 1 litre de sirop d’érable : 40.

Minicornets à l'érable et à la guimauve

Marie-Ève Laforte

Le monde est fou du sirop!

Nous ne sommes pas les seuls à apprécier le goût irrésistible de l’érable… En 2015 seulement, les exportations québécoises de sirop d’érable ont représenté 360 millions de dollars!

  • 64 % des exportations ont été vers les États-Unis
  • 8,6 % en Allemagne
  • 7,3 % au Japon.

Les autres pays les plus friands des produits de l’érable sont le Royaume-Uni (voir la section suivante), la France, l’Australie, le Danemark et la Corée du Sud.

L’érable so British

Chaque année en février, la Fédération des Producteurs acéricoles du Québec lance la saison avec une grande fête à saveur d’érable. Cette année, le thème de la soirée était la « British Invasion », une manière humoristique de souligner un nouveau marché très intéressant (et un peu surprenant) pour le sirop d’érable du Québec.

En effet, les exportations de produits de l’érable en Angleterre ont fait un bond de 36 % en 2015 par rapport à l’année précédente, avec près de 5 millions de livres de sirop québécois exportés là-bas! Les Anglais peuvent maintenant acheter leur sirop d’érable dans plus de 12 000 magasins et épiceries.

Et selon Elliot Levasseur, président du Conseil de l’industrie de l’érable, puisque nos deux traditions culinaires sont liées historiquement, les Britanniques apprécient encore plus l’érable parce qu’ils y voient un produit canadien, imprégné de tradition et de culture.

Quelle est votre manière préférée de déguster les délicieux produits de l’érable de chez nous?

Sources : J’aime l’érable, Agriculture et Agroalimentaire Canada (statistiques datant de 2015).

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