Devine qui vient garder? – L’entrevue de François Massicotte

Les enfants de la famille Rochefort et leur gardien d'un jour, François Massicotte.

Tout d'abord, as-tu des enfants?

Oui, j’ai 3 enfants : Romain, 13 ans, Élise, 5 ans et Richie, 2 ans.

Qu’est-ce qui t’a décidé à essayer l’expérience de Devine qui vient garder? Qu’est-ce qui t’a poussé à accepter le défi?

J’aimais beaucoup le concept de l’émission. C’est aussi une chose dans laquelle je me voyais à l’aise de participer, puisque j’ai 3 enfants. Et je me suis dit tout simplement : « Ça pourrait être drôle, j’essaye! ».

Avais-tu des attentes, des peurs, des craintes au préalable? Étais-tu fébrile?

Même si je suis habitué avec les enfants, c’est sûr que j’avais certaines peurs. Par exemple, d’avoir à garder un bébé naissant; ça fait un bout que je n’ai pas eu à m’occuper d’un petit bébé, étant donné que nous avons choisi l’adoption. J’avais aussi une petite crainte d’avoir à ma charge des enfants très turbulents, ou d’avoir à gérer un grand nombre d’enfants…

Combien d'enfants as-tu gardés?

…8! De la même famille, âgés de 3 à 12 ans! J’ai constaté le tout quand je suis arrivé; dans l’entrée, il n’y avait pas une minifourgonnette, mais bien une vraie fourgonnette, une Econoline allongée, là! Et tu sais, les petits bonshommes qu’on colle dans la vitre arrière de l’auto pour représenter notre famille? Et bien, j’ai compté pour savoir combien j’allais devoir en garder… Ça prenait toute la vitre, comprends-tu!

As-tu paniqué lorsque tu as réalisé que tu allais devoir gérer 8 enfants?

Un peu, évidemment! Je me suis demandé si j’allais être capable de garder le contrôle avec 8 enfants à ma charge. Mais quand je les ai rencontrés, ils étaient tous souriants et heureux de me voir, donc ça m’a rassuré.

Aussi, mon premier réflexe, quand j’ai vu la gang d’enfants pour la première fois, a été de « spotter » les plus vieux, pour savoir qui allait pouvoir m’aider avec les plus jeunes. Ensuite, j’ai voulu vérifier l’âge de la plus jeune. Quand j’ai su qu’elle avait 3 ans, ça m’a aussi soulagé de savoir que je n’allais pas devoir changer des couches, et donner le biberon.

En quelques mots, comment décrirais-tu les enfants que tu as gardés?

Ils étaient très accueillants, pas gênés, étonnamment autonomes; ils s’entraidaient beaucoup. Ce n’était pas seulement le plus vieux qui s’occupait des plus jeunes, mais bien les 5 plus vieux! Ils savaient quoi faire, et comment prendre soin des plus petits.

Y a-t-il un moment où tu as pensé avoir perdu totalement le contrôle de la situation?

Lorsqu’il y a eu un petit drame entre deux enfants, où l’un avait fait mal à un autre. Il a fallu, de un, que je console celui qui avait mal, et de deux, que je m’occupe de celui qui avait adopté un comportement inacceptable. J’ai dû lui expliquer que ce n’était pas correct, que ça ne se faisait pas, que c’était intolérable. Donc, j’ai dû faire un peu de discipline.

Mais le réel défi était de plaire à tout le monde en même temps : les plus vieux voulaient aller faire du sport, tandis que la plus jeune de 3 ans, Léa, devait constamment être divertie. Cela dit, c’est là que tu vois que les enfants ont appris à développer des solutions : Rosalie, 8 ans, a prêté son iPod à Léa pour l’occuper pendant que nous jouions au ballon-chasseur.

Autre défi : nous sommes allés au restaurant. Avec 8 enfants, c’est quelque chose! Mais étonnamment, ça s’est super bien passé. Les plus grands s’occupaient tous seuls, et au final, je n’avais qu’à m’occuper de Léa au resto, donc ce fut une expérience très agréable.

À l’inverse, est-ce qu’il y a un moment ou une anecdote qui t’a particulièrement touché avec ces enfants? Quel fut ton moment préféré dans ta journée de gardiennage?

Oui : celui qui s’était tiraillé un peu au début, je sentais que, toute la journée, ça n’allait pas comme il voulait. Même qu’à un moment donné, il est parti seul dans le sous-sol écouter la télévision. Donc, je suis allé le voir, et j’ai tenté de jaser un peu avec lui. Je lui ai demandé s’il aimait sa journée et tout, et il m’a répondu : « Oui, j’aime ça quand tu viens nous garder! ». Ça, ça a fait ma journée.

Qu'est-ce que tu as retiré de ta journée, as-tu appris quelque chose?

C’était beau de voir à quel point les enfants s’entraidaient. Ils ont réalisé que s’ils n’aidaient pas leurs frères et sœurs, ils n’auraient pas ce qu’ils veulent. Par exemple, s’ils ne trouvent pas les sandales de la plus jeune, ils ne partiront jamais au restaurant. Donc, ils participent tous au bon fonctionnement des choses, car ils ont compris que c’est comme ça que ça doit marcher pour que tout aille bien.

À la fin de la journée, on a fait le ménage, et j’ai été étonné de voir à quel point tout le monde mettait la main à la pâte. Pendant qu’un nettoyait les planchers, un autre vidait le lave-vaisselle tandis qu’un autre occupait la plus jeune.

Mon expérience m’a fait prendre conscience qu’au premier regard, on peut se dire qu’avoir 8 enfants est impossible, mais qu’avec de l’organisation, oui, c’est possible. Lorsqu’on a autant d’enfants, on développe des techniques, des solutions, parce qu’on n’a tout simplement pas le choix de le faire, et ça se fait automatiquement!

Est-ce que cette expérience t’a donné envie d’agrandir ta famille?

En fait, nous allons bientôt être 4 dans la famille. Ma blonde en voudrait 8, mais je lui ai dit que c’était refusé! (Rires) Disons que nous allons commencer avec 4, et nous allons voir par la suite.

La famille Rochefort.

Propos recueillis par Catherine Robert, rédactrice Canal Vie

Vous aimerez aussi

Commentaires