Vivre à l’étranger en famille, est-ce possible?

Aller vivre à l’étranger est souvent un rêve que l’on imagine, étudiant, avant d’entreprendre sa vie d’adulte. Mais il n’est pas impossible d’y rêver alors qu’on est marié et parents. Julie et Alex ont quitté Verchères pour aller vivre à Annecy, en France, près des Alpes. Avec leurs quatre enfants âgés de 9, 7, 3 ans et 18 mois. « Partir vivre à l’étranger est un rêve que mon conjoint et moi caressions depuis plus de 10 ans. Quand l’occasion s’est présentée, grâce au boulot d’Alex, on a tout de suite dit oui. J’avais envie de découvrir la France par l’intérieur en y vivant le quotidien.»

En quelques mois, le couple prépare le grand départ. Ils multiplient les appels pour préparer tous les papiers nécessaires pour leur grand déménagement. «La liste des TO-DO était longue. Beaucoup de trucs officiels mais aussi anodins auxquels nous ne pensons pas toujours. En désordre, faire les passeports des 6 membres de la famille, vendre notre voiture pas trop tôt autrement on aurait du se passer de voiture avant le départ, discuter fiscalité avec une professionnelle, annuler les abonnements aux revues, faire les changements d’adresse, trouver un locataire pour notre maison, annuler tous les services comme l’hydro, le câble, le cellulaire, etc.,  réparer des trucs dans la maison pour les locataires, trouver un entrepôt pour nos effets qu’on laisse ici, faire des boîtes et les valises, demander tous les visa et les autorisations, apporter des médicaments en quantités, penser aux assurances, etc. Ouf! Mais on a réussi à tout faire! »

Partir loin, c’est pas si mal pour les adultes. Souvent, comme c’est le cas pour Julie, c’est une expérience enrichissante et pleines de promesses. «Je suis tellement heureuse de vivre cette expérience. C’est vrai que j’ai eu quelques moments de panique devant l’ampleur de la tâche, mais j’ai respiré par le nez et j’ai pris un point à la fois que ce soit sur ma liste ou pour répondre aux exigences des autorités françaises.» Mais pour les enfants, ce projet peut sembler un peu flou au départ. «Pour les préparer, nous avons beaucoup parlé en famille de ce qui s’en venait. On leur a fait choisir leur valise. On a demandé l’adresse courriel et postale de leur copain. C’était important pour eux de garder contact avec leur amis ici. Nous avons regardé des guide de voyage, des images sur internet.»

Pour garder un lien avec le Québec, la famille a créé un blogue. «J’ai commencé un blogue, pour le moment il n’est pas très rempli parce que je l’ai surtout fait pour partager nos vies là-bas. Comme ça, pas besoin de faire de chaînes de courriel. J’inscris des petites anecdotes et y mets quelques photos. Familles et amis peuvent le consulter quand ils le désirent.» Vive la technologie pour amoindrir les distances.

La journée du déménagement, Julie était sereine. «J’étais prête et j’avais hâte. Tout était en place pour notre départ et je sentais que c’était la bonne chose que je faisais pour ma famille.»  Une fois arrivée à Annecy, la petite famille a apprivoisé doucement la ville pendant une semaine avant qu’Alex commence son boulot. «On a marcher dans toute les directions, on a lu sur la ville, on est allé à la mairie pour en savoir plus. Une journée à la fois. Je me suis fait des cartes avec mon nom, mon adresse courriel, mon adresse de blogue et quand je vais tomber sur une personne intéressante au parc ou ailleurs, je vais la donner pour garder contact. On ne sait jamais ce qui peut en découler.»

Pour les enfants, le grand projet devient réellement concret. «Ils aiment la ville, ils sont contents d’avoir la plage pas loin, mais ils s’ennuient beaucoup de leurs amis. Ils sont plus tendus entre eux, mais en même temps ils sont contents de s’avoir, ce sont les seuls amis qu’ils ont.» Puisque la famille est arrivée en été, les petits auront la chance de s’adapter avant la rentrée scolaire. Et maman aussi! «Le plus difficile c’est de gérer 4 enfants seuls parce que mon chum est au travail et qu’ils tournent quelques fois en rond. Je n’ai pas de ressources pour le moment. Je m’attendais à ce que je puisse les inscrire à des activités sportives ou récréatives pour leur permettre de rencontrer des amis, mais les inscriptions sont terminées et il est trop tard. Je dois donc improviser.»

Pour l’instant, ils sont tous en mode « exploration ». «La ville, le paysage, les montagnes, le shopping, les cafés, les boulangeries et les marchés, bref la vie européenne est tellement différente de chez nous. Mais, c’est tellement beau!»

Bientôt, le train-train commencera à s’installer : le boulot, l’école, les devoirs, etc. À travers tout ça, encore beaucoup de rêves. «Je veux apprendre à mieux me connaître et apprendre à développer certaines facettes de ma personnalité. Nous voulons voyager en Europe et apprendre aux enfants à ouvrir leur esprit à la différence. Apprendre à développer leur débrouillardise et apprendre à avoir des rêves et travailler pour les réaliser.», raconte Julie.  L’aventure continue…

Nadine Descheneaux, rédactrice

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