Papa à l'accouchement

Il y a quelques décennies, il était impensable que le futur papa assiste à l'accouchement de sa conjointe. La naissance du bébé était une affaire de femmes et de docteurs. Les pères marchaient de long en large dans les couloirs en attendant qu'on vienne les aviser que tout était terminé, ou encore ils vidaient plusieurs paquets de cigarettes dans la salle d'attente réservée aux papas dans les maternités... Eh oui, à l'époque, on leur permettait de fumer dans les hôpitaux! Aujourd'hui, tout cela a bien changé.

Les pères prennent leur rôle très à coeur et s'impliquent dans tout le processus : la grossesse, les cours prénataux, les soins au nouveau-né et bien sûr, l'accouchement. Mais quel est exactement son rôle lors de cet évènement? Comment doit-il s'y préparer?

En parler avant

La présence du papa durant l'accouchement est un sujet important qu'il faut aborder à plusieurs reprises avant la venue du bébé. Il est primordial que monsieur soit conscient des raisons qui poussent madame à réclamer sa présence à ses côtés... ou son absence (cela arrive plus souvent qu'on croit!).

À l'inverse, la future maman doit être à l'écoute de son conjoint. De nos jours, presque tous les pères assistent à la naissance de leur enfant, mais il n'est pas toujours facile de savoir s'ils le font de leur propre gré. Pour plusieurs, il semble que la décision ne soit pas vraiment personnelle et qu'elle découle d'une certaine presssion sociale.

Afin de ne pas avoir de ressentiment l'un envers l'autre, les deux parents devraient verbaliser leurs craintes et leurs espoirs, ainsi que ce qu'ils se sentent prêts à faire ou pas. Certains pères se sentent à l'aise avec le rôle de soutien qui consiste à tenir la main de la maman, lui faire des massages relaxants, la rafraichir, mais ils sont incapables de regarder et de s'impliquer physiquement dans l'accouchement.

La préparation

Pendant la grossesse, les mamans lisent tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet, mais les pères sont peut-être un peu moins plongés dans les bouquins (même s'il ne faut pas généraliser). Pour que les deux parents soient sur la même longueur d'onde, la meilleure chose à faire, encore une fois, est d'en discuter, de s'informer, de parler avec d'autres couples qui ont déjà vécu l'expérience.

Il y a aussi les cours prénataux, au cours desquels on projette souvent un film d'accouchement. On peut ensuite poser toutes les questions que l'on souhaite aux intervenants. En fait, le plus important est de ne pas garder le sujet dans le flou, puis de réclamer la présence du père à ses côtés sans qu'il n'ait pu lui aussi s'y préparer psychologiquement.

Le grand jour : spectateur ou acteur?

Même si la tendance actuelle veut que le père soit présent dans la salle d'accouchement, cela peut se faire de plusieurs façons. Il convient de respecter les besoins et les limites de chacun sans chercher à imposer quelque chose qui crée un malaise. Le futur papa peut être d'un grand soutien aux côtés de sa conjointe sans pour autant attraper le bébé à sa sortie et couper le cordon ombilical! Parmi ce qu'il peut faire pour aider, il y a :

  • L'encourager verbalement et et en douceur.
  • Lui faire un massage.
  • Rafraichir ou essuyer le visage de la maman.
  • Discuter entre les contractions.
  • Lui tenir la main pendant les contractions.
  • Prendre en note la durée des contractions et le temps entre chacune.
  • L'aider à contrôler sa respiration.
  • Regarder le bébé pendant qu'il sort.
  • Attraper le bébé.
  • Couper le cordon ombilical.
  • Déposer l'enfant sur le ventre de la maman.
  • Faire du peau à peau avec le nouveau-né pendant l’expulsion du placenta, si la nouvelle maman n’a pas la force de le tenir durant ce moment.

Si les deux parents ont suffisamment discuté du sujet avant le jour de l'accouchement, chacun saura à quoi s'attendre et ce moment magique pourra être vécu du mieux possible par tout le monde.

Les émotions

Comme pour la maman, l'accouchement est un moment bouleversant et ils ressortent changés de cette expérience. Peu importe le rôle qu'ils acceptent d'occuper lors de cette journée, les papas passent par toute une série d'émotions. Nous avons tous des manières personnelles de gérer nos émotions et il faut donc être ouvert aux différentes réactions possibles.

Plusieurs hommes ont avoué que ce n'est pas tant l'acte en lui-même qui les met mal à l'aise, mais plutôt un fort sentiment d'impuissance lorsque la femme souffre.

Les craintes

Pour les deux parents, il y a toujours des craintes. On ne peut pas connaître les réactions avant le moment, mais les thèmes les plus fréquemment abordés sont :

  • La peur de voir du sang.
  • La peur d'être dégouté par la situation, par l'odeur (oui, oui, il y a une odeur spécifique dans la salle d'accouchement, qui peut en rebuter quelques-uns).
  • La peur de faire un malaise et de s'évanouir.
  • La peur d'être maladroit, de ne pas être à la hauteur.
  • La peur d'être traumatisé par la suite, de ne plus voir sa conjointe de la même façon.

Toutes ces craintes sont légitimes et on ne peut pas les balayer en disant « Mais le chum de ma copine a adoré ça »... Chacun est différent. Il faut respecter votre conjoint et ses limites. Il est possible que, dans le feu de l'action, il se rende compte que ses craintes étaient non fondées et qu'il décide spontanément de s'impliquer au maximum avec l'équipe médicale. Il est également possible qu'il reste sagement debout derrière vous et fasse très attention à ne jamais voir quelque chose qui pourrait le dégoûter. Dans tous les cas, l'important est qu'il vous soutienne selon ses moyens.

Et si la mère ne veut pas que le père assiste à l'accouchement?

On a tendance à penser que toutes les futures mamans souhaitent être soutenues par leur conjoint, mais ce n'est pas toujours le cas. Certaines préfèrent être assistées par une autre femme, comme leur mère, leur soeur ou une amie. D'autres encore sont très gênées à l'idée que leur conjoint les voie dans cet état et préfèrent les appeler une fois que tout sera terminé. Enfin, certaines femmes souhaitent être assistées pendant la durée du travail, mais demandent au papa de sortir de la salle lors de l'expulsion.

Vivre le moment ensemble

La naissance d'un nouvel enfant est toujours un moment merveilleux et magique, mais ce n'est que le début d'une grande aventure. De plus, on ne sait jamais à l'avance comment se dérouleront les choses. On peut prévoir, mais parfois le bébé est déjà né lorsque papa arrive à l'hôpital...

Quelle que soit la manière dont vous choisissez de vivre votre accouchement, le plus important est d'être tous deux à l'aise avec votre décision.

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie

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