10 choses à ne pas révéler à ses enfants

Par souci de transparence, certains parents choisissent de considérer leurs enfants comme des amis et leur racontent absolument tout sur leur vie, leur passé, leurs émotions. Ils pensent ainsi créer une relation de complicité et se montrer tels qu’ils sont, avec leurs défauts et leurs questionnements. Mais est-ce réellement une bonne idée?

Il y a des choses qui, si elles font partie de nous et de notre expérience de vie, ne sont peut-être pas bonnes à révéler. La meilleure façon de faire, c’est généralement de parler à nos enfants de ce qui les concerne et/ou les implique directement. Bien sûr, ils adorent nous entendre raconter des histoires de notre enfance et notre jeunesse, mais il est tout de même nécessaire de mettre quelques filtres et de ne pas tout dévoiler. Voici une petite liste (non exhaustive) des anecdotes qu’il est peut-être préférable de laisser dans le flou…

1. J’ai pris de la drogue

À l’adolescence, beaucoup d’entre nous font des expériences pas toujours recommandables, du genre que nous détesterions voir nos enfants faire. Cela fait partie de la vie et il est impossible de revenir sur ces expériences, mais il n’est pas pour autant nécessaire de rentrer dans les détails et de raconter nos « trips » de jeunesse. Si nous en parlons avec nostalgie, les jeunes n’auront qu’une envie : reproduire nos actions. Nos discussions préventives n’auront ainsi plus aucune efficacité… et nos interdictions aucune crédibilité !

2. J’ai été arrêté par la police

Parfois, nous nous laissons entrainer dans des situations compromettantes. Que ce soit pour une histoire de vol à l’étalage ou de conduite d’une voiture sans permis, nos enfants n’ont pas besoin de savoir que nous n’avons pas toujours été très honnêtes.

3. J’ai eu ma première relation sexuelle avec…

Que ce soit le nom de la personne, l’âge que nous avions à l’époque ou le déroulement détaillé de l’évènement, c’est un sujet qui ne devrait pas être abordé à la table du déjeuner. Ça met déjà nos jeunes assez mal à l’aise d’imaginer que leurs parents ont une vie sexuelle, alors leur raconter notre première fois et nos expérimentations ne va pas arranger les choses. Pas nécessaire non plus de raconter des nuits torrides dans des lieux étranges avec une ou plusieurs personnes… Trop d’informations! On peut aborder les questions de prévention et leur montrer que nous sommes là pour répondre à leurs questions s’ils en ont, mais c’est bien suffisant.

4. J’ai été plus amoureux (se) d’une personne autre que ta mère/ton père

Nous avons presque tous au fond de nous le souvenir d’un premier amour qui nous a émerveillés… puis détruits! Ces souvenirs sont personnels et il ne convient pas de les partager avec un jeune qui ne comprendrait pas forcément que c’est du passé. À la moindre anicroche entre ses parents, il s’imaginerait qu’ils ne s’aiment plus (ou pas assez.)

5. J’ai « foxé » la moitié des cours au secondaire

Encore une fois, nos petits (ou grands) écarts d’adolescence ne devraient pas être révélés parce qu’ils pourraient donner de mauvaises idées. Nos enfants auront toutes les occasions, les mêmes que nous en fait, de manquer leurs cours en compagnie de leurs amis. Si on leur avoue notre comportement en détail, ils se diront sûrement que ce n’est pas si grave et que nous ne pourrons pas les punir en conséquence, puisque nous sommes passés par là.

6. J’ai trompé ton père ou celui-ci m'a trompé

Les histoires d’adultes devraient rester entre les adultes. Il ne faut jamais révéler à un enfant que son père est encore en retard parce qu’il est avec une collègue, ou que notre nouveau prof de salsa nous donne des papillons dans le ventre… Évidemment, lorsque nous sommes séparés, on peut aborder le sujet d’un nouveau partenaire, mais il faut dans tous les cas éviter les comparaisons malsaines du genre « untel est tellement plus attentionné que ton père. »

7. J’ai traversé le Canada en autostop

Ou les États-Unis, ou l’Europe… Quand on est jeune, on se met parfois dans des situations vraiment dangereuses sans penser que les conséquences pourraient être graves. On peut raconter notre période globe-trotter, mais en évitant ces anecdotes, de préférence. Bien sûr, cela n’empêchera pas nos enfants de vivre leurs propres expériences, mais ils ne nous les raconteront pas… Et c’est très bien comme ça!

8. Je déteste telle ou telle personne

Que ce soit votre belle-mère, une voisine ou même votre propre frère, vos enfants ne devraient pas connaître vos plaintes et vos sentiments à leur égard, à plus forte raison si ce sont des personnes qu’ils apprécient et rencontrent à l’occasion. Imaginez un peu son malaise de vous voir poli et hypocrite devant eux, puis de vous entendre déblatérer les pires histoires sur leur compte dès que vous repartez!

9. Je veux mourir

Nous passons tous par des moments difficiles. Parfois la dépression nous guette et nos émotions ne sont plus gérables. Évidemment, les enfants se rendent compte de cela et ils essaient au maximum de nous aider, à leur manière. Toutefois, il ne faut jamais, au grand jamais, leur révéler nos idées noires, même si nous sommes certains de ne pas les mener à terme. C’est vrai que parfois, on voudrait bien être ailleurs et avoir une autre vie, oublier les problèmes et les souffrances… Mais si l’on met des mots aussi forts sur nos sentiments, on risque d’effrayer nos enfants et il peut même arriver qu’ils se sentent ensuite responsables de notre mal-être.

10. J’ai raté ma vie

Certains jours, tout nous semble gris et nous aimerions secrètement que nos choix de vie aient été différents. Nous nous disons que nous avons choisi la mauvaise carrière, le mauvais conjoint, la mauvaise région, que nous avons raté l’éducation de nos enfants et que la famille est vraiment top conflictuelle (quelle famille de fou!)…  Ces états sont habituellement passagers, mais si on les définit par des mots aussi forts, nos enfants ne seront pas à même de comprendre que ce n’est qu’une passade. Ils vont prendre nos déclarations à la lettre et se sentir désemparés de ne pouvoir vous aider ou pire, de faire partie de cette vie que vous semblez détester.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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