Entrevue avec Jean-Marie Lapointe

Jean-Marie Lapointe est coproducteur du documentaire Joanna Comtois : une petite fille extraordinaire et vice-président de la Fondation Espoir. Nous lui avons demandé de nous raconter un peu l'histoire de ce documentaire touchant.

Jean-Marie racontez-nous comment vous avez rencontré Joanna.

Tout d'abord, si vous le voulez bien, je vais vous raconter mon histoire avec Leucan parce que c'est comme ça que tout a commencé. Au tournant de l'an 2000, une infirmière de Sainte-Justine m'a téléphoné pour me demander d'aller rencontrer Isabelle, une adolescente de 19 ans qui vivait de l'isolement et qui avait besoin d'accompagnement. De mon côté, je cherchais mes racines profondes, un but à ma vie. J'étais en pleine recherche spirituelle, je lisais beaucoup d'écrits sur le bouddhisme, sur le sens de la vie et la conscience de ma mort. Donc, cette rencontre avec Isabelle, que j'ai vue  4-5 fois, a été déterminante pour moi. C'est à ce moment-là que j'ai signifié à Leucan ma volonté de faire partie du programme d'accompagnement en fin de vie.

Canal Vie : Vous avez donc été plus impliqué auprès des enfants malades à partir de ce moment-là?

Exactement. J'ai animé des téléthons, j'ai mené des entrevues à l'hôpital avec des enfants malade, j'ai participé aux documentaires Trisomie 21 : le défi Pérou et Le monde de Félix sur la paralysie cérébrale qui m'ont fait rencontrer beaucoup de gens importants à mes yeux. Ces rencontres ont transformé ma vie.

C'est à ce moment-là que vous avez rencontré Joanna?

En réalité, c'est une amie commune à Joanna et moi qui nous a mis en contact. Elle m'a téléphoné, m'a parlé de la Fondation Espoir, que venait de partir Joanna, du CD qu'elle réalisait et m'a demandé si je voulais l'appuyer dans les médias. J'ai décidé de communiquer avec elle, on s'est parlé deux, trois fois, mais c'est à la fête de Noël de Leucan qu'on s'est rencontrés et que la magie s'est vraiment opérée.

Le contact entre elle et vous a vraiment bien passé?

Tellement! En fait, ça été un coup de foudre d'admiration de mon côté. J'ai vu tout ce qu'elle faisait malgré la maladie et j'ai tout de suite senti dans mon coeur que j'avais envie de l'aider. Il fallait que je fasse quelque chose pour elle.

Canal Vie : Vous êtes devenus amis, en quelque sorte?

Jean-Marie

Oui, tout à fait. Il y a tout de suite eu une très grande complicité qui s'est installée entre nous deux pendant les quatre mois de relation qu'on a vécus de son vivant. J'étais en quelque sorte devenu un peu son autre frère, son second père... Bref, un très bon ami. C'était une fille extraordinaire. Dans le documentaire, j'ai voulu que ça paraisse qu'elle a touché tout le monde comme elle a réussi à me toucher moi.

Et justement, qui a eu l'idée du documentaire? Comment ça s'est passé?

J'étais au restaurant avec Lyne Denault, la vice-présidente à la programmation de Canal Vie, et on discutait de choses et d'autres. Je me suis donc mis à parler de Joanna et Lyne a un peu bondi quand elle a réalisé que je parlais de Joanna, celle qui avait démarré sa fondation, qui passait souvent dans les médias, et dont Manon LeBlanc avait refait plusieurs pièces de sa maison. C'est là qu'elle s'est dit qu'on devait faire un documentaire sur cette petite personne si émouvante.

Vous en avez parlé tout de suite à Joanna?

 

Oui, bien sûr, à Joanna et à Natacha, sa maman. Elles ont tout de suite accepté de faire ce documentaire, même si on savait tous que Joanna était sur ses derniers miles.

Joanna savait à ce moment-là que c'était bientôt terminé pour elle?

Oui, elle le savait. C'est évident qu'elle se croisait les doigts pour qu'on trouve un remède miraculeux pour la sauver. C'est un peu pour ça qu'elle a monté sa fondation... pour elle et pour les autres qui lui survivraient. Elle espérait tant qu'on trouve des remèdes à sa maladie. Elle voyait que d'autres vivaient la même chose qu'elle et ne s'apitoyait pas sur son sort.

Canal Vie : Vous avez eu le temps de la filmer avant qu'elle nous quitte?

Jean-Marie

Oui, mais seulement 3 ou 4 jours. Son état de santé ne nous permettait pas de tourner d'avantage. Il ne lui restait que quelques semaines de vie après le début du tournage. Nous avons donc pu tourner peu d'images avec elle pour ce film, mais assez pour transmettre ce qu'on voulait, assez pour dresser une image fidèle d'elle et qu'on ne l'oublie pas. En ce sens, la mission est accomplie. Le documentaire donne un bel aperçu de l'impact qu'elle a eu sur les gens.

Donc, avec ce documentaire, vous perpétuez le souvenir de Joanna et faites en sorte qu'on ne l'oublie pas?

Exactement. C'est ce qu'elle craignait le plus, Joanna, qu'on l'oublie. Mais pas de danger... Avec ce documentaire, et avec la Fondation, cette jeune femme qu'on a tous aimée ne mourra jamais.

Parlez-nous donc un peu de votre implication dans la Fondation?

Avec la Fondation Espoir, on veut garder Joanna vivante. On va assurer, sa mère et moi, une présence, on va organiser des levées de fonds, on va ainsi contribuer à réaliser le rêve de Joanna. On a déjà amassé 200 000 $, des sous qui iront à la recherche sur les tumeurs osseuses et les cancers plus rares, et on compte bien poursuivre dans cette voie.

Si vous désirez faire un don pour la recherche sur les maladies orphelines, rendez-vous sur www.espoirjoanna.ca.

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