Les fausses couches

La fausse couche

Aussi appelées avortement spontané, les fausses couches constituent la complication de grossesse la plus courante. Elles se produisent dans 15 à 20 % des grossesses confirmées. La majorité du temps, elles surviennent durant les 8 premières semaines de grossesse. Après 20 semaines de gestation, on ne parle plus de fausse couche, mais plutôt d’accouchement prématuré.  Elle laisse des traces indélébiles et engendre bien des questionnements.

Les causes

Pour une grande proportion des fausses couches, la cause demeure inconnue. Toutefois, de façon générale, le corps expulse l’embryon, car il n’aurait pas été viable :

  • Il ne se développait pas correctement dans l’utérus;
  • Il souffrait d’anomalies chromosomiques;
  • Il ne réussissait pas à s’implanter suffisamment dans l’utérus.

Les facteurs de risque

Quoique toutes les femmes puissent vivre une fausse couche durant leur vie reproductive, certains facteurs en augmentent les risques :

  • L’âge de la mère. Selon l’Institut national de santé Québec (INSPQ), une grossesse sur quatre se termine en fauche couche chez les femmes de 35 ans et plus, alors que chez les femmes de 40 ans et plus, les probabilités passent à une grossesse sur deux.
  • Une condition médicale particulière ou un problème de santé tel qu’une malformation de l’utérus, la présence de fibrome utérin, l’obésité, un diabète mal contrôlé, l’hypertension, une maladie thyroïdienne ou une infection telle que la listériose.
  • Le tabagisme et la consommation d’alcool.
  • Une chute, un accident ou la violence conjugale s’ils provoquent un décollement placentaire.

L’impact des médicaments

Dans un monde idéal, aucun médicament ne serait pris pendant la grossesse. Toutefois, la réalité est bien plus complexe. En effet, certains médicaments peuvent nuire au développement de l’embryon et, par le fait même, avoir une incidence sur les fausses couches. Néanmoins, d’autres, semble-t-il, sont sécuritaires. Dans tous les cas, il est impératif de consulter un professionnel de la santé.

Pour celles qui vivent avec une condition de santé particulière et doivent prendre des médicaments en tout temps, ceux-ci devraient être évalués avant ou au tout début de la grossesse.

Dans certaines situations, les avantages de la prise de médicaments pèsent davantage dans la balance que les inconvénients. Chaque cas doit être évalué, mais les experts ne s’entendent pas toujours. Les résultats des recherches peuvent parfois diverger ce qui rend la décision encore plus difficile. Les antibiotiques sont pointés du doigt, ainsi que la prise d’antidépresseurs. Une récente étude de l’Université de Montréal tend à démontrer qu’ils sont clairement néfastes.

Une chose est certaine, votre bien-être est primordial pour pouvoir mener une grossesse à terme. La culpabilité s’avère nocive dans un contexte de fausse couche qui pourrait être liée à une prise de médicament. L’arrêt de vos médicaments par crainte d’une possible fausse couche, le serait tout autant. Discutez-en plutôt avec votre médecin pour connaitre les options qui s’offrent à vous.

Pour en savoir plus, sur la prise de médicaments, consultez le Guide mieux vivre avec notre enfant, de la grossesse à deux ans ou infogrossesse.ca.

Les symptômes

Les symptômes les plus fréquents de la fausse couche sont :

  • des saignements (bruns ou rouges),
  • des rejets de caillots ou de tissus,
  • des douleurs, voire des crampes, dans le ventre, le bas du dos ou le pelvis,
  • la disparition des signes de la grossesse comme les nausées et les seins sensibles,
  • des pertes inhabituelles telles que du fluide rose ou transparent,
  • des étourdissements ou évanouissements.

Il est recommandé de consulter immédiatement un médecin s’il y a présence de sang, et ce, même si un léger saignement peut être normal dans certains cas.

Dans tous les cas, si vous avez des craintes, consultez un médecin dès que possible.

Le diagnostic

Le médecin procédera à un examen pelvien, à une prise de sang ainsi qu’à une échographie pour confirmer s’il y a fausse couche ou non.

Si le corps n’a pas évacué tous les tissus, on procédera à un curetage.

Le médecin évaluera également le temps de repos requis avant de retomber enceinte. Normalement, une fausse couche ne compromet pas vos chances de vivre une seconde grossesse.

Le cycle menstruel après une fausse couche avec ou sans curetage

Après une fausse couche, que vous ayez subi ou non un curetage, vous devrez vous remettre physiquement et psychologiquement de ce triste événement. Votre cycle hormonal sera probablement déréglé et vos règles tarderont peut-être à venir, ce qui est tout à fait normal.

Votre médecin vous suggérera probablement d’attendre deux cycles menstruels complets avant de tenter de retomber enceinte, afin de favoriser une prochaine nidation.

Vous devrez être patiente et prendre le temps de vivre ce deuil. Après quelques mois, vos règles reviendront et vous serez prête à vivre une seconde grossesse. Un avortement spontané ne vient pas affecter vos chances d’être à nouveau enceinte, mais il vous faudra prendre le temps nécessaire.

Éviter une fausse couche, est-ce possible?

Chez la plupart des femmes, la fausse couche demeure un événement isolé. Elles n’en sont pas responsables et elles n’auraient rien pu faire pour l’éviter. Cependant, d’autres vivront des fausses couches à répétition. Dans ces cas, il est possible d’investiguer pour tenter d’en trouver la cause et la traiter lorsque possible.

Bien que, dans la majorité des situations, on ne puisse prévenir une fausse couche, une saine alimentation, un mode de vie actif et le maintien d’un poids santé favorisent le bon développement de la grossesse. De plus, il est conseillé de ne pas fumer et ne pas consommer d’alcool. Le CHU Ste-Justine recommande également d’ajouter à son alimentation quotidienne un supplément d’acide folique de 1 mg et de vitamine D1000 UI.

Comment s’en remettre? 

Quoiqu’en disent le corps médical et votre entourage, votre fausse couche n’a rien de « normal ». C’est, pour la plupart des femmes, un deuil qui prend un certain temps à guérir. On doit mettre en veilleuse des projets et des rêves, on doit annoncer la mauvaise nouvelle à notre entourage. Bref, bien des femmes encaissent le coup comme un échec et sont souvent portées à se blâmer.

La présence du conjoint est bien sûr primordiale pour dissiper le sentiment de culpabilité. Et il ne faut pas oublier qu’il vit lui aussi cette grande déception. Il faut prendre le temps, ensemble de faire le deuil de cette grossesse.

 

Avec le temps, la tristesse s’estompera et vous pourrez envisager une nouvelle grossesse avec confiance.

Caroline Bouffard et Cynthia Brunet, rédactrices Canal Vie

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