Les interventions les plus courantes pendant l'accouchement

Les interventions les plus courantes durant l'accouchement

L’accouchement est un moment peu prévisible. On le voudrait le plus naturel possible, mais parfois quelques interventions médicales s’avèrent nécessaires. Voici les principales.

Stimulation du travail

Lorsque la grossesse est à terme et que l’accouchement est amorcé, si votre col ne se dilate pas (ou pas suffisamment) ou si vos contractions sont trop espacées, votre médecin vous proposera une stimulation du travail. Il vous administrera par voie intraveineuse l’hormone synthétique de l’ocytocine couramment appelée Pitocin. Ce médicament permet d’accélérer le travail en augmentant la régularité, la quantité et la force des contractions. De façon générale, il est injecté en continu jusqu’à l’accouchement.

Rupture artificielle des membranes

Dans certains cas, si la membrane amniotique ne s’est pas perforée d’elle-même, il est possible que le personnel médical procède à sa rupture artificielle. Pour se faire, il faut que votre col soit légèrement dilaté. Votre médecin ou votre sage-femme insérera un long crochet en plastique dans votre vagin jusqu’au col de l’utérus et déchirera légèrement la membrane amniotique. Cette intervention n’est pas douloureuse, mais vous pourriez ressentir un léger inconfort. À la suite de la rupture de la poche des eaux, du liquide s’écoulera de votre vagin et les contractions augmenteront en intensité. Habituellement, la rupture de la poche des eaux accélère le travail.

Péridurale (ou épidurale)

Lors de cette intervention, on insère une aiguille entre deux vertèbres au bas du dos. Un cathéter est inséré par l’aiguille avant de la retirer. Par la suite, un médicament anesthésiant est injecté via le cathéter. Il s’agit d’une manière très efficace pour soulager les douleurs lors de l’accouchement. Toutefois, la péridurale n’est pas sans inconvénient. En effet, vous serez dans l’incapacité de marcher durant un moment, vous aurez peut-être des maux de tête et de la fièvre et le travail risque d’être plus long.

Césarienne

La césarienne est une opération chirurgicale qui touche maintenant près de 25 % des femmes selon l’Observatoire des tout-petits. Elle consiste à inciser la partie inférieure de l’abdomen et de l’utérus pour faire naitre un enfant quand les conditions idéales ne sont pas réunies. Réalisée le plus souvent sous anesthésie locale, la césarienne n’empêche pas la mère de vivre son accouchement même s’il ne se fait pas par les voies naturelles. L’intervention peut être décidée à l’avance ou pratiquée en dernier recours. Tout dépend de votre morphologie, de la position du bébé et du déroulement de votre accouchement.

Amnioscopie

L’amnioscopie consiste à aller vérifier l’aspect du liquide amniotique, en particulier sa clarté et sa couleur. L’intervention permet de savoir s’il y a présence de méconium (première selle du fœtus), ce qui pourrait signifier une possible souffrance fœtale. Cet examen est réalisé à l’aide d’un petit tube constitué de fibres optiques, appelé endoscope. Il est introduit dans le vagin, puis à travers le col de l’utérus pour atteindre les membranes de la cavité amniotique. L’examen ne dure que quelques minutes.

Monitorage et électrode fœtale

Pour mesurer les battements de cœur du bébé et la qualité des contractions, dès votre arrivée à l’hôpital, les médecins posent des capteurs sur votre ventre. Il est normal que le rythme cardiaque du bébé décélère pendant les contractions. Toutefois, si les battements ralentissent de façon marquée et pendant de longues secondes, ils signifient peut-être une détresse fœtale, par exemple lorsque le bébé a le cordon autour du cou.

Dans le but de mieux mesurer les réactions de l’enfant, le médecin peut installer une électrode fœtale, un fil métallique qui sert de capteur et qui est accroché sur le crâne du bébé. Pauvre petit! Mais cette spirale ne lui laissera qu’une légère cicatrice et n’est, semble-t-il, pas douloureuse. D’autres tests, comme des prises de sang, peuvent être faits pour mesurer le degré de souffrance fœtale.

Gaz hilarant et narcotique

Pour soulager la douleur pendant le travail, la femme enceinte peut se tourner vers les gaz hilarants et les narcotiques.   Le gaz hilarant est un mélange d’azote et d’oxygène. Il est inhalé à partir d’un masque ou d’un embout buccal. Il offre un soulagement quelques secondes après avoir été respiré, mais peut provoquer des étourdissements, des nausées et des pertes de mémoire.

Du côté des narcotiques, on compte entre autres la morphine et le fentanyl. Ils sont très efficaces, mais peuvent causer de nombreux effets secondaires comme des nausées, des hallucinations et de l’hypotension artérielle. Ils peuvent également avoir un impact sur le rythme cardiaque du bébé. D’ailleurs, les bébés dont la mère a pris un narcotique durant l’accouchement mettent souvent plus de temps à respirer par eux-mêmes et à commencer l’allaitement. Pour ces raisons, ils sont habituellement donnés uniquement dans la première phase du travail.

Bloc du nerf honteux

Il s’agit d’une analgésie du périnée. Elle permet de diminuer la douleur lors de la poussée et de la naissance.

Épisiotomie

L’intervention consiste en la coupure du périnée, région située entre le vagin et l’anus. L’épisiotomie est destinée à faciliter l’expulsion du bébé. Elle peut être plus ou moins grande, plus ou moins profonde, en fonction des difficultés rencontrées. L’épisiotomie est réalisée très progressivement, tissu par tissu, et recousue avec le même soin. Cette pratique est de moins en moins utilisée et est indiquée s’il y a des indices de souffrance fœtale ou pour les grands prématurés (moins de 32 semaines).

Forceps et ventouse

Il est parfois nécessaire d’assister la mère pour que le bébé puisse enfin sortir. Les forceps ou la ventouse sont alors utilisés si la mère et/ou le bébé présentent des signes de détresses à la toute fin de l’accouchement.

La ventouse est une cupule sur laquelle on branche un dispositif d’aspiration. Elle est posée sur la tête du bébé. Une légère succion est exercée afin de faciliter son passage dans le canal vaginal.

Les forceps sont en fait une pince métallique formée de deux minces cuillères. Ils sont insérés de chaque côté de la tête du bébé pour effectuer une rotation ou pour le tirer délicatement.

Ces deux méthodes peuvent causer des contusions sur la tête du bébé et augmentent le risque de déchirure vaginal et du plancher pelvien. Ces outils sont utilisés en dernier recours pour faciliter l’expulsion.

 

Il peut se passer bien des choses durant un accouchement! Mais, une chose est certaine, peu importe les interventions médicales, vous tiendrez bientôt votre petite merveille dans vos bras.

Bon accouchement!

Violaine Dompierre et Cynthia Brunet, éditrice et rédactrice Canal Vie

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