Vous êtes enceinte et émotive? C'est normal!

Vous êtes enceinte et émotive? C'est normal!

Vous attendiez ce moment depuis des années et maintenant, ça y est : vous êtes enceinte! Mais depuis que c'est confirmé, vous pleurez à la moindre contrariété. Et que sont ces doutes qui, tout à coup, vous assaillent? Vous l'avez pourtant tellement désiré, cet enfant. Oui, oui! Vous êtes enceinte et émotive… et ça risque de durer durant un bon moment!

Est-ce normal docteur?

Oui, la grossesse, quand elle est désirée et exempte de problèmes médicaux majeurs, est une belle aventure. Mais elle est loin d'être un long fleuve tranquille. Pour la plupart des femmes, c'est plutôt une balade en montagne russe : une succession rapide de hauts et de bas, accompagnée de quelques maux de coeur et de beaucoup de sensations fortes.

Alors, soyez rassurées, mesdames, vous n'êtes pas seules à pleurer devant des pubs de papier mouchoir ou à vouloir frapper la prochaine copine qui vous donnera un conseil. Toutes les femmes, ou presque, passent par là, mais peu en parlent. Si l'on fait partie de celles qui idéalisaient la grossesse, on est complètement prise au dépourvu par ces émotions contradictoires. Pour quelques minutes, laissons de côté le discours politiquement correct et parlons des « vraies choses ».

Les hauts et les bas du premier trimestre

Il faut avouer que l'aventure ne commence pas en douceur. Les semaines qui suivent la confirmation de la grossesse ne s'avèrent pas excitantes comme vous l'espériez. Le premier trimestre n'a rien de très glamour. Les hormones nous transforment en zombie somnolent et nauséeux. Et c'est sans parler des sautes d'humeur qui, bien que très similaires à celles vécues lors du syndrome prémenstruel, sont plus aiguës et semblent ne pas vouloir s'estomper. À cela s'ajoutent les craintes de fausses couches et le stress de trouver un médecin ou une sage-femme. La joie qui nous avait envahies au début se diffuse lentement. Notre vie de tous les jours n'a pas vraiment changé et notre état n'est pas encore apparent. On vit dans l'attente.

Au-delà des hormones

Elles ont le dos large, les hormones. Oui, elles peuvent nous bouleverser le moral et nous rendre à fleur de peau, mais elles ne sont pas les seules responsables de notre émotivité pendant la grossesse. Il n'y a pas que notre corps qui soit en pleine mutation.

La grossesse, c'est la première étape d'une transformation majeure de notre vie. Il est donc tout à fait normal d'être anxieuse, émotive, craintive. On est assaillie par une foule de questions importantes. « Si je faisais ou mangeais quelque chose qui pourrait nuire au bébé? Serai-je une bonne mère? Vais-je avoir l'énergie et la patience nécessaires pour m'occuper d'un nouveau-né? Comment va se transformer mon couple dans tout ça? » On est également préoccupée par l'arrivée de l'accouchement, par son déroulement, par notre réaction face à la douleur. On est devant l'inconnu. On angoisse. C'est tout à fait normal, non?

La médicalisation

Autre source de stress : la médicalisation de la grossesse. Sans vouloir ouvrir le débat sur le sujet, avouons quand même que la plupart des femmes n'auront jamais été autant auscultées, tâtées et examinées que pendant leur grossesse. Un froncement de sourcil de la part de la technicienne à l'échographie, un coup de fil pour nous aviser qu'il faut refaire un test et nous voilà complètement bouleversées.

L'enfer, c'est les autres

Pas facile, quand on a les nerfs en boule et qu'on se sent particulièrement vulnérable, que d'accueillir les mille et un conseils des parents et copines avec une attitude zen. En fait, quand on y pense, on n'accepterait probablement jamais de se faire dire quoi faire et comment, avec tant d'insistance, dans toute autre sphère de nos vies. Un rappel : vous êtes une femme autonome et majeure. Vous et votre conjoint êtes capables de gérer vos vies et vos carrières. Faites-vous confiance! Fiez-vous à votre instinct et à vos valeurs. C'est votre grossesse, et vous seuls savez ce qui vous convient le mieux.

La grossesse, quelle belle aventure!

Le truc, pour passer à travers et rester zen, c'est se donner le droit de vivre les émotions qui nous assaillent, sans les laisser prendre le contrôle de notre vie. Il faut surtout arrêter de se demander si on est « normale » et de se comparer à nos copines. Prenez le temps de vous reposer et essayez d'apprécier ces quelques mois de répit avant l'arrivée de la petite tornade. Et surtout, n'oubliez pas : votre grossesse est tout aussi unique que vous l'êtes et que le sera l'enfant que vous portez.

 

Caroline Bouffard, rédactrice Canal Vie

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