Véronique Cloutier : authentique

Le 9 octobre 213 dernier, nous avons eu le privilège de visionner en primeur le premier épisode de la série documentaire Véro Inc. À la fin de l’épisode, un premier qualificatif nous est venu en tête : authentique. En effet, dans cette série exclusive, Véronique Cloutier se livre sans artifice, ouvre les portes de sa vie, de son métier en nous permettant de découvrir qui elle est… vraiment.  Après des années à vivre dans le milieu artistique, elle a su garder ce côté vrai qui fait assurément son charme. On comprend mieux pourquoi les Québécois l’appellent tous affectueusement « Véro ».

En toute générosité, elle nous a accordé une entrevue, le temps de quelques questions :

Canal Vie : Une des premières choses que l’on remarque dans cette série, c’est toute l’admiration que ton mari te porte. Est-ce que tu le ressens comme ça, toi aussi?

Véro : Oui, beaucoup parce que Louis, c’est quelqu’un qui me dit de façon quotidienne qu’il est fier de moi, qu’il me trouve bonne, que je suis une bonne mère pour ses enfants et c’est complètement réciproque. D’ailleurs, je pense qu’une relation amoureuse saine et durable doit reposer sur l’admiration. Ça n’a rien à voir avec le fait qu’on fasse de la télé. On admire l’autre pour ses qualités, pour ses forces, indépendamment de ce qu’il fait dans la vie. Je pense que l’admiration doit être à la base d’un couple qui fonctionne.

Canal Vie : On le voit dans la série, tu es dans une montée assez admirable en ce moment, tout va bien, tu as plein de collaborateurs, de projets, de succès. Le fait est que dans ce métier, il peut arriver que, pour une raison ou une autre, un jour, ça fonctionne moins bien et qu’on tombe dans l’ombre. Est-ce que c’est quelque chose qui te fait peur?

Véro : Je suis très sensible à cette situation qui guette n’importe qui. En même temps, je ne peux pas dire que ça habite mes pensées  tous les jours, sinon, je ne ferais plus rien. La peur, ça paralyse, ça peut être un frein à tout,  donc, je ne pense pas à ça, mais en même temps, je suis bien consciente que ça se peut. Les  artistes qui ont connu de meilleures années et qui sont maintenant dans l’ombre, je leur porte une affection particulière. J’ai une compassion énorme pour eux et j’en reçois des fois aux Enfants de la télé. C’est vraiment une joie, presque égoïste pour moi, de les voir recevoir une ovation et de les voir retrouver un peu de lumière le temps d’un instant. C’est beaucoup pour ces gens-là, et je suis très sensible à ça.

Canal Vie : On fait ce métier-là pour l’amour qu’on reçoit…

Véro : Beaucoup, et ceux qui disent que ce n’est pas ça, ils mentent.

Canal Vie : Mais est-ce que t’as une porte ouverte ailleurs, si ton métier ne fonctionnait plus? Qu’est-ce que tu ferais d’autre?

Véro : En ce moment, j’ai beaucoup de portes ouvertes, donc si une porte se ferme, je peux aller dans un autre secteur et faire en sorte que ça continue à rouler,  mais si, disons, tout s’arrêtait et que les gens disaient « Véro, on ne veut plus rien savoir d’elle ni de tout ce qu’elle fait », je me trouverais quelque chose dans le métier, mais autrement. Je pourrais être productrice au contenu sur une émission de télé ou j’ouvrirais une agence de casting, je ferais du coaching d’animation, ça, il n’y en a pas beaucoup…  J’ai un côté très pédagogue, je pense que je mettrais ça à profit.

Louis Morissette et Véronique Cloutier, lancement de Véro Inc.

Louis Morissette et Véronique Cloutier, lancement de Véro Inc.

Louis Morissette, Chantal Fortier, directrice des productions originales de Canal Vie, Véronique Cloutier et Lyne Denault, directrice principale - programmation de Canal Vie.

Louis Morissette, Chantal Fortier, Véronique Cloutier et Lyne Denault


Canal Vie : Est-ce que tes enfants ressentent une fierté due au fait que leur maman est Véronique Cloutier?

Véro : Ça commence… Ma fille vient d’avoir  11 ans, et elle, elle a allumé. Elle a compris depuis le Bye Bye. Avant, elle savait qu’on était connu, elle voyait qu’on signait des autographes, mais maintenant, elle comprend que les gens aiment ce qu’on fait. Quand on est revenu des vacances des fêtes, en janvier, je suis allée la reconduire dans la cour d’école et il y a eu un genre de commotion. Tous les amis voulaient un autographe, ils me faisaient des répliques du Bye Bye. C’était la première fois que sa mère faisait quelque chose que ses amis connaissaient. Cette journée-là, elle était vraiment fière, mais ça la dérangeait. Elle me disait « Tout le monde était après toi, je ne pouvais même pas te parler. » Je lui ai expliqué que c’était ça, ma vie.

Canal Vie : Est-ce qu’elle réalise ce que ça implique pour elle?

Véro :  Ce jour-là, elle a compris des choses et ça nous a permis d’avoir des conversations là-dessus. Je lui ai expliqué c’était quoi notre vie maintenant, et sa responsabilité par rapport à ça. Je lui ai dit: « Il faut que tu saches qu’il y a quelque chose qui vient avec le fait d’être connu, qu’il faut bien te tenir en public, que tu dises bonjour aux gens qui viennent saluer maman, si on te parle, répond. » Et je leur ai dit à tous les trois de s’arranger pour que je n’aie pas à faire une crise devant les gens parce que ça me rend folle. Je ne veux pas avoir à faire ça, les gens nous regardent, nous jugent… Donc, maintenant, Delphine est assez vieille pour comprendre. Dernièrement, elle m’a dit « Tu sais, maman, je suis vraiment très fière de toi ». C’est la plus belle chose au monde.

Canal Vie : Vos enfants, ils n’ont pas trouvé difficile d’être filmés tout le temps du projet documentaire?

Véro :  Ils sont habitués à ça, ça fait partie de leur vie. C’est si on tentait de les cacher que ça les troublerait, qu’ils trouveraient ça anormal.

Canal Vie : Est-ce que tu crois que la vie publique à laquelle ils ont été habitués, la célébrité, va avoir un impact sur leur vie future?

Véro : C’est sûr que ça va en avoir un. Grandir dans ce métier-là,  je pense que ça teinte ta vie de quelque chose de particulier. Il y en a des enfants d’artistes qui choisissent de faire autre chose, mais il y en a surtout beaucoup qui veulent faire ça à leur tour. C’est une drogue, c’est une passion, ça se transmet, c’est dans l’ADN. Je pense que le mode de vie qu’on a en ce moment va avoir un impact pour mes enfants, mais ce que je veux qu’ils retiennent surtout, c’est qu’il  y a bien d’autres façons d’être heureux dans le milieu artistique que d’être devant les caméras. Tu peux faire plein d’autres affaires trippantes et je veux qu’ils restent ouverts à ça.

Canal Vie : Tu restes très authentique comme femme, malgré le fait que tu es dans un milieu superficiel, la mode, la télé et tout, c’est important pour toi?

Véro : Très. J’essaie de mettre un peu d’humanité là-dedans… C’est primordial pour moi de rester vraie.

Canal Vie : Pour terminer, quand tu seras vieille et que tu regarderas le fil de ta vie, qu’est-ce que tu aimerais avoir réalisé pour te dire : « Mission accomplie »?

Véro :  Pour moi, ce sera d’avoir réussi à garder ma famille unie et mes enfants autour de moi, et d’avoir réalisé des choses qui m’ont rendue heureuse.

Propos recueillis par Violaine Dompierre, éditrice Canal Vie 

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