La protection hivernale des plantes

Vivement la neige! Oui, vous avez bien lu... Pour bien protéger ses plantes contre les rigueurs de l'hiver, rien ne vaut la neige. Mais il existe d'autres moyens, qui nécessitent plus d'efforts, si vous souhaitez voir fleurir les vivaces et croître les arbustes qui ornaient votre propriété, voilà encore quelques semaines.

Déterminer sa zone

D'abord, il faut bien connaître la zone de rusticité de votre secteur et vos plantes. Si vous possédez des plantes indigènes (qui vivent dans des terrains vagues dans votre région, ou plus au Nord), il sera inutile de les protéger du froid. Elles y sont habituées. Par contre, si vous avez choisi des vivaces fragiles ou des arbustes semi-rustiques, il vous faudra faire quelques efforts.

Pour connaître la zone de rusticité de votre secteur : pratico-pratiques

Les techniques

Pour assurer une protection hivernale efficace, plusieurs moyens peuvent être utilisés. Ainsi, un buttage, fabriqué à l'aide de paille, de feuilles mortes, de terreau ou de terre, sera généralement suffisant pour soustraire vos plantes aux rigueurs du climat québécois. Vous pouvez également utiliser cette méthode pour protéger les bulbes de glaïeuls ou de dahlias, plus fragiles que ceux des crocus ou des tulipes.

Une bâche en plastique transparent, tendue par des piquets aux quatre coins, ou soutenue au centre pour assurer l'aération, sera tout aussi efficace. D'ailleurs, c'est la meilleure méthode pour protéger les semis automnaux (la laitue par exemple) des nuits plus froides de cette saison de transition.

D'autres produits vendus dans des quincailleries ou des jardineries (toiles géotextiles, jute, plastiques « à bulles », voire des pots à fleurs que vous retournerez à l'envers), pourraient vous être utiles. Une règle d'or : choisissez des protections hivernales bien adaptées ou respectez la nature, autant que faire se peut.

À chacun sa méthode

Les rosiers

À l'exception des rugosa indigènes, les rosiers ont souvent besoin d'une protection adéquate pour affronter les rigueurs de l'hiver québécois, du moins lors de l'année d'implantation. Donc, il faut, dans un premier temps, bien connaître la rusticité de vos rosiers... Si vous optez pour des espèces plus fragiles, ne lésinez pas sur les efforts pour les préserver adéquatement!

Attendez que le rosier perde ses feuilles. Vous pourrez ensuite le déterrer et l'enfouir dans une fosse d'une profondeur de 90 cm. Beaucoup de travail en perspective!

D'autres préféreront le buttage. Il faut alors le recouvrir de terre (de tourbe ou de compost) jusqu'à ce que le produit atteigne 60 cm au-dessus du noeud de greffe.

Les deux méthodes les plus faciles consistent à utiliser une toile de protection (du jute ou de la clôture à neige, entre autres) ou un cône à rosier... Il suffit alors de butter la base (15 à 20 cm de terre), puis d'installer le cône, la toile ou la clôture à neige, ces deux dernières retenues par des piquets.

Pour les rosiers grimpants, il vous faudra de « l'huile de bras... » La méthode recommandée est de détacher les grandes cannes du treillis (ou tout autre support), de déraciner le rosier avec précaution, de le coucher sur le sol puis de le recouvrir de 90 cm de terre. Personnellement, je sélectionnerais plutôt un rosier grimpant adapté au climat québécois... qui ne nécessitera pas tous ces efforts.

N'oubliez pas. Si l'automne est sec, arrosez copieusement le rosier avant que la terre ne gèle... Il fera ses réserves pour affronter l'hiver!

Les arbustes

Il vous faudra aussi protéger vos arbustes contre le froid, l'accumulation de neige, le verglas et... les rongeurs qui apprécient l'écorce des arbres et arbustes. Une spirale blanche perforée assurera une protection adéquate. Un tuyau de drainage (genre Big-O), coupé sur toute sa longueur, est aussi efficace.

Diverses méthodes vous permettront de bien protéger vos petits arbres et arbustes. D'abord, plantez un tuteur (2 po par 4 po) dans le sol. L'utilisation d'une masse est recommandée. Utiliser le dos d'une hache pourrait vous valoir une belle cicatrice! Attendez que les feuilles tombent, puis attachez les branches... Entourez l'arbuste de jute ou d'une toile géotextile. Évitez les plastiques qui empêchent l'air de circuler adéquatement.

Il est important de bien signaler la présence des arbustes protégés. Imaginez les dégâts si votre déneigeur, ou les employés municipaux, les prenaient pour cible lors des opérations de déneigement!

Et les conifères

Est-il nécessaire de protéger les conifères? Les experts ne s'accordent pas sur cette question. Certains proposent de les laisser affronter l'hiver sans protection aucune. D'autres suggèrent d'attacher les branches et/ou de recouvrir les arbres de jute. À vous de choisir! Personnellement, je n'oserais jamais protéger un sapin haut de huit pieds, mais je porterais une attention particulière à un petit pin décoratif, dans un endroit où les déneigeurs risquent de déposer une neige souillée.

Là encore, n'oubliez pas d'arroser copieusement vos conifères avant les gros gels. L'air sec hivernal a tendance à les dessécher!

Doit-on protéger le gazon? Certains l'affirment. Sachez qu'il existe des toiles imperméables spécialement conçues à cet effet. Il suffit de les étendre sur l'herbe, en bordure de rue. Elles protègeront la végétation du sel et faciliteront le nettoyage printanier.

Attention! Il ne faut pas protéger vos plantes trop tôt. Un arbuste entouré d'une toile géotextile noire souffrira lors des dernières journées chaudes automnales ou lorsque les chauds rayons de soleil printanier seront de retour. Idéalement, les plantes doivent être protégées du froid après la première neige, ou si la température nocturne atteint -5˚ Celcius. Au printemps, dégagez-les sous un ciel nuageux, lorsque les risques de gros gels sont écartés. Et vous verrez la nature se réveiller... avec une grande satisfaction.

Les surprises de dame nature

Aucune règle n'est immuable dans ce bas monde, surtout en botanique. Voilà quelques années, j'ai planté deux cactus Opuntia humifosa (une plante menacée de disparition qui croît dans l'extrême Sud de l'Ontario) dans la région de Matane (Zone 4a). L'automne venu, j'ai recouvert la plante de feuilles mortes, d'une toile géotextile et de branches de conifères, en m'assurant de créer un environnement propice à l'amoncellement de neige. Au printemps suivant, les plantes, affalées sur le sol, affichaient une couleur brune peu encourageante. J'ai attendu avant de m'en départir. Puis, à la mi-juin, les deux cactus se sont redressés... Et j'ai eu droit à une floraison spectaculaire, d'une journée (notre photo)! L'an dernier, j'ai laissé un plant de clématite dans un pot de terre cuite nullement protégé. Au printemps, les branches se sont redressées et la plante grimpante m'a donné quelques rares fleurs... à mon grand étonnement.

C'est connu : Dame Nature nous réserve toujours d'agréables surprises...

Légende : Protégé adéquatement, ce cactus (zone 6) a survécu aux rigueurs de l'hiver québécois, en zone 4.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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