Nouveautés

Le don de sperme
Le processus de sélection des donneurs est rigoureux et comporte plusieurs étapes : rencontre informative, présélection et bilan de santé complet qui inclut plusieurs tests tels que le spermogramme et le dépistage de MTS et V.I.H.. Ces tests sont essentiels pour s'assurer de la qualité du sperme. Une fois le candidat accepté, il pourra donner aussi souvent qu'il le désire pendant une période d'un an, à condition d'observer 2 à 3 jours d'abstinence avant chaque don. Les tests de dépistages de MTS et V.I.H. sont effectués sur une base régulière (tous les 3 mois).
Don d'ovules
Le don d'ovules est plus rare en raison de sa complexité. La présélection pour le don d'ovules est similaire à celle du don de sperme (entrevues, questionnaires et examens médicaux de base). Pour le don proprement dit, on peut choisir de procéder avec ou sans stimulation ovarienne. Dans le cas d'une stimulation ovarienne, le processus entier dure de 10 à 26 jours et comporte plusieurs étapes. La première est l'inhibition de l'activité ovarienne : l'ovulation est inhibée et une ménopause artificielle est créée. Ensuite, on procède à la stimulation ovarienne (par la prise d'hormones) pour augmenter le nombre d'ovules qui pourront être prélevés pendant le cycle. Les ovaires peuvent produire ainsi jusqu'à quinze ovules. S'ensuivent le processus de maturation des ovules et la ponction ou le prélèvement comme tel.
Pour la procédure sans stimulation ovarienne, l'équipe médicale s'adapte au cycle de la donneuse. Les étapes de l'inhibition et de la stimulation sont donc éliminées. Cette procédure comporte moins de risque quant aux effets secondaires liés à la prise d'hormones. Cependant, le nombre d'ovules récoltés est petit.
Le cadre légal
Depuis 2004, la loi fédérale C-6 sur la procréation assistée interdit de payer les donneurs de sperme et d'ovules. La loi autorise cependant les cliniques à dédommager les donneurs pour leurs déplacements, sur présentation d'un reçu. Ce montant varie d'une clinique à l'autre. Depuis l'adoption de cette loi, les cliniques ont noté une baisse du nombre de donneurs.
Autre point important, au Canada, le don de gamètes est anonyme. De plus, le Code civil du Québec ne reconnaît aucune responsabilité ni aucun droit de parenté envers l'enfant conçu à partir de don.
Santé Canada est en train de mettre sur pied une Agence canadienne de la procréation assistée. Celle-ci aura comme mandat d'établir des liens avec les cliniques pour conserver les dossiers médicaux des donneurs et de veiller à ce que les critères d'admissibilité canadiens soient respectés.
Quelques considérations éthiques :
Pour toute procédure touchant la vie humaine, il est sain de réfléchir aux questions d'éthique qu'elle soulève. Voici les deux principaux points qui suscitent le plus de débats.
L'anonymat : plusieurs intervenants remettent en question l'anonymat et demandent s'il est souhaitable de couper l'enfant à naître de sa filiation biologique.
La rémunération : l'interdiction de la rémunération imposée par la loi fédérale est liée à une question éthique cruciale : la commercialisation de matériel reproductif humain. De plus, si une telle rémunération était permise, il faudrait alors évaluer la possibilité de rémunérer les autres types de dons. Sommes-nous prêts à rémunérer les donneurs de sang? De moelle épinière? D'organes? Et comment évaluer la valeur des dons?
Pour obtenir plus d'information sur les dons d'ovules et de sperme, vous pouvez parler à votre médecin ou contacter une clinique de fertilité affiliée à un centre hospitalier ou une clinique de fertilité privée.
Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie
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