Souhaiter un bébé, mais être confronté à l'infertilité

Souhaiter un enfant, mais être confronté à l'infertilité

De nombreux couples sont confrontés à des problèmes d’infertilité lorsqu’ils essaient de concevoir un bébé. Que ce soit en raison de problèmes génétiques, de l’âge avancé des patientes, d’une incompatibilité entre l’homme et la femme, d’un problème de stérilité chez un des partenaires ou autres, il devient parfois impossible de fonder une famille.

Lorsque notre stérilité met un frein à notre rêve d’avoir un enfant

Les deux principales options pour les couples qui souffrent d’un problème d’infertilité s’avèrent l’adoption ou la procréation assistée.

Au Québec, il est possible d’adopter un enfant, mais il faut s’armer de patience. Les délais s’échelonnent parfois jusqu’à 8 ans. Un couple peut aussi se tourner vers l’adoption à l’étranger, s’il en a les moyens... Une telle démarche coûte entre 17 000 $ et 57 000 $. Consultez la liste des critères et des exigences par pays, cela vous donnera une bonne idée de la situation.

Une autre option est la procréation assistée. D’ailleurs, la technologie d’aujourd’hui a fait de grands bonds dans le domaine de la fertilité. Depuis plus d’une dizaine d’années déjà, diverses cliniques privées de fertilité ont vu le jour.

Au Québec, un programme de procréation assistée existe depuis 2010, mais malheureusement, en 2015, les règles ont été resserrées et restreignent l’accessibilité à la majorité. L’insémination artificielle demeure gratuite selon des critères définis, mais la fécondation in vitro (FIV) ne l’est plus, mis à part pour les gens qui sont atteints d’un cancer. Le programme privilégie maintenant un remboursement sous forme de crédit d’impôt qui varie, selon le revenu familial, entre 20 et 80 % du montant déboursé.

Les cliniques de procréation assistée

On retrouve des cliniques de fertilité dans plusieurs centres hospitaliers à travers le Québec. Toutefois, les services de FIV sont offerts uniquement au Centre Universitaire McGill et au Centre hospitalier Sainte-Justine. Vous pouvez également opter pour une des cliniques spécialisées telles qu’OVO, Procréa, Fertilys et le Centre de fertilité de Montréal.

Services liés à la procréation assistée

La stimulation ou l’induction de l’ovulation

Il s’agit d’établir et de prendre des médicaments hormonaux qui favoriseront l’ovulation. Dans certains cas, une injection d’hormone peut être administrée pour provoquer l’ovulation. Un monitorage sera fait pour établir le moment idéal où le couple devrait avoir une relation sexuelle.

L’insémination artificielle

Cette technique consiste à déposer le sperme du conjoint directement dans l’utérus de la femme.

La fécondation in vitro (FIV)

Celle-ci peut se faire de deux façons.  La première consiste à aller chercher les ovules de la femme dans son utérus (ponction d’ovules) pour les féconder en laboratoire avec le sperme du conjoint afin de produire des embryons. Ceux-ci évolueront pour une période de 2 à 5 jours en laboratoire afin de permettre la division des cellules et lorsque le stade de développement sera prêt, le médecin déposera un bon embryon dans l’utérus de la patiente. Cette technique se veut un peu plus naturelle, car elle laisse le travail se faire seul en laboratoire entre les ovules et les spermatozoïdes. La seconde technique ressemble à la première, mais cette fois-ci, un spermatozoïde choisi sera placé directement dans l’ovule à l’aide d’une petite aiguille. On appelle cette technique ICSI.

Le diagnostic génétique préimplantatoire

Il s’agit d’un service offert pour les parents qui sont porteurs d’une maladie génétique rare.

Des tests préliminaires

Avant d’accéder à ces interventions, il faut faire une panoplie d’examens afin de déterminer d’où vient le problème : qualité des spermatozoïdes, qualité des ovules et réserve ovarienne ou encore des tests sanguins afin de détecter diverses maladies dont des maladies génétiques.

Et c’est à partir de là que s’amorce un cheminement qui peut s’avérer très long avec plusieurs surprises et imprévus…

Comment ça fonctionne?

D’abord, il faut prendre rendez-vous avec un médecin qui vous suivra tout au long de votre processus. La durée de celui-ci variera de quelques mois à plusieurs années. Mais avant même d’avoir un premier rendez-vous, l’attente peut être de 2 mois à presque un an selon l’âge des patientes. Il est à noter que les femmes qui approchent la quarantaine sont généralement prioritaires.

Le médecin traitant vous expliquera les démarches (examens, médicaments et techniques utilisées) ainsi que tout ce qu’elles peuvent entrainer tant sur le plan physique que psychologique. Vous aurez alors le choix de continuer ou d’arrêter si cela vous semble trop ardu. C’est une étape cruciale, car cela nécessite de prendre un recul et d’évaluer les pour et les contre. Parfois, certaines personnes trop obnubilées par leur désir d’avoir un bébé à tout prix, ne tiendront pas compte de ces informations et se retrouveront confrontées à de mauvaises surprises en cours de route (effets secondaires des médicaments, coûts monétaires cachés, implication du temps personnel et impact sur la santé psychologique du couple). 

Effets secondaires possibles des médicaments hormonaux

Plusieurs effets secondaires peuvent apparaitre, au cours de la prise de certains médicaments, et différeront d’une personne à l’autre. On dénote entre autres :

  • une prise de poids,
  • une perte des cheveux,
  • l’apparition de pilosité au visage, notamment sur la région de la lèvre supérieure, sur les mamelons et sur d’autres parties du corps,
  • des problèmes de peau comme l’acné, la rosacée, la peau huileuse,
  • des sueurs nocturnes,
  • une diminution de la libido,
  • des bouffées de chaleur,
  • une dyspareunie (douleur lors des rapports sexuels),
  • le développement de kystes ovariens en début de traitements,
  • l’augmentation du volume des fibromes (pour celles qui ont déjà des fibromes),
  • des troubles du sommeil (fatigue, somnolence, insomnie),
  • un épuisement physique plus rapide,
  • des tensions et des gonflements au niveau du ventre,
  • l’aggravation d’une endométriose,
  • des douleurs articulaires et musculaires,
  • des réactions allergiques,
  • des nausées et vomissements,
  • des troubles de la vue,
  • une hypertension artérielle,
  • des troubles du système nerveux central (vertige, maux de tête, dépression et convulsions),
  • et surtout, une irritabilité (il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’une prise d’hormone artificielle, c’est-à-dire qu’il y aura une plus grosse réaction sur le corps que si les hormones étaient naturellement sécrétées).

Avec le temps, ces effets peuvent avoir des répercussions sur l’estime de soi et, par ricochet, sur la santé psychologique du couple. Il faut donc un couple solide et averti avant de s’embarquer dans cette démarche.

Coûts financiers

Avant d’entreprendre des démarches en fertilité, vous devez vous assurer d’avoir un bon coussin monétaire ou une bonne assurance personnelle.

Les centres universitaires et les cliniques spécialisées listent leurs prix différemment. Il n’est pas simple de s’y retrouver. Il y a bien sûr les frais pour les traitements spécifiques, mais à eux se rattachent les frais de consultation et ceux reliés aux médicaments. Ces derniers ne sont pas toujours couverts par la RAMQ ou par les assurances personnelles. S’ils le sont, ils ne le sont pas en entier; la majorité des assurances personnelles couvrent un maximum de 80 % des coûts.

À titre d’exemple, une FIV coûtera environ 6 000 $. Mais la facture des médicaments pour s’y préparer peut monter jusqu’à 5 000 $, parfois plus. Certaines voudront en profiter pour faire congeler un second ovule, un embryon ou le sperme de leur conjoint. Les options sont nombreuses et il s’avère difficile de refuser lorsqu’il est question d’une possible progéniture.

Lors de votre première consultation que ce soit en milieu hospitalier ou en clinique privée, n’hésitez pas à poser des questions concernant tous les frais reliés à la procréation assistée. D’ailleurs, certaines cliniques privées organisent des séances d’informations gratuites. Consultez leur site internet pour en connaitre l’horaire.

Implications au niveau du temps

Encore ici, toute démarche pour la procréation assistée implique un grand nombre de rendez-vous et d’examens médicaux. Si vous optez pour les centres universitaires, certains coûts seront moindres, mais l’attente sera plus longue. En plus, il n’incombe pas aux patients de choisir les dates des rendez-vous médicaux, des examens ou des interventions chirurgicales. Du côté des cliniques privées, vous gérerez votre horaire, mais vous aurez tout de même un très grand nombre de rendez-vous à entrer dans votre agenda. En fonction de votre travail, vous devrez probablement vous absenter plusieurs fois pour des consultations, examens et traitement en fertilité. Sans compter que les effets secondaires vous obligeront peut-être à prendre des journées de repos.

Et l’implication psychologique du couple?

Généralement, toutes ces démarches ne se font pas en peu de temps. Au fil des mois et des années, les couples sont confrontés à de mauvaises surprises, à des échecs, des déceptions, de la fatigue physique et morale qui nuisent inévitablement à leur bien-être psychologique. Il n’est pas rare de voir des couples se séparer en plein processus, car un des deux ne réussit plus à supporter la situation, ou parce que l’irritabilité et la tension dans le couple sont rendues insupportables. L’individu peut facilement se perdre à l’intérieur de ce processus, s’oubliant lui et son couple.

En plus, malheureusement, les interventions en fertilité ne se terminent pas toujours par un succès. Dans cette situation, les couples ressortent de leur expérience avec un goût amer, épuisés et peuvent même finir par se séparer. Ils pourront cependant se dire qu’ils auront au moins tout essayé pour avoir un bébé... mais est-ce que cela en valait la peine?

Il n'y a pas de bonne réponse à cette question. Chaque individu est différent, chaque parcours l’est tout autant. Il en reste que le désir d’avoir un enfant est puissant. Il faut savoir se respecter comme personne et comme couple, connaitre ses désirs les plus profonds et être capable de reconnaitre ses limites physiques, psychologiques et financières.

 

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