La cueillette de l’eau de Pâques

Le matin de Pâques, il est de tradition de se lever tôt pour cueillir l’eau de Pâques. Pourquoi? Et quelles sont les propriétés de cette eau?

Si ce rituel fait partie des traditions un peu partout dans les pays chrétiens, c’est au Québec qu’il est le plus implanté. On se lève avant l'aube pour se rendre à une source, un ruisseau ou une rivière. Mais il y a des conditions : la source d’eau devait couler à longueur d’année, sans être stagnante.

Une fois sur place, on attend que l’aube se pointe pour cueillir le liquide, à contre-courant et le rapporter à la maison, entreposé dans des bouteilles. Cette cueillette se fait en silence, parfois en priant et avant que le soleil se pointe à l’horizon.

Cette eau a une particularité : elle ne se dégrade pas, tout comme c'est le cas de l'eau bénite.

Les propriétés de l’eau de Pâques

Les vertus attribuées à l’eau de Pâques varient d’une région à l’autre.

Dans diverses régions de la France, on lui prête des propriétés dermatologiques. Elle servirait de traitement contre l’eczéma, l’acné et la lèpre.

Au Québec, les croyants lui prêtent des vertus curatives, lorsqu’appliquée sur les yeux d’une personne. Elle préserverait de la diarrhée et guérirait de la fièvre.

Les vertus esthétiques

Outre ces propriétés, l’eau de Pâques aurait également des vertus esthétiques. Elle donnerait, selon les croyances, beauté et séduction aux femmes qui se baignaient dans l’eau d’une rivière à l'aube le matin de Pâques. De plus, elle permettrait de conserver plus longtemps la fraîcheur de la peau.

Une condition toutefois : la dame devait se baigner en secret, sans dire un mot.

Elle aurait également des vertus plus « masculines ». Les hommes n’auraient qu’à plonger dans l’eau froide, toujours à l’aube, pour obtenir force et santé.

Autres croyances

En plus de guérir et de ralentir le processus de vieillissement, l’eau de Pâques serait, selon plusieurs, un outil de protection. Il suffirait d’en asperger la maison à l’aide du rameau béni le dimanche précédant pour la protéger contre la foudre et le vent.

Les occupants tiraient également des bénéfices de ce rituel. Le liquide éloignerait les mauvais esprits et les malheurs, en plus de protéger contre les accidents mortels.

Une activité en famille

Dans plusieurs localités, la cueillette de l’eau de Pâques devient le prétexte à un rassemblement social. Des résidents et des visiteurs se regroupent bien avant l’aube pour aller prélever le précieux liquide. Certaines localités en ont même fait une activité communautaire ou touristique.

Les dangers de l’eau de Pâques

Si on lui prête de nombreuses vertus, l’eau de Pâques peut aussi être dangereuse. Elle peut contenir des parasites comme le Giardia lamblia ou le cryptosporidium.

Ces parasites, présents chez le castor, le rat musqué et les selles de chien, peuvent entraîner la formation de kystes à l’origine de maladies telles que :

  • la giardiase (fièvre du castor) qui se caractérise par une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées à répétition, des crampes abdominales et des flatulences. Les symptômes apparaissent généralement de six à 16 jours après l’absorption du liquide et durent environ un mois;

  • la cryptosporidiose dont les symptômes sont pratiquement identiques à ceux de la giardiase et qui apparaissent de deux à 25 jours après avoir bu le liquide contaminé aux excréments d’animaux sauvages. Ils durent généralement deux semaines, mais s’étirent parfois jusqu’à un mois.

Davantage un rendez-vous avec la nature qu’une quête d’un produit miraculeux, la cueillette de l’eau de Pâques est aussi une activité sociale ou familiale. Y participerez-vous cette année? Si vous y allez, observez bien le soleil. Il paraît qu’il danse en se levant, mais uniquement le matin de Pâques.

Henri Michaud, rédacteur Canal Vie

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