Les grossesses multiples

Les grossesses multiples

« Voyez-vous ce que je vois? », me demande la technicienne. Sur l'écran, deux petites formes gigotent. C'est l'échographie de routine pour le test de clarté nucale. Je suis enceinte de 12 semaines. Et je viens d'apprendre que nous attendons des jumeaux.

L'annonce d'une grossesse multiple peut être accueillie de plusieurs façons. On peut éprouver de la joie, de la peur ou du découragement. Ou tout cela à la fois. C'est selon notre parcours et notre situation familiale. Mais une chose est sûre, c'est le début d'une aventure... intense!

Identiques ou non?

Vous n'avez pas la berlue. Il y a bel et bien plus de jumeaux (et de triplés) qu'avant. Les femmes ont maintenant des enfants plus tard qu'avant, bien souvent dans la trentaine. Or, passées trente ans, toutes les femmes ont plus de chances d'avoir des jumeaux. C'est comme si la nature mettait les bouchées doubles en favorisant des ovulations multiples. Ce qui n'empêche pas qu'avec l'âge, la fertilité diminue. De plus en plus de couples ont donc recours à la procréation médicalement assistée. Les différentes techniques utilisées favorisent les grossesses multiples.

Jumeaux dizygotes

Les jumeaux dizygotes (ou non identiques) sont le fruit de la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes. Ils peuvent donc être du même sexe ou de sexes différents. À part le fait qu'ils partagent la même date de naissance, ces enfants ont autant de similitudes que deux enfants de la même fratrie, nés séparément. Les jumeaux dizygotes représentent près de 70 % des jumeaux et, pour les raisons expliquées plus haut, leur nombre augmente.

Les jumeaux monozygotes

Les jumeaux monozygotes (identiques), eux, sont issus de la fécondation d'un seul ovule par un spermatozoïde. Seulement, pour des raisons qui ne sont pas encore bien comprises, l'oeuf fécondé va se séparer en deux et former deux embryons. Puisqu'ils partagent le même code génétique, les foetus sont obligatoirement du même sexe et vont présenter des traits identiques.

Une grossesse « à risque »

Parce que les grossesses gémellaires présentent plus de risques, notamment au niveau de la prématurité, le suivi de grossesse est plus serré et les échographies plus fréquentes. On veut s'assurer que les foetus se développent au même rythme et qu'ils sont bien positionnés. Les médecins favorisent aussi un arrêt de travail plus tôt (autour de 24 semaines). Les symptômes (à cause d'une plus grande quantité d'hormones) peuvent être plus marqués et la fatigue ressentie est souvent plus importante.

Près de 50 % des jumeaux naissent prématurément. On parle ici d'une naissance avant 37 semaines de gestation. Le mot d'ordre est "repos". On se ménage et on réduit nos activités. La médecine moderne fait des miracles, mais il n'en demeure pas moins qu'une naissance prématurée est une épreuve exigeante pour toute la famille. Recevoir son congé de l'hôpital alors que les bébés sont encore hospitalisés, faire des allers-retours quotidiens entre la maison et l'hôpital, l'inquiétude, l'épuisement : le jeu n'en vaut pas la chandelle. Mieux vaut ralentir, quitte à s'ennuyer un peu pendant les quelques mois que dure la grossesse.

Se préparer à l'arrivée des bébés

Oui, attendre deux bébés signifie qu'il vous faudra tout en double. N'hésitez pas à faire appel à vos parents et amis. Vous serez surpris de voir tout ce qu'on voudra vous prêter ou donner. Il y a aussi les bazars et les petites annonces qui s'avéreront utiles. Certaines compagnies et certains commerces offrent des rabais ou des primes (lait maternisé gratuit, par exemple) aux parents de jumeaux. Les associations des parents de jumeaux de Montréal et de Québec ont des listes de ces entreprises.

Ces associations sont d'ailleurs des sources indispensables d'information et de soutien. Rien de tel que d'échanger avec des parents de jumeaux pour avoir l'heure juste sur ce qui vous attend, mais aussi pour demander des trucs et des conseils sur l'allaitement, les sorties, les poussettes doubles, etc.

Il faut aussi tout de suite penser à l'aide dont vous aurez besoin les premiers mois. S'occuper seule de deux poupons pendant plusieurs heures alors que papa est de retour au boulot est une tâche épuisante. Mieux vaut avoir une idée des ressources dont on dispose. Si votre situation vous empêche de faire appel à votre entourage, contactez votre CLSC. Il existe des services d'aide à domicile. Les formules varient, mais il est parfois possible d'avoir de l'aide quelques avant-midis par semaine. Il est bon également de connaitre les groupes de mamans, les maisons de la famille ou les groupes de parents de jumeaux présents dans votre quartier ou votre municipalité. L'isolement est le pire ennemi de la nouvelle maman.

Oui, élever des jumeaux est un défi de taille. Les premiers mois sont éprouvants. Mais préparez-vous à être doublement bouleversée par leurs premiers sourires, leurs premiers mots et surtout, par la grande complicité qui se développera entre eux.

Ressources

L'Association des parents de jumeaux et de triplés de la région de Montréal (APJTM) :

L'Association des parents de jumeaux et plus de la région de Québec (APJQ) :

 

Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie

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