J'aime un de mes enfants plus que l'autre

Même si c'est un sujet tabou et que bien peu parmi nous l'admettent ouvertement, il est très courant d'avoir un « préféré » parmi nos enfants. Que faire lorsque cette situation nuit à l'équilibre familial? Que faire pour accepter et vivre cette dynamique du mieux possible, tant pour les enfants que pour les parents?

L'amour équitable envers les enfants, un mythe?

Plusieurs chercheurs et psychologues se sont penchés sur la question et il semblerait bien que le « chouchou » dans une fratrie est un fait bien plus commun qu'on veut bien le croire. Des recherches récemment menées aux États-Unis mettent en lumière que dans environ 70 % des familles (soit les deux tiers de la population totale interrogée), il y aurait un ou des enfants « préférés » par leurs parents. Cependant, dans la plupart des cas, cela n'est jamais admis ouvertement.

En fait, le tabou qui consiste à ne jamais avouer que l'on aime l'un de ses enfants plus que les autres provient surtout de la peur d'être catégorisé comme « parent indigne. » Pourtant, réfléchissons un peu... Nous sommes humains, nous avons des préférences naturelles vers certains types de personnalités et de caractère. Nous choisissons nos amis et nos relations selon ces critères.

Et même si nous ne choisissons pas nos enfants, il est naturel de penser que nos caractères ont une influence dans la manière dont nous les percevons, et par conséquent sur l'amour que nous leur portons.

Pourquoi aimons-nous un enfant plus que les autres?

Il existe plusieurs réponses à cette question... Tout dépend de circonstances qui diffèrent considérablement selon les familles. Voici quelques pistes :

Le sexe de l'enfant

Certaines personnes préfèreront leur fils ou leur fille, pour des raisons totalement aléatoires, ou ton simplement parce qu'elles ont « attendu » plus longtemps pour enfin avoir l'enfant du sexe désiré. D'ailleurs, fait assez drôle, nous avons tendance à penser que les hommes veulent un fils plus que tout, et cela est souvent vrai... Mais dans les faits, il semblerait que les mères aient généralement une préférence pour leur plus vieux fils, et les pères sont gagas devant leur plus jeune fille!

Les affinités

Si vous êtes passionné de lecture, d'arts en général et de nature, il y a fort à parier que vous serez inconsciemment plus attiré vers votre jeune qui a ces mêmes traits de caractère plutôt que par celui qui n'aime que le hockey et les jeux vidéos...

La projection

Parfois, on se reconnaît parfaitement dans l'un de ses enfants, tant sur les plans physiques, mentaux ou autres. Cela peut avoir deux effets contraires : soit on encouragera cet enfant à fond, pour qu'il devienne ce que nous n'avons pas réussi à être, soit nous porterons tout notre amour sur l'autre enfant. Eh oui, lorsque notre estime personnelle n'est pas très forte, nous ne souhaitons pas en plus être confrontés à un double de nous-mêmes.

Le caractère

Soyons honnêtes, certains jeunes sont particulièrement difficiles au quotidien! Des crises de colère, une opposition constante, une insolence démesurée sont souvent des motifs suffisants pour nous faire préférer la compagnie de l'enfant qui est toujours doux et obéissant!

Les souvenirs

Si notre fils ressemble à s'y méprendre à son père qui nous a détruit par le passé, si certains traits de son caractère sont les mêmes que ceux qu'on déteste chez d'autres membres de la famille, il y a de fortes chances que ces « détails » nous repoussent, même si c'est inconscient.

Les périodes de la vie

Parfois, nous avons l'impression que nous aimons plus un de nos enfants, alors que c'est simplement un âge en particulier qui nous plait particulièrement. Les réactions et les découvertes de votre petit de 6 ans vous enchantent alors que les culottes mouillées de celui de 2 ans vous répugnent? Attendez un peu, et vous vous rendrez peut-être compte qu'il ne s'agissait que d'une préférence passagère.

Faut-il se sentir coupable?

On ne peut se sentir coupable de ses émotions, car c'est quelque chose d'incontrôlable. Par contre, il est primordial de ne pas laisser cette préférence créer un climat nocif dans l'atmosphère familiale globale. S'il est important de reconnaître que nous avons peut-être un enfant préféré, il est aussi de notre devoir de ne pas laisser cette préférence transparaître au point de devenir envahissante et injuste pour les autres enfants.

La première chose à faire consiste à admettre ouvertement la situation... Et ouvertement ne veut pas dire le crier sur tous les toits! L'admettre simplement en son for intérieur, c'est déjà un progrès. Ensuite, il convient de prendre toutes les mesures nécessaires pour que ce sentiment ne crée pas de déséquilibre dans votre cellule familiale.

Des trucs pour une bonne harmonie familiale

Comme nous l'avons mentionné précédemment, les préférences envers un jeune plutôt qu'un autre ne devraient jamais paraître. En effet, chaque enfant devrait au final sentir que ses deux parents sont parfaitement impartiaux, pour ne pas avoir de séquelles psychologiques lorsqu'il grandira. Voici quelques façons de vous assurer que chaque enfant se sentira aimé et respecté :

  • Tâchez à tout prix de renforcer les liens avec l'enfant que vous aimez moins, avec des activités et des discussions selon SON caractère.
  • Soyez parfaitement justes dans les récompenses, punitions, cadeaux, etc.
  • Donnez autant d'attention à tous vos enfants lorsque vous êtes tous ensemble.
  • Essayez à tout prix d'accorder à chacun des petits moments privilégiés.
  • Arrêtez de comparer vos enfants entre eux, et là, on veut dire à voix haute (bien sûr) mais aussi et surtout dans votre tête. Chaque enfant est unique et doit être aimé pour ses particularités.
  • Complimentez vos deux enfants également.
  • Ne parlez pas de vos enfants comme « la gentille, le difficile, etc. » En gros, ne leur attribuez pas d'étiquettes!

Et pour finir, n'attribuez pas non plus d'étiquette à ce que vous appelez « amour. » Il est très possible, et par ailleurs parfaitement normal, que vous n'aimiez pas vos enfants de la même façon, et cela ne veut pas pour autant dire que vous aimez l'un moins que l'autre. Il existe autant de manifestations d'amour que de personnes à aimer...


Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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