Grossesse et maladie de Crohn

Auteur
Cynthia Brunet
Grossesse et maladie de Crohn

La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse inquiètent celles qui rêvent d’une grossesse. Pourtant, lorsque la maladie est contrôlée, les femmes qui le souhaitent pourront tomber enceintes et vivre une grossesse sereine et en santé.

Qu’en est-il de la fertilité?

Durant la phase active de la maladie de Crohn ou de la colite ulcéreuse, votre niveau de fécondité est en effet diminué. Toutefois, si vous êtes en rémission et en santé, et que vous vous alimentez bien, vous avez autant de chances de tomber enceinte que n’importe quelle autre femme.

Il en est de même chez les hommes. La maladie affecte la quantité de spermatozoïdes, néanmoins pendant la rémission, le nombre de spermatozoïdes revient à la normale. Sachez cependant que ceux atteints de la maladie devraient cesser de prendre de la sulfasalazine, car ce médicament influence directement la production de spermatozoïdes. Ce dernier devrait être remplacé par les 5-ASA.

Quelles sont les conséquences des interventions chirurgicales?

Certaines interventions chirurgicales auront aussi un impact non négligeable. L’anastomose iléo-anale avec poche (AIAP) affecterait la fertilité des femmes probablement à cause des cicatrices internes qu’elle provoque autour des trompes de Fallope. Pour cette raison, il est impératif de discuter avec votre gastroentérologue de votre désir d’avoir un enfant avant de subir cette opération.

Concernant l’ablation antérieure d’une partie de votre côlon, celle-ci n’affecterait pas votre capacité à concevoir un enfant. Dans tous les cas, il est recommandé d’attendre environ un an après une intervention chirurgicale avant de tenter de tomber enceinte.

Quand tomber enceinte?

Votre santé influencera directement le déroulement de votre grossesse à venir. Idéalement, vous attendrez une période de rémission de la maladie d’environ 6 mois avant de concevoir un enfant. Dans ces circonstances, votre grossesse se déroulera comme n’importe quelle autre. Vous et votre bébé ne courez pas plus de dangers que celles qui ne vivent pas avec la maladie.

Advenant une situation où la maladie serait active lorsque vous apprenez que vous êtes enceinte, il existe de fortes chances pour qu’elle le demeure pour les mois à venir. Les risques de fausse couche, de mort fœtale, d’accouchement prématuré ou de bébé avec un faible poids sont alors accrus.

Continuer la prise de médicaments durant la grossesse?

Le contrôle de la maladie est un incontournable pour le bon déroulement de la grossesse, la santé de votre bébé et la vôtre. La prise de médicaments s’avère donc essentielle, même si habituellement on les évite chez la femme enceinte. En effet, les dangers associés à une poussée de la maladie sont bien plus grands que ceux liés à la prise de médicaments. Bien sûr, vous devez en parler avec votre médecin afin qu’il puisse vous donner les doses nécessaires en fonction de votre état de santé.

Les études démontrent que la prise d’Aminosalicylates (5-ASA) comporte très peu de risques pour votre bébé en développement. Par conséquent, il y a plus d’avantages que d’inconvénients à prendre ce médicament afin d’assurer un contrôle de la maladie. Il peut également être pris après l’accouchement et pendant l’allaitement. 

D’autres médicaments peuvent être pris durant la grossesse, mais en tout temps vous devez valider leur impact avec votre médecin ou votre pharmacien. Rappelez-vous que votre santé est essentielle pour que votre bébé le soit aussi, sans pour autant négliger les répercussions de certains médicaments.

Quel est l’impact des symptômes de la maladie sur le fœtus?

Ne vous inquiétez pas si certains symptômes de la maladie surgissent durant votre grossesse. Les crampes, flatulences, nausées et vomissements n’affectent pas votre bébé. Toutefois, vous devez toujours être en mesure de bien vous alimenter. Ce sont la dénutrition et la déshydratation qui peuvent avoir des répercussions négatives sur la croissance de votre fœtus.

La maladie sera-t-elle transmise à votre bébé?

Selon le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), le risque de transmettre la maladie de Crohn à votre enfant se situe entre 2 à 5 % si un seul parent en est atteint. Pour la colite ulcéreuse, le risque s'établit entre 0.5 à 2 %.

Si les deux parents souffrent de la maladie, les statistiques grimpent à 1 chance sur 3.

 

Le plus important s’avère donc de bien contrôler la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse et vous connaitrez une grossesse en santé et un bel accouchement. Vous pourrez également allaiter votre bébé si vous le souhaitez. Discutez-en avec votre gastroentérologue et votre médecin qui assure votre suivi de grossesse. Ils sauront bien vous conseiller pendant cette période cruciale, mais aussi magnifique.

Pour plus d’information, consultez Crohn et Colite Canada et Maladie inflammatoire intestinale et grossesse.

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