Le suivi de grossesse

Le suivi de grossesse

Le suivi de grossesse varie d’une femme à l’autre, puisque chaque grossesse est différente et que chaque individu possède ses propres valeurs. Cependant, au Québec, la majorité des femmes passeront à travers des étapes similaires au cours des neuf mois de grossesse. En voici les grandes lignes.

Test de grossesse

Vos menstruations tardent à venir, vous sentez vos seins gonfler, vous avez peut-être même des nausées le matin... seriez-vous enceinte? Vous décidez de passer un test de grossesse pour en avoir le cœur net.

Les tests d’urine vendus en pharmacies, qui permettent de détecter les hormones liées à la grossesse, sont généralement très fiables, souvent dès le premier jour de retard des règles. Les avancées technologiques permettent aux nouveaux tests de présenter leur résultat de façon plus claire qu’avant, ce qui réduit davantage encore les risques d’erreur.

De façon générale, sachez qu’un faux résultat positif est extrêmement rare. Les faux négatifs, s’ils ne sont pas fréquents, ont plus de chances de se présenter. Dans la majorité des cas, toutefois, le test de grossesse ne ment pas. 

Choix d’un professionnel de la santé et premier rendez-vous prénatal obligatoire

Il n’est pas dit que votre médecin habituel s’occupe de suivis prénataux. Il est probable que vous deviez choisir le professionnel de la santé qui vous accompagnera au cours des prochains mois.

Médecin en clinique 

La majorité des femmes choisissent d’être suivies par un médecin en clinique et donc, de ne se rendre à l’hôpital qu’à une ou deux reprises durant la grossesse.

Médecin à l’hôpital 

Celles qui ont des problèmes de santé ou qui présentent une grossesse à risque devront par contre souvent recourir à un suivi prénatal en milieu hospitalier.

Sage-femme

D’autres femmes choisissent de faire exercer la surveillance de leur grossesse par une sage-femme, s’assurant ainsi une approche globale et personnalisée.

Peu importe le type de suivi qui convient à vos besoins, il est essentiel que vous fassiez rapidement les démarches pour prendre rendez-vous avec un professionnel de la santé.

Premier rendez-vous 

Ce premier rendez-vous est incontestablement le plus long. Il doit avoir lieu entre la 9e et la 11e semaine de grossesse. Le professionnel de la santé vous posera plusieurs questions relativement à vos antécédents familiaux et personnels en matière de santé. Cet interrogatoire vise à déterminer si votre grossesse présente des risques potentiels. Il est important de répondre honnêtement aux questions, même si certaines vous sembleront peut-être très personnelles.

De façon générale, vous aurez un examen physiologique complet, incluant un examen gynécologique. Votre poids sera pris, ainsi que votre pression artérielle et un test de dépistage du cancer du col de l’utérus (test PAP) sera effectué.

On vous remettra également une prescription pour des analyses en laboratoire. Ces prises de sang et analyses d’urines permettent de vérifier, entre autres :

  • si vous faites de l’anémie,
  • si vous souffrez d’une maladie infectieuse que vous pouvez transmettre à votre bébé,
  • votre groupe sanguin, plus précisément le système rhésus, pour vous assurer qu’il est compatible avec celui de votre bébé,
  • si vous avez des anticorps contre la rubéole,
  • si votre taux de glycémie correspond au seuil souhaitable.

Vous recevrez les résultats de ces analyses lors de votre prochain rendez-vous médical, normalement au début du second trimestre.

Lors de cette première rencontre, votre médecin vous conseillera probablement de prendre rendez-vous pour l’échographie de datation et le Prénatest. Il pourra aussi vous parler des nouveaux examens possibles tels que le test d'ADN foetal. Ce dernier n’est toutefois pas couvert par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Il est important de savoir que le dépistage des maladies chromosomiques n’est pas obligatoire. La décision de passer les tests ou non vous revient.

Première échographie et Prénatest

Entre la 10e et la 13e semaine, on recommande aux femmes enceintes de faire une échographie de datation et d’effectuer le Prénatest. Cette échographie n’est toutefois pas obligatoire. Elle a entre autres pour utilité de permettre un dépistage précoce d’anomalies chromosomiques comme le syndrome de Down ( Trisomie 21). C’est par la mesure de la clarté nucale, jumelée à une analyse sanguine (test sérique), qu’on détecte les risques d’anomalies.

L’échographie de datation permet également, comme son nom l’indique, de déterminer l’âge exact de l’embryon. Dans les cas de grossesses gémellaires, c’est à ce moment qu’on peut savoir s’il s’agit de jumeaux monozygotes (vrais jumeaux) ou dizygotes (faux jumeaux); cette information est très importante pour déterminer si la grossesse comportera des risques élevés. Ce jour-là, vous aurez peut-être aussi la chance d’entendre pour la première fois le cœur de votre futur enfant.

Amniocentèse (si nécessaire)

L’amniocentèse est un examen intrusif; il comporte donc un certain risque de fausse couche. L’interruption de la grossesse peut survenir jusqu’à deux semaines après l’examen. Il n’est absolument pas pratiqué de façon systématique, mais il est recommandé dans certains cas.

Si les résultats de votre Prénatest laissent croire qu’il y a des risques d’anomalie, si vous êtes âgée de plus de 36 ans ou si un enfant dans votre famille a été atteint d’une anomalie chromosomique, il se peut que votre médecin la recommande. Vous êtes libre de l’accepter ou de la refuser. Elle se pratique normalement entre la 15e et la 22e semaine.

Pendant l’amniocentèse, qui s’effectue sous contrôle échographique, on insère une aiguille très fine qui traversera la paroi utérine et ira récolter quelques gouttes de liquide amniotique à l’aide d’une seringue. Après avoir retiré l’aiguille, on s’assure par une échographie que le fœtus n’a pas souffert de la manœuvre. Le liquide amniotique prélevé sera analysé et les résultats seront connus quelques semaines plus tard.

Fiabilité et risques

L’amniocentèse comporte l’avantage d’être très fiable quand vient le temps de détecter les anomalies chromosomiques. Cependant, en plus des risques qu’elle comporte, l’amniocentèse a le désavantage d’être pratiquée trop tard pour que vous puissiez recourir à un avortement normal dans le cas où vous décideriez d’interrompre la grossesse. Il serait alors nécessaire de provoquer des contractions pour donner lieu à un accouchement, ce qui peut se révéler hautement traumatique pour la femme qui met fin à sa grossesse.

Rendez-vous avec votre professionnel de la santé

Aux alentours de la 17e semaine, vous aurez habituellement un autre rendez-vous avec votre professionnel de la santé. Il vous y fera part des résultats des tests effectués au premier trimestre et procédera à un examen de routine.

Normalement, les rendez-vous se répéteront toutes les quatre semaines, pour s’assurer que la grossesse continue à se dérouler normalement et que vous ne développez pas de problèmes de santé liés à celle-ci (anémie, diabète, etc.)

Échographie morphologique

Il s’agit de l’échographie obligatoire de grossesse, pratiquée aux environs de 20e semaine d’aménorrhée. À ce stade, le fœtus est assez développé pour que la plupart des anomalies puissent être dépistées. Rassurez-vous : dans la plupart des cas, cette échographie ne fait que confirmer que le fœtus se développe normalement.

Pendant l’examen, on vérifiera le rythme cardiaque du fœtus, on mesurera son ossature et on s’assurera que ses organes vitaux sont en bonne condition.

L’échographe mesurera aussi le liquide amniotique, vérifiera que le placenta est bien positionné et que le cordon ombilical s’y insère normalement. Pendant cet examen, il vous sera peut-être possible d’apprendre le sexe du fœtus si vous le désirez. Sachez toutefois qu’il n’est pas garanti que le sexe soit visible au moment de l’échographie.

Test d’hyperglycémie provoquée pour dépister le diabète de grossesse

Vers la 28e semaine, vous effectuerez un test pour vérifier si vous souffrez ou non de diabète gestationnel. Vous devrez boire un liquide avec une forte dose de glucose. Si les résultats dépassent les seuils prévus, on vous demandera une seconde évaluation. Cette fois-ci, vous devrez être à jeun lorsque vous boirez la boisson sucrée. Trois prises de sang seront prises : l’une à jeun, la seconde une heure après avoir bu la boisson et une dernière, deux heures après. Advenant un diagnostic positif, un suivi plus serré sera fait avec votre médecin.

Visites médicales de plus en plus fréquentes

Plus la date de l’accouchement approche, plus vos rencontres avec votre professionnel de la santé seront fréquentes. Vers la 31e semaine, vous le verrez toutes les deux semaines et, à partir de la 37e semaine, toutes les semaines. Lors de ces rendez-vous, le cœur du bébé est écouté, votre pression artérielle est prise et votre rythme cardiaque est surveillé. Dès la 37e semaine, votre médecin vérifiera chaque semaine si le col de l’utérus commence sa dilatation.

Échographie (position du fœtus)

À la 32e semaine, il est possible qu’on vous suggère une autre échographie. Celle-ci sert notamment à vérifier la position du bébé ainsi que son poids et sa taille. L’échographie de la 32e semaine permet aussi à l’équipe médicale de vérifier que votre placenta est en bonne position. Il ne faut toutefois pas paniquer si le bébé ne se présente pas à la verticale, ou si votre placenta recouvre en partie le col de l’utérus.

À ce stade de la grossesse, les choses ont amplement le temps de se redresser et, le plus souvent, elles le font de façon naturelle. Si ce n’est pas le cas, des mesures devront alors être prises pour corriger la situation ou empêcher des complications de survenir.

Test de dépistage du streptocoque du groupe B

Lors d’une rencontre de routine avec votre médecin, entre la 35e et la 37e semaine de grossesse, un prélèvement sera effectué dans votre vagin et votre rectum. Celui-ci sera analysé pour détecter la présence du streptocoque du groupe B. Selon la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada, 15 à 40 % des femmes enceintes sont porteuses de la bactérie. La majorité des femmes n’ont aucun symptôme et la bactérie n’entraine aucune répercussion chez elles. Toutefois, si votre test se révèle positif, le streptocoque devra être traité lors de l’accouchement pour qu’il n’atteigne pas votre bébé. Des antibiotiques vous seront alors administrés par voies intraveineuses.

 

En route vers l’accouchement...

Le moment tant attendu approche de plus en plus. Dans quelques jours, vous tiendrez enfin votre enfant dans vos bras. Les derniers instants de la grossesse sont souvent les plus difficiles; vous êtes probablement fatiguée, parfois un peu anxieuse.

On peut considérer l’accouchement comme l’ultime étape du suivi de grossesse normal. Et comme il n’y a pas deux grossesses identiques, il n’y a pas non plus deux accouchements qui se ressemblent. Mais, ce qui est encore plus vrai, c’est que le poupon que vous serrerez contre vous bientôt sera, lui, véritablement unique.

Jeanne Dompierre et Cynthia Brunet, rédactrices Canal Vie

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