Pommes au four "cheesecake à l'érable" et bacon, inspirées de la cabane...

Le 25 février 2015 par Mme Carrée

Pommes au four

Phil, Willie, Chuck et Fred...

Toutes des marmottes qui prédisent le printemps. Ben quin! Pis y'a quelques semaines, aucunes d'entre elles ne s'entendaient sur leur prédiction 2015. Surpris?

Mais moi là, j'm'en fous des marmottes qui s'entendent pas!! Parce que moi... j'le sais. J'le sens, c'est mon coeur qui me l'dit.

Mon estomac aussi!! Depuis le mois de mai l'an passé, qu'il m'agace jour et nuit, qu'il se plaint, se morfond, se languit d'étranges envies sucrées-salées d'oeuf-sirop, de jus d'ragoût aux cretons, de tarte aux binnes de cochooon pleiiin d'suc'! Haaaaaa!!! J'en peux pu'.

Un peu comme si j'avais des goûts de femme enceinte depuis neuf mois pile! Pis qu'à son apogée, mon horloge biologique annuelle coïncidait avec celle des érables...

Pommes au four

La saison est presque ouverte!

Dans quelques jours tout au plus, ce sirop qui ne pourrait être renommé que par les dieux, qui ne ressemble à rien d'autre au monde, sur la boule, et qui vient presque exclusivement de chez nous; celui-là même pour lequel il faut attendre la sève pendant les trois-quarts de l'année, et qu'on ne peut faire pousser en serre ou synthétiser (parce que crot' de bouc, c'est ben l'érable qui décide quand il va nous la donner!!)... oui, ce merveilleux sirop bouillira bientôt dans une cabane à suc' près d'chez vous!

Oui, je sais qu'on peut l'avoir à l'année en épicerie...

Pommes au four

Mais j'vous parle d'la cabane là!

Le temps des sucres, c'est ce qui me rapproche le plus de mes racines, de ce que je peux encore vivre, goûter et revivre chaque année à la même saison, depuis plus de quatre décennies.

J'veux pas vous faire brailler là, ni passer pour pathétique...

Mais sachant qu'on fait les sucres depuis quelques centaines d'années, elles prennent pour moi une toute autre dimension, dignes d'un événement aussi grand que n'importe quelle autre fête ou tradition, aussi païenne ou religieuse soit-elle.

C'est un Mardi gras, une Halloween, une Thanksgiving, une Pâques presque, qui nous appartient réellement, qui nous est propre et commune... à nous seulement!!

Pommes au four Pommes au four

C'est viscéral, presque hormonal

D'la soupe aux pois, une tourtière pis une omelette léguées par les Français, des oreilles de criss, des binnes pis du pouding par les Anglais, du bacon possiblement canadien, du jambon, des patates pis du ragoût... juste assez ancestraux.

Mais du sirop!

Et quel sirop! Bien québécois! Enfin presque... légué par les Amérindiens.

En y pensant bien, c'est certain que c'est pas du grand art, la cabane à sucre, c'est même pas mal rustique et basic.

Mais en 1815 par exemple, quand y'avait pas de McDo, pas de cell, pas même d'auto, après avoir bûché dix heures par jour, tout un hiver à -22 °, pour défricher le Québec ou entailler ses érables; pouvoir arroser un repas chaud de sirop au printemps... ça devait être mémorable!

Et ça devrait toujours l'être autant, simplement parce qu'on a su perpétuer la tradition depuis plus de 200 ans.

Pommes au four

Juste avant qu'on la critique...

Parce qu'il y en aura toujours pour critiquer, forcément, qui diront que la cabane, c'est « touristique », c'est une attrape « jambon-patates », c'est quétaine ou dépassé.

Ceux-là mêmes qui ont toujours à redire sur c'qu'on est, sur notre folklore, nos origines ou même sur notre rayonnement... juste parce qu'on est comme ça : on aime se tirer dans l'pied, se dénigrer!

Qu'on le veuille ou non, si on n'avait pas eu les Amérindiens, les Français, les Anglais, les colons, les chasseurs et les bûcherons, qui se sont, en quelque sorte, tous réunis dans la grosse cabane à sucre du Québec, pour nous donner un Louis-Joseph, une Bolduc, un René, un Félix, un Maurice, un Joseph-Armand, plusieurs Marie, Marguerite et même une Janette... on ne serait pas grand chose aujourd'hui. Et je persiste et signe.

Pommes au four

J'aimerais que les rigodons, la gigue, les sets carrés redeviennent à la mode, j'aimerais qu'on roule nos « r » de temps en temps, qu'on entende à l'unisson les accordéons et les ruines-babines de nos racines.

Qu'elles soient anglaises, françaises, amérindiennes... j'aimerais qu'on se réponde quand on se chante, j'aimerais qu'on s'aime quand on se fréquente, j"aimerais qu'on se rappelle pour pouvoir ajouter à notre devise « Je me souviens... et j'en suis fier ».

J'aimerais que cette cabane qui nous ressemble, nous rassemble.

Pommes au four Pommes au four

Mais de toute façon...

Mon estomac, mais mon cœur surtout... ne me laisseraient pas sucrer la saison!

Faque frète ou pas, bourrasques quétaines ou grêlons démodés, au risque de me péter la goule en glissant sur le driveway, envers et contre tous, j'm'en vais à la cabane renouer avec ma ceinture fléchée...

SI vous n'êtes pas dans l'esprit d'la chemise carreautée ou du tour de sleigh, peut-être seriez-vous d'humeur pour une bouchée de paradis, d'une pomme au four fourrée de gâteau au fromage à l'érable, parsemée de bacon croustillant et de noix grillées... arrosée de décadent sirop.

Pommes au four "cheesecake à l'érable" et bacon

6 personnes
Préparation : 30 minutes
Cuisson : 40 minutes

  • 6 pommes à cuire (Spartan, Cortland, Fuji, Granny, etc.; votre préférée)
  • Eau citronnée*
  • 6 oz de fromage à la crème Philadelphia (3/4 d'un bloc)
  • 1/4 tasse de sirop d'érable
  • 1/4 tasse de sucre d'érable
  • 1 gros oeuf
  • 1/4 tasse de crème 35%
  • 3 tranches de bacon cuit émietté
  • 1/3 tasse de noix grillées mélangées hachées
  • Sirop d'érable au goût

*Prévoir un bol d'eau fraîche additionnée de jus de citron, pour y tremper les pommes au fur et à mesure que vous les découperez, afin d'éviter qu'elles ne brunissent trop.

  1. À l'aide d'un couteau d'office, vider les pommes* par le haut, en retirant le coeur complètement, et sans percer le fond (conserver les "capuchons" de pommes si désiré), chaque pomme doit pouvoir contenir environ 1/4 de tasse; tremper les pommes évidées dans l'eau citronnée au fur et à mesure, si nécessaire.
  2. Poser les pommes dans un plat allant au four (métal, céramique ou verre); réserver.
  3. Dans une jatte, bien battre le fromage, jusqu'à bien crémeux.
  4. Ajouter le sirop et le sucre d'érable, battre à nouveau jusqu'à bien crémeux.
  5. Ajouter l'oeuf, battre 2 minutes en raclant bien les parois du bol en cours de procédé.
  6. Ajouter la crème et battre à nouveau 2 minutes, jusqu'à léger, très aéré et mousseux.
  7. Diviser l'appareil obtenu dans les pommes, et rediviser le reste sur le dessus (les pommes peuvent être garnies généreusement, ça n'est pas grave si l'appareil monte très haut ou déborde à la cuisson.
  8. Cuire dans un four préchauffé à 350°, sur la grille du centre, pour 35 minutes, laisser tiédir 5 à 10 minutes dans le four éteint.
  9. Servir chaud, tiède ou à température ambiante, parsemé de bacon émietté et de noix grillées hachées, et arrosé de sirop d'érable.

Mme Carrée

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