Pourquoi et comment diminuer notre consommation de plastique?

Auteur
Marie-Ève Laforte

On tend souvent à banaliser notre utilisation de plastique tellement celui-ci est présent dans nos vies. C’est si facile après tout de s’en débarrasser en le mettant dans une poubelle ou un bac de récupération et en espérant qu’il puisse être recyclé. Mais qu’en est-il vraiment et surtout, quels sont les moyens de réduire notre consommation?

 

La production et le recyclage du plastique

Mettre nos emballages au recyclage semble être une grande illusion, puisque selon le prestigieux National Geographic, seulement 9 % de tout le plastique produit dans le monde a été recyclé jusqu’à présent. Cette statistique profondément décourageante n’est pourtant que la pointe de l’iceberg : alors que la production de masse du plastique existe depuis 60 ans, une récente analyse mondiale a confirmé que la moitié de toutes les résines et les fibres utilisées pour fabriquer du plastique ont été produites depuis les 13 dernières années seulement. Notre consommation augmente donc de manière exponentielle!

Contrairement à n’importe quel autre matière (la moitié de la production d’acier, par exemple, sert à l’industrie de la construction et a une durée de vie de plusieurs décennies), le plastique n’est pas fait pour durer dans nos vies : la moitié du plastique fabriqué dans le monde devient un déchet en moins d’un an.

 

Le plastique, un problème mondial

Si le plastique délaisse rapidement nos cuisines et nos maisons, ça ne veut pas dire qu’il disparaît pour autant; cette matière prend en effet entre 400 et 500 ans pour se dégrader. Le plastique ne demeure pourtant pas entier, puisqu’il a plutôt tendance à se défaire en morceaux graduellement plus petits, qui deviennent donc de plus en plus difficile à ramasser et peuvent s’infiltrer dans les sols, intégrer des cours d’eau, être ingérés par les animaux ou encore blesser ceux-ci, etc.

Chaque année dans le monde, 8 millions de tonnes métriques de plastique se retrouvent ainsi dans les océans. Ce problème devient rapidement incontrôlable : ceci équivaut à environ 5 sacs de poubelle de déchets en plastique pour chaque 30 cm de grève, et ce, tout autour du globe!

 

Comment s’en sortir?

40 % du plastique fabriqué sert à produire des emballages. C’est-à-dire qu’il n’a même pas d’utilité en soi, sauf celle de transporter/protéger un autre objet. C’est assez fou quand on s’arrête un peu pour y penser! Une fois revenu de l’épicerie, la barquette de laitue sera tout de suite oubliée et mise de côté... Mais continuera pourtant de polluer la planète pendant 16 à 20 générations.

Il n’est pas toujours faisable d’éviter le plastique, mais c'est quand même possible de faire un grand bout de chemin au quotidien. Changer des habitudes ne se fait pas instantanément, mais la première étape demeure la conscientisation... En réalisant de plus en plus la présence du plastique (plutôt que d’éviter d’y penser), on peut commencer à chercher des alternatives et à graduellement trouver des solutions.

 

Des stratégies à appliquer

  • Face à un choix, privilégiez le carton. Même si le système de recyclage n’est pas parfait, le carton est beaucoup plus facile à recycler et moins dommageable pour l’environnement que le plastique. Achetez donc le lait dans des contenants en carton par exemple! Entre un paquet de pâtes dans une boîte en carton versus un sac de plastique, choisissez la première option. Prenez le pain qui est offert dans un sac en papier plutôt qu’en plastique, etc. Nombre de produits offrent ce choix!
  • Essayez d’acheter le moins emballé possible. Vous pouvez apporter vos propres sacs (par exemple en filet) à l’épicerie et y placer les oignons verts, poivrons, concombres, pommes de terre, laitues, fines herbes et autres fruits et légumes vendus non-emballés!
  • Apportez vos propres sacs pour les achats. C’est devenu une habitude assez acquise à l’épicerie, mais on y pense moins ailleurs : pharmacies, grandes surfaces, etc. Si vous les oubliez, demandez aux commerces s’ils ont des sacs en papier/carton (c’est le cas pour plusieurs).
  • Éliminez les bouteilles d’eau. Il n’y a absolument rien qui justifie cette étrange habitude très nord-américaine. Ce type de plastique n’est même pas recyclable! Au rythme de 8 verres par jour, la consommation annuelle coûte 0,50 $ pour l’eau du robinet et… 1 400 $ pour l’eau en bouteille. Des alternatives plus viables : un pichet/verre avec un filtre ou une cruche de 18 litres consignée.
  • Investissez dans une bouteille Thermos réutilisable. Celle-ci permet non seulement de remplacer très facilement les bouteilles d’eau, mais aussi de s’en servir pour le café et le thé (oui, même si vous l’achetez pour emporter).
  • Oubliez les produits de beauté qui contiennent des microbilles. Ces derniers sont souvent présents dans les gels lavants pour le corps ainsi que les exfoliants et même les dentifrices des grandes marques. Les bonnes vieilles barres de savon coûtent moins cher et produisent beaucoup moins d’emballage de plastique de toute façon!
  • Considérez un produit d’hygiène féminine réutilisable lors de vos menstruations. Il y en a plusieurs, ils se sont beaucoup améliorés et ne constituent pas vraiment un sacrifice. Pour de vrai!
  • Repensez la conservation des aliments. Il existe une foule de solutions réutilisables, que ce soit des pots Mason ou des boîtes bento en métal au lieu des plats en plastique, des sacs en tissu ciré au lieu des sacs style Ziploc, des films alimentaires en cire d’abeille au lieu de pellicule plastique…
  • Achetez en vrac si possible. Le vrac est en train de (re)gagner du terrain, à la fois parce qu’il est moins cher et qu'il réduit les emballages. Non seulement une poignée d’épiceries zéro déchet et de magasins spécialisés (style Bulk Barn) ont désormais pignon sur rue au Québec, mais même de plus en plus d’épiceries traditionnelles les réintègrent à leur offre. Apportez vos propres sacs en tissu pour acheter de la farine, du sucre, de l’avoine, des céréales, du riz, des fruits séchés, des collations, des biscuits et une foule d’autres gâteries! Et apportez plutôt des bouteilles ou contenants en verre pour les remplir de liquide (vinaigre, huile, savon à vaisselle ou à lessive, etc.) sur lesquels vous avez pris le soin d’écrire le poids du contenant vide.
  • Pensez à l’économie de seconde main. En plus d’être moins chère et de minimiser le gaspillage, cette solution évite d’acheter un produit neuf probablement suremballé dans le plastique. Que ce soit des articles de maison, des jouets, des outils, de l’équipement sportif ou autre, presque tout est disponible sur les sites de petites annonces ou encore les groupes spécialisés sur les réseaux sociaux!

 

Des initiatives à encourager

Il existe plusieurs organismes et entreprises qui ne baissent pas les bras, qui sont porteuses d’espoir. Voici quelques exemples.

Des pailles en bambou

OLA Bamboo

Le saviez-vous? Chaque jour aux États-Unis seulement, 500 millions de pailles en plastique sont jetées (ou 180 milliards par année). Il existe bien sûr des pailles en carton, qui se recyclent bien, mais ces dernières demeurent un objet à usage unique.

OLA Bamboo, une entreprise québécoise, propose un ensemble de 12 pailles en bambou avec une brosse en métal pour les nettoyer, pour 13 $. Vous pouvez utiliser celles-ci à la maison mais aussi les apporter au resto et refuser celles que l’on vous propose!

 

Un bracelet qui dépollue les océans

4Ocean

La compagnie américaine 4Ocean a mis au point une stratégie simple mais efficace : ils proposent des bracelets (faits avec des billes provenant de bouteilles recyclées) et pour chaque item vendu, ils s’engagent à aller chercher 1 livre de déchets dans l’océan. En 2017, ils ont donc ramassé plus de 250 000 livres de plastique et autres débris sur les côtes et dans les océans.

Les bracelets unisexe coûtent 20 $ US chacun.

 

Un ustensile de poche

Life Without Plastic

Malgré son nom anglophone, Life Without Plastic est un site Web basé au Québec, qui est devenu une référence sur le sujet. Le site est très complet et rempli d’information sur les problèmes reliés au plastique (la traduction n’est pas toujours excellente, mais il y en a une). Le site propose aussi une boutique en ligne qui offre une foule d’alternatives et de produits tous plus ingénieux les uns que les autres. Ce combo fourchette-cuillère de poche (il se plie et se range dans sa petite pochette en tissu) pour être facilement transportée dans une boîte à lunch ou un sac à main et être utilisée partout, même au resto, sur la route ou dans un avion, pour ne jamais être pris au dépourvu et éliminer les ustensiles en plastique. Un bonus : ce site effectue même ses livraisons avec des matériaux exempts de plastique, ce qui est assez rare!

« Spork » de poche en inox, 11 $.

 

En conclusion, si vous souhaitez voir des changements ou encore obtenir plus d’alternatives dans les commerces que vous fréquentez, n’hésitez surtout pas à en faire part aux personnes concernées! En tant que consommateurs, vous avez le pouvoir de faire changer les choses. Beaucoup d’initiatives se sont mises en place un peu partout dans les dernières années, à la suite des demandes des clients.

 

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