Si je me sépare, comment réagira mon bébé?

De plus en plus de séparations ont lieu très tôt dans la vie des enfants. Si le bébé ou le bambin ne peut mettre de mots sur ce qu’il ressent, voyons où en est son développement.

De la naissance à deux ans, l’enfant se développe incroyablement rapidement. Si sa quête d’autonomie est incessante, sa dépendance totale à ses parents est toujours bien présente et son univers est très limité.

Même s’il est pris en charge par des gens qu’il connaît bien, l’absence de la personne qui en prend soin le plus souvent le plongera dans le désarroi et l’angoisse. Pour les plus petits, l’absence de son champ de vision produira le même effet.

Des éponges

De plus, ces petites éponges captent tous les changements d’humeur et les ressentent aussitôt. Si un parent est bouleversé, il l’est tout autant. Lors de disputes, s’il ne comprend pas la teneur des propos, il est parfaitement conscient des émotions véhiculées. C’est donc important de le protéger de ces moments de tension.

Stress et régression

Au moment de la séparation, la réaction au stress peut se traduire par une régression. Il peut se réveiller la nuit, perdre l’appétit, redemander le sein, perdre les acquis sur les plans du langage, de la propreté et de la motricité. Les frayeurs et les changements subits d’humeur peuvent apparaître et l’entrée dans le terrible deux ans peut arriver plus tôt que prévu…

Un besoin constant

Afin de limiter l’anxiété, les bébés et les bambins ont un besoin criant de stabilité. Les séparations doivent être de courtes durées et l’attention qui lui est portée doit être aimante et en tout respect de ses habitudes. Il est important qu’il conserve un lien étroit avec ses deux parents et qu’il ait avec chacun d’eux des contacts fréquents. Les rencontres entre les parents doivent être cordiales.

Et la garde partagée?

Si la garde partagée n’est pas recommandée à cet âge, le parent-visiteur doit prendre le temps de réapprivoiser son enfant à chaque visite. La timidité du début ne représente pas un rejet et il ne faut pas s’en sentir blessé ou découragé. Afin d’assurer une présence constante, l’enfant pourrait afficher une photo de son autre parent près de son lit et conserver un objet lui appartenant ou un vêtement sentant son parfum.

La constance… primordiale

Bien entendu, entourer le tout-petit d’amour et en prendre soin est primordial. Respecter son environnement personnel et ses routines aussi. Son toutou, son doudou, ses jouets préférés forment un tout avec lui. Les heures d’arrivée et de départ de la garderie, les routines du matin, de la sieste, du retour à la maison, du bain et du dodo doivent le plus possible être identiques chez les deux parents.

Certains experts déconseillent, pour les bébés, les nuits occasionnelles chez le parent qui n’a pas la garde, tandis que d’autres n’y voient pas d’inconvénient. Vers l’âge d’un an, une nuit par semaine serait recommandée et vers deux ans, deux nuits non consécutives pourraient être envisagées.

La formule parfaite est différente pour chaque famille. Chaque membre qui la compose possède son tempérament et ses réactions propres. Une constance demeure : peu importe son âge, l’enfant s’adaptera plus aisément à la nouvelle situation si tous ceux qui l’entourent arrivent à créer un climat calme, sain et respectueux. Cela demande parfois un effort surhumain, mais l’équilibre émotionnel et le bonheur de son bébé combiné à l’amour inconditionnel qui lui est porté constituent un puits sans fond d’énergie. À utiliser à volonté.

Catherine Lemire, rédactrice Canal Vie

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