Ça vient d’ici : portrait de 3 aliments transformés au Québec

Auteur
Marie-Ève Laforte

Le saviez-vous? Pas moins de 50% des produits que l’on retrouve sur les tablettes de nos épiceries sont transformés au Québec! C’est une part importante de notre alimentation et c’est tant mieux puisque ces aliments font travailler les gens d'ici.

Selon des statistiques du gouvernement canadien les secteurs de transformation alimentaire les plus importants au pays sont la viande, les produits laitiers, les boissons, la boulangerie et les fruits et légumes. Mais qu’en est-il vraiment de la fabrication des produits appartenant à ces catégories? Nous nous sommes intéressés à la petite histoire de trois d’entre eux, faits ici au Québec.

 

La boulangerie : Le Pain Boulange des Campagnards Céréales Muesli

 

Ces pains populaires sont fabriqués chaque jour dans différentes boulangeries du Québec selon une recette donnée. La marque fait beaucoup d’efforts pour utiliser des ingrédients provenant d’ici, que ce soit des fruits ou des céréales. Dans le cas du pain aux Céréales Muesli, deux ingrédients entres autres proviennent de petites fermes familiales situées à quelques kilomètres l’un de l’autre au Lac St-Jean!

Les bleuets sauvages sont d’abord récoltés à Dolbeau dans les bleuetières de l’entreprise Bleuets Mistassini, durant leur courte saison (environ 4 semaines au mois d’août et au début septembre). Ces petits fruits, qui ne poussent qu’une année sur deux (seulement la moitié de la superficie des champs est donc récoltée à chaque année) sont ramassés la nuit ou tôt le matin, lorsqu’il y a de la rosée, par des tracteurs équipés de larges peignes qui déversent ensuite la récolte directement dans des bacs de transport.

Ils sont ensuite transportés non loin de là, lavés, triés et congelés. Puis ils arrivent à l’usine de transformation de Bleuets Nordic, où ils sont décongelés, infusés, égouttés et séchés au four à basse température pendant quelques heures pour les déshydrater. Ils conservent ainsi leur forme et leur bon goût et ils sont prêts pour être envoyés dans les boulangeries qui fabriquent le pain Boulange des Campagnards mais aussi chez différents fournisseurs situés partout dans le monde!

L’avoine utilisée dans le pain provient quant à elle de la Ferme Olofée, à St-Félicien. La céréale pousse dans les champs de la région et est récoltée du début septembre jusqu’à la mi-octobre. La ferme ne se contente pas de produire la céréale, mais possède également une usine sur place, qui transforme le grain en flocons. Pas moins de 40 étapes sont nécessaires entre la plante et le gruau qui se retrouve dans notre assiette : entre le nettoyage, le tri, le calibrage, le décorticage, la cuisson à la vapeur et le séchage! Il existe deux sortes de flocons : le petit, à cuisson rapide et le gros

 

Les produits laitiers : le fromage cottage Sealtest

Crédit photo: Natrel

Autrefois très populaire et associé à la santé, ce produit a perdu pas mal de son élan (qui coïncide avec l’essor fulgurant du yogourt), mais il conserve toujours ses inconditionnels!

Le cottage Sealtest, de la la marque Natrel, est fabriqué à Amqui, dans le Bas-St-Laurent. Cette usine de transformation de produits laitiers est la seule au Québec qui se trouve dans une région ressource. Ceci s’explique bien sûr par le fait que cette région en est une de choix pour ce qui est de la production laitière dans la province, avec 10 % de la matière première. Au total, ce sont 12 millions de litres de lait qui sont utilisés dans cette usine à chaque année pour produire du fromage cottage et de la crème sûre! Ce lait provient d’ailleurs de ferme des environs, c’est-à-dire de la vallée de la Matapédia et de la péninsule gaspésienne.

Pour produire du fromage cottage, on ajoute des bactéries et de la présure à du lait écrémé, qui va ainsi cailler et devenir légèrement acidulé. Puis on le fait doucement chauffer en le mélangeant très lentement, pour que les petits grains qui se forment ne se défassent pas. Une fois que le petit-lait est complètement séparé du fromage, celui-ci est enlevé puis le fromage est salé. Un peu de crème est également ajoutée au mélange. Comme il est fait de lait écrémé en majeure partie, le cottage est l’un des fromages avec la plus faible teneur en gras.

 

 Les boissons : le jus de pommes Tradition

Crédit photo: Tradition

À l’ère où la plupart des jus sur le marché sont en fait des boissons ou proviennent de concentré, ce jus de pomme québécois se démarque. Il s’agit d’un jus frais, non-filtré, dont les pommes proviennent de l’un des 7 vergers Paul Jodoin, qui s’étendent sur plus de 600 acres. Ces vergers sont situés à St-Jean-Baptiste-de-Rouville, en Montérégie. Au Québec, cette région au climat clément près de Rougemont est véritablement au cœur de l’industrie de la pommiculture! L’entreprise familiale a été fondée en 1901 et en est maintenant à sa 4e génération.

Même si la récolte des pommes se déroule de la mi-août à la fin-octobre, l’entreprise conserve et presse ses pommes toute l’année. Il y a 12 variétés de pommes qui poussent au verger et 200 000 pommiers, mais seulement la moitié peuvent se conserver durant de longs mois (et donc produire du jus à l’année). Une fois cueillies, les pommes sont immédiatement placées en entrepôt réfrigérés, puis directement à partir de leur caisse, plongées dans de grands bassins d’eau et brossées avec un grand soin, pour éviter les meurtrissures.

Le jus de pommes est pressé mécaniquement; chaque bouteille contient l’équivalent de 14 pommes (soit environ 3 pommes par tasse de jus). Aucun sucre n’est ajouté et comme le jus est non-clarifié, la seule autre étape consiste à ajouter du sorbate de potassium, qui ne change en rien le goût, mais permet de mieux conserver ce produit frais. Contrairement à la plupart des jus, le Tradition contient un peu de fibres, puisqu’il conserve une petite part de pelure et de pépins. Le produit existe également en version biologique.

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