Comment se passe un accouchement?

Comment se passe l'accouchement?

On décrit souvent l’accouchement comme une expérience merveilleuse. Toutefois, plusieurs femmes, à l’approche de ce moment crucial, sont inquiètes, car elles ne peuvent savoir comment ça se passera.

Effectivement, il est impossible de prédire le déroulement d’un accouchement; toujours, une part d’imprévu subsiste. Cependant, certaines informations peuvent vous aider à mieux comprendre le processus de la naissance et, par le fait même, à mieux gérer vos craintes.

Ça y est?

À l’approche de la fin de votre grossesse, vous serez à l’affût des signes indiquant que le moment est venu de donner naissance à votre enfant. Rares sont les femmes qui accouchent exactement à la date prévue; dès la 37e semaine, vous devez être prête à faire face à la musique.

Certains signes vous laisseront savoir que le moment approche. Vous vous sentirez plus fatiguée, plus lourde, et vous ressentirez possiblement des douleurs au dos. À l'opposé, d'autres diront qu'elles ont un regain d'énergie.

Vous aurez peut-être de « fausses contractions » (contractions de Braxton-Hicks); elles peuvent survenir quelques jours avant l’accouchement et vous laisser croire, à tort, que le moment est arrivé.

Par ailleurs, à l’approche de la perte du bouchon muqueux, vous observerez peut-être une augmentation sensible des pertes vaginales, ainsi qu’un changement dans leur apparence.

Toutefois, la perte du bouchon muqueux n’annonce pas toujours le début de l’accouchement et il est donc préférable de ne pas se dire que « ça y est » si c’est le seul signe présent!

Le bouchon muqueux ou la perte des eaux?

Éventuellement, le bouchon muqueux, qui protège le col de l’utérus, rompra définitivement. Chez certaines personnes, c’est un signe que le travail commencera sous peu, soit dans les heures qui suivent, soit dans un jour ou deux.

Le bouchon muqueux n’est cependant pas toujours facile à identifier. En plus, il est possible de le perdre en plusieurs petits fragments. Des filaments de sang se mêleront à de la glaire cervicale qui ressemble à des sécrétions vaginales, mais plus consistantes. La perte du bouchon muqueux est donc un indice que l’accouchement approche, mais ne signifie pas pour autant que c’est le moment de partir pour l’hôpital. Certaines femmes perdront leur bouchon muqueux une semaine avant l’accouchement alors que d’autres le perdront uniquement une fois le travail amorcé.

D’autres femmes confondent sa rupture avec celle de la poche amniotique. De façon générale, la rupture de la membrane amniotique provoque un écoulement liquide et clair. Lorsqu’il est abondant, il n’y a pas d’ambigüité, mais parfois la membrane peut être fissurée légèrement et ne laisser passer que quelques gouttes de liquides.

Dans le doute, communiquez avec votre médecin ou avec les infirmières de la salle d’accouchement de votre hôpital. Ils pourront vous demander de venir sur place pour vérifier s’il s’agit ou non de liquide amniotique.

Contractions

Par la suite, il est probable que vous vous mettiez à avoir des contractions utérines. Celles-ci se caractérisent par un durcissement au niveau du ventre, ainsi que des douleurs au ventre, aux reins et parfois à la vulve.

Avant de vous précipiter sur le lieu de votre accouchement, attendez que les douleurs soient régulières et relativement rapprochées. Pour gérer la douleur en attendant, vous pouvez prendre une courte douche ou un bain chaud. Si votre poche des eaux a déjà rompu, il est toutefois nécessaire de s’assurer que le bain est propre afin d’éviter tout risque d’infection. Dans tous les cas, la plupart des hôpitaux recommandent de les appeler ou de se présenter au triage dès que votre poche est brisée (ou si vous avez un doute, par exemple s’il s’écoule un liquide clair n’étant pas de l’urine).

Marcher un peu sur place peut aussi vous aider.

Si vous avez faim, n’hésitez pas à manger quelque chose, tout en écoutant votre corps.

Le moment de partir!

Si les contractions se présentent toutes les dix minutes (ou moins) et durent environ une minute chaque fois (ou plus), il est temps d’appeler à la salle d’accouchement pour les aviser et de quitter la maison. Il se peut aussi que la poche des eaux soit rompue, même si vous n’avez pas encore de contractions régulières. Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous rendre immédiatement à l’hôpital ou à la maison de naissance. Avec la perte des eaux, vous entrez officiellement en travail.

Début du travail

La première phase du travail est généralement la plus longue. Pendant les contractions, qui peuvent être irrégulières au début, le col s’efface (se raccourcit) et se dilate lentement, au rythme d’environ un centimètre par heure. À partir de trois centimètres environ, le travail s’effectue de façon beaucoup plus rapide. Les contractions sont de plus en plus rapprochées et de plus en plus intenses, la douleur est de plus en plus forte.

Notez que les contractions vont de pair avec un ralentissement du pouls; celui-ci est dû à une diminution de votre taux d’adrénaline. En effet, cette hormone est incompatible avec l’ocytocine, l’hormone à l’origine des contractions.

Les contractions feront en sorte que votre col se dilatera jusqu’à environ 10 centimètres. Lorsque le col est tout à fait effacé et dilaté et que la poche amniotique est rompue, il est temps de pousser afin d’expulser le bébé.

À votre lieu d’accouchement

À votre arrivée à votre lieu d’accouchement, vous serez examinée. On vérifiera la dilatation du col de l’utérus ainsi que votre pression et votre température. On s’assurera aussi que votre bébé se présente bien par la tête et que son cœur bat normalement.

Rasage du pubis

Il est possible que votre pubis soit rasé, pour assurer à l’obstétricien une meilleure vue. Toutefois, le rasage est désormais pratiqué de façon moins systématique qu’autrefois.

Prévenir les pertes fécales

Si vous craignez, en cours de travail, d’avoir des pertes fécales, il vous sera possible de demander un lavement rectal avant l’accouchement. Sachez que de telles pertes sont tout à fait naturelles et que personne ne vous jugera si cela vous arrive. La décision de procéder à un lavement n’appartient qu’à vous.

Interdiction de manger? De moins en moins vrai!

Selon le lieu de votre accouchement, on vous interdira peut-être de manger durant le travail. Cette pratique qui était systématique auparavant est dorénavant appelée à changer. De plus en plus de maternités vous permettront de vous alimenter si vous en avez envie.

Auparavant, il était interdit de manger durant les contractions pour éviter des complications advenant une situation où l’accouchement se terminerait en césarienne. À cette époque, les césariennes se faisaient sous anesthésie générale. Maintenant que la majorité des césariennes se font sous anesthésie locale, cette interdiction n’a plus lieu d’être.

De plus, des études, dont une américaine, démontrent qu’il est bénéfique de manger légèrement durant le travail. Il semblerait que les mères qui se permettent quelques collations arriveraient au moment de pousser avec davantage d’énergie.

Monitorage

Afin de surveiller que l’enfant à naitre se porte bien et qu’il n’est pas en souffrance, on posera sur votre ventre deux capteurs. L’un d’eux permettra de suivre le rythme cardiaque du bébé, alors que l’autre servira à mesurer la force de vos contractions. Vous entendrez distinctement le cœur de votre bébé battre pendant l’accouchement. Vous serez aussi en mesure de visualiser l’intensité de vos contractions grâce à un moniteur.

À moins que votre accouchement ne se déroule pas de façon tout à fait normale, vous pouvez demander en tout temps qu’on vous retire les capteurs pour que vous puissiez marcher, prendre un bain ou faire quelques exercices sur un ballon. On vous demandera alors de revenir après un certain temps pour refaire le monitorage durant quelques minutes.

Dans le but d’être plus proche des réactions de l’enfant, le médecin peut installer une électrode fœtale, un fil métallique qui sert de capteur et qui est accroché sur le crâne du bébé. Cette spirale ne lui laissera qu’une légère cicatrice et n’est, semble-t-il, pas douloureuse.

Épidurale

Enfin, si vous le désirez et qu’il n’y a pas de contre-indication, vous pourrez demander l’épidurale pour atténuer les douleurs de l’accouchement. Celle-ci est généralement administrée lorsque le col de l’utérus est dilaté à environ trois ou quatre centimètres. Il s’agit d’une anesthésie locale; l’anesthésiste injecte un produit entre deux vertèbres lombaires, après quoi vous ne ressentez plus les douleurs dues aux contractions. Rassurez-vous! Contrairement à une idée répandue, la péridurale, lorsqu’elle se fait correctement, ne vous empêche généralement pas de vivre les sensations relatives à l’accouchement. Elle ne fait que réduire la douleur qui s’y rattache.

Deuxième phase de l’accouchement

Les contractions deviennent de plus en plus intenses et rapprochées, votre col de l’utérus est complètement dilaté. La poche amniotique est crevée. C’est le moment où bébé va se pointer le bout du nez. Alors qu’il descend de plus en plus dans votre bassin, vous ressentirez le besoin de pousser. N’oubliez pas que les membres du personnel médical sont là pour vous guider dans cette belle aventure. Ils sauront vous dire quand pousser, quand respirer profondément. Et, éventuellement, la tête de votre bébé se montrera. Une fois qu’avec l’aide du personnel soignant la tête sera dégagée, vous pousserez à nouveau et le corps du bébé suivra.

Épisiotomie

Bien sûr, il arrive que tout ne se passe pas aussi facilement. Il se peut que le bébé ait besoin de recevoir un peu d’aide pour sortir du ventre de la mère. Parfois, quand le bébé a une grosse tête ou qu’il présente des signes de détresse, on procédera à une épisiotomie pour faciliter sa venue au monde. Ce geste médical, qui est de moins en moins courant, consiste en une petite incision, effectuée juste au moment de l’expulsion. À la suite de l’accouchement, l’épisiotomie sera suturée. La plaie guérira en quelques semaines, tout au plus.

Forceps

Il arrive aussi qu’on ait recours aux forceps pour aider une maman épuisée ou pour encourager un bébé trop gros ou trop faible à sortir. Les forceps, qui ressemblent à deux petites cuillères, seront posés sur les côtés de la tête du bébé et permettront au médecin de le tirer plus aisément hors du corps de sa mère. Les forceps peuvent laisser des traces sur la tête du nouveau-né, ou donner à son crâne une forme allongée. N’ayez crainte! Ces marques disparaitront rapidement.

Troisième phase : la délivrance

À ce stade, votre bébé est né, mais votre travail n’est pas terminé! Il vous reste encore à expulser le placenta. Normalement, cette étape, qu’on appelle la délivrance, survient quelques minutes après la naissance de l’enfant. Le placenta sera examiné par votre accoucheur, qui s’assurera qu’il est intact. Cette fois, ça y est, votre accouchement est bel et bien terminé.

Bébé est arrivé... que se passe-t-il?

À peine sorti du ventre de sa mère, le système cardio-vasculaire du bébé se met à fonctionner. C’est à ce moment qu’il pousse son premier cri. À moins qu’il y ait des complications qui nécessitent des soins urgents, on installera le bébé sur vous.

Première tétée

À ce moment-là, vous pouvez le faire téter. Un bébé naissant n’a pas besoin d’apprendre comment se nourrir au sein de sa mère; il s’agit d’un instinct inné. Juste après l’accouchement, vous ne produisez pas encore de lait à proprement parler, mais bien une autre substance, le colostrum. Il s’agit d’un liquide jaunâtre, très riche en minéraux et en anticorps.

Premiers soins

Après que bébé se soit rassasié, on coupera le cordon ombilical. Le nouveau-né sera ensuite examiné, pesé et légèrement essuyé. Le personnel soignant s’assurera que rien n’obstrue ses voies respiratoires. À moins que vous ne vous y opposiez, on lui fera une injection de vitamine K, afin de réduire les risques liés à une condition rare, mais très grave, la maladie hémorragique du nouveau-né.

Finalement, votre poupon sera à nouveau dans vos bras pour que vous puissiez être peau à peau avec lui. Il est normal que vous soyez très fatiguée à ce moment-là. Le peau à peau peut vous procurer un immense bien-être, mais l’inverse peut aussi être vrai. Parfois, après l’accouchement, des contractions subsistent et le ventre demeure douloureux. N’hésitez pas à demander de l’aide. Votre conjoint peut lui aussi pratiquer le peau à peau. Il en retirera de grands bienfaits, tout comme votre bébé. Après tout, il est normal et bénéfique que votre petit trésor fasse connaissance avec son père.

Reposez-vous!

Profitez des trop courtes journées que vous avez devant vous avant le retour à la maison pour vous reposer un peu. Le personnel soignant saura bien s’occuper de votre bébé et il s’occupera aussi de vous expliquer les petits gestes que vous devrez pratiquer au quotidien, une fois rentrée chez vous.

Nous l’avons dit, il n’y a pas deux accouchements pareils. De ce fait, il y a peu de chances pour que votre accouchement se déroule exactement de la manière décrite ici. Si vous accouchez par césarienne, ou dans des circonstances particulières (par exemple à domicile), l’expérience que vous vivrez sera sans doute complètement différente. Mais, quoi qu’il en soit, abordez-la sans crainte excessive, car l’accouchement, malgré la souffrance qu’il implique, est l’acte le plus naturel qui soit.

Jeanne Dompierre et Cynthia Brunet, rédactrices Canal Vie

 

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