Choisir d'avoir un enfant seule

Maman qui caline son bébé

Il y a à peine quelques dizaines d'années, la norme pour toutes les jeunes femmes était de se marier, puis de rester à la maison et de s'occuper des enfants pendant que leur époux gagnait l'argent nécessaire pour faire vivre sa petite (ou grande) famille. Lorsqu'il arrivait qu'une femme se retrouve enceinte sans être mariée, c'était un drame familial et un déshonneur. La « pauvre » se retrouvait souvent ostracisée et jugée.

De nos jours, il n'existe plus de normes réelles et une femme peut décider d'avoir un enfant seule. Toutes les formes de famille existent et personne ne s'aviserait de juger (en tout cas, pas ouvertement) les choix de vie de ses voisins. Si la famille monoparentale est désormais très courante, cette situation est généralement la conséquence d'une séparation ou d'un « accident ». Cependant, de plus en plus de femmes célibataires, voyant la quarantaine approcher, décident de faire un enfant toutes seules. Après plusieurs relations non concluantes, elles en viennent à se dire qu'il vaut mieux décider d'être une maman solo plutôt qu'attendre encore et risquer de ne jamais avoir d'enfant.

Les étapes pour avoir un enfant seule

Le choix du donneur de sperme

Lorsqu'une femme décide d'avoir un enfant seule, il y a deux options qui s'offrent à elle. Elle peut choisir un donneur de sperme « connu » (un ami, par exemple) ou alors faire affaire avec une banque de sperme. Dans les deux cas, il s'agit de bien réfléchir afin de prendre une décision éclairée. Si le donneur est connu, il pourra vouloir s'impliquer dans la vie de l'enfant en le voyant grandir et en remarquant, par exemple des intérêts ou des goûts communs. Si vous ne souhaitez pas que votre enfant apprenne un jour qui est son père biologique, il vaut surement mieux éviter cette option!

Si vous choisissez la banque de sperme, ici encore il y a plusieurs options. La grande majorité des cliniques de fertilité au Québec choisira pour vous le donneur, en se basant sur vos propres caractéristiques physiques.

Par contre, il existe plusieurs banques (ailleurs au Canada et à l'étranger) qui vous proposeront un « catalogue » de donneurs selon vos préférences. Vous pourrez choisir absolument tout : la couleur de cheveux et des yeux, l'origine ethnique, la taille, les intérêts, le niveau d'études et même voir des photos d'enfance de votre donneur, pour vous faire une idée de ce à quoi votre bébé pourrait ressembler. Évidemment, les services de la banque de sperme ne sont pas gratuits et il vous faudra débourser un certain montant (500 à 1000 $) afin d'obtenir une petite fiole du précieux liquide... qui vous sera expédié congelé! Le jour de l'insémination, vous n'aurez qu'à vous présenter à la clinique avec le sperme du donner choisi.

L'insémination

Ici encore, deux choix sont possibles. Il y a ce qu'on appelle l'insémination « artisanale », qui correspond à faire « la job » soi-même! Par contre, une femme qui procède de cette façon pourrait prendre plusieurs mois avant de devenir enceinte, parce que l'opération est parfaitement aléatoire! Il faut bien comprendre qu'il n'y a pas plus de chances de tomber enceinte avec une insémination artificielle que lors d'une vraie relation sexuelle, mais c'est parce que le moment est choisi méticuleusement (prise de température quotidienne, analyse du cycle sur plusieurs semaines avant de faire l'insémination, etc.) que les chances de grossesse sont plus grandes.

La majorité des femmes choisiront donc une insémination artificielle assistée médicalement. Le personnel de la clinique choisie analysera précisément quel est le meilleur moment pour procéder à l'insémination.  Il est aussi probable que la femme doive prendre des médicaments pendant quelque temps avant la date prévue de l'insémination afin de «booster» sa fertilité, comme c'est le cas à la clinique OVO :

« On débute généralement le traitement d'insémination par une médication pour stimuler les ovaires (induction de l'ovulation). Il y a également un suivi échographique pour évaluer l'évolution du traitement et planifier la date de l'insémination. L'ovulation est déclenchée par médication et 36 heures plus tard, on procède à l'insémination. »

La procédure en elle-même n'est pas très compliquée et absolument pas douloureuse : un fin cathéter sera inséré dans le vagin et quelques ml de sperme « traité » (on élimine la grande majorité du liquide séminal pour ne laisser que les spermatozoïdes actifs) sera déposé dans le vagin de la femme.

Ensuite, après 10 ou 15 minutes en position gynécologique, celle-ci pourra reprendre ses activités normales et attendre quelques semaines afin de valider ou non que l'insémination a bien fonctionné. À noter également que certaines femme plus âgées souhaitent mettre toutes leurs chances de leur côté et envisagent parfois d'utiliser la fécondation in vitro, ce qui augmente les chances d'avoir une grossesse multiple.

La grossesse

Si l'ovule a été fécondé, le reste de la grossesse se déroulera de façon totalement normale : les petits malaises, les changements hormonaux, les sautes d'humeur, etc. ne seront pas différents de ceux vécus par une femme tombée enceinte de façon traditionnelle.

Les choses à considérer

Choisir d'avoir un enfant est toujours une grande décision. C'est la vie au complet qui sera chamboulée du tout au tout. Les priorités et la réalité ne seront plus les mêmes. Dans le cas d'une femme célibataire qui choisit de devenir mère, il y a aussi d'autres considérations qu'il vaut mieux envisager avant de faire le grand saut. Par exemple :

L'aspect financier

Êtes-vous assez à l'aise financièrement pour vous permettre d'arrêter de travailler plusieurs mois sans compter sur un 2e salaire? Votre situation financière vous permettra-t-elle de fournir à votre bébé tout ce dont il a besoin?

L'aspect émotionnel et psychologique

Une grossesse est toujours un moment fort en émotions, pour toutes les femmes. Avez-vous du soutien, des amis, de la famille avec qui parler lorsque vous êtes désemparée?

Souhaitez-vous qu'une amie vous assiste lors de l'accouchement?

Et papa?

Lorsque l'enfant grandira, que lui direz-vous sur son «père»? Que souhaitez-vous que les autres lui disent? Il serait peut-être bon de commencer tout de suite à réfléchir à ça, afin de débuter votre vie avec votre bébé avec les idées parfaitement claires à ce sujet.

Le jugement

Même si les mentalités ont bien changé, cette façon de faire un enfant n'est pas encore entrée dans les moeurs, et il est possible que vous deviez faire face à la réprobation de vos proches. Soyez prête à subir quelques commentaires désobligeants!

Et après la naissance du bébé?

Un jeune bébé demande beaucoup de temps et, même à deux, les premiers mois après l'accouchement sont souvent très éprouvants. Même si vous avez décidé d'avoir cet enfant toute seule, il ne faut pas «faire la fière», mieux vaut demander l'aide de vos proches. Même la meilleure maman du monde ne peut y arriver seule...

Bien sûr, il arrive que des femmes «en couple» se retrouvent seules et doivent élever leur enfant sans aide extérieure, et elles y arrivent généralement très bien même si cela semblait impossible au début. Il n'y a donc aucune raison pour qu'une femme seule qui décide d'avoir un enfant ne soit pas une excellente mère. Les personnes qui choisissent cette option veulent expérimenter la maternité plus que tout et ont un surplus d'amour à donner à cet enfant qu'elles attendent depuis toujours.

Si «l'horloge biologique» commence à tiquer sérieusement et que cette option vous interpelle, n'hésitez pas à poser des questions à des spécialistes, à communiquer avec les cliniques de fertilité ou à vous inscrire sur des forums de mères «par choix» pour poser vos questions. Ce n'est pas tout le monde qui peut aller jusqu'au bout des démarches, mais toute décision commence par une réflexion...

Et pour finir, si la solution de l'insémination artificielle ne vous convient pas, il existe évidemment une autre possibilité de devenir une maman solo : l'adoption nationale ou internationale.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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