Avoir un bébé… à quel prix?

Avoir des enfants est la chose la plus naturelle qui soit. Que ce soit pour assurer sa descendance, accroître la population, vivre une vie de famille ou vouloir cajoler des tout-petits, l’être humain a toujours eu besoin de procréer.

Toutefois, certains couples sont confrontés à des problèmes d’infertilité lorsqu’ils essaient de concevoir un bébé. Que ce soit en raison de problèmes génétiques, de l’âge avancé des patientes, d’une incompatibilité entre l’homme et la femme, d’un problème de stérilité chez un des partenaires ou autres, il devient dans certains cas presque inconcevable d’arriver à fonder une petite famille.

Que faire lorsqu’on veut avoir des enfants et que notre stérilité nous met des freins?

Il y a bien sûr l’adoption, mais dans ce cas il faut s’armer de patience, car l’attente pour adopter un bébé au Québec peut aller jusqu’à 8 ans. Un couple peut aussi se tourner vers l’adoption à l’étranger, s’il en a les moyens... Une telle démarche peut coûter au-delà de 5 000 $.

Par ailleurs, la technologie d’aujourd’hui a fait de grands bonds dans le domaine de la fertilité. Depuis une dizaine d’années déjà, diverses cliniques privées de fertilité ont vu le jour au Québec.

Aussi, depuis 2010, les couples voulant des enfants peuvent désormais bénéficier gratuitement du programme québécois de procréation assistée.   

Où peut-on faire ces démarches de fertilité?

Au Québec, on retrouve des cliniques de fertilité dans plusieurs centres hospitaliers de diverses régions du Québec. De plus, les cliniques spécialisées telles qu’OVOProcréale centre de reproduction McGillla clinique de fertilité de Montréal et le centre de reproduction de Québec offrent aussi les services du programme québécois de procréation assistée. Il est à noter que certains frais sont applicables pour divers examens dans ces cliniques.

Quels sont les services offerts pour la procréation assistée?

La stimulation ou l’induction de l’ovulation

Il s’agit d’évaluer quels médicaments on doit prendre pour favoriser une bonne ovulation.

L’insémination artificielle

Cette technique consiste à déposer le sperme du conjoint directement dans l’utérus de la femme.

La Fécondation In Vitro

Celle-ci peut se faire de deux façons.  La première consiste à aller chercher les ovules de la femme dans son utérus (ponction d’ovules) pour les féconder en laboratoire avec le sperme du conjoint afin de produire des embryons. Ceux-ci évolueront pour une période de 2 à 5 jours en laboratoire afin de permettre la division des cellules et lorsque le stade de développement sera prêt, le médecin déposera un bon embryon dans l’utérus de la patiente. Cette technique se veut un peu plus naturelle, car elle laisse le travail se faire seul en laboratoire entre les ovules et les spermatozoïdes. La seconde technique ressemble à la première, mais cette fois-ci, un spermatozoïde choisi sera placé directement dans l’ovule à l’aide d’une petite aiguille. On appelle cette technique ICSI.

Le diagnostic génétique préimplantatoire

Service offert pour les parents qui sont porteurs d’une maladie génétique rare.

Des tests préliminaires

Avant de pouvoir accéder à ces interventions, il faut faire une panoplie d’examens afin de déterminer d’où vient le problème : qualité des spermatozoïdes, qualité des ovules et réserve ovarienne ou encore tests sanguins afin de détecter diverses maladies dont des maladies génétiques.

Et c’est à partir de là que s’amorce un cheminement qui peut s’avérer très long pour certains couples avec plusieurs surprises et imprévus…

Comment ça fonctionne?

D’abord, il faut prendre rendez-vous avec un médecin qui vous suivra tout au long de votre processus. Ce processus peut  prendre de quelques mois à plusieurs années. Mais avant d’avoir ce rendez-vous, l’attente peut être de 2 mois à presque un an selon l’âge des patientes. Il est à noter que les femmes qui approchent la quarantaine sont généralement prioritaires.

Le médecin traitant vous expliquera les démarches (examens, médicaments et techniques utilisées) ainsi que tout ce qu’elles peuvent entraîner tant sur le plan physique que psychologique. Vous aurez alors le choix de décider si vous voulez continuer ou arrêter si cela vous semble trop ardu. C’est une étape cruciale, car cela nécessite de prendre un recul et d’évaluer les pour et les contre. Parfois, certains patients trop obnubilés par leur désir d’avoir un bébé à tout prix, ne tiendront pas compte de ces informations et se retrouveront confrontés à de mauvaises surprises en cours de route (effets secondaires des médicaments, coûts monétaires cachés, implication du temps personnel et impact sur la santé psychologique du couple). 

Effets secondaires possibles des médicaments hormonaux

Plusieurs effets secondaires peuvent apparaître en fonction des patientes, au cours de la prise de certains médicaments. On dénote entre autres :

  • une prise de poids

  • une perte des cheveux

  • l’apparition de pilosité au visage, notamment sur la région de la lèvre supérieure, sur les mamelons et sur d’autres parties du corps

  • des problèmes de peau comme l’acné, la rosacée, la peau huileuse

  • des sueurs nocturnes

  • une diminution de la libido

  • des bouffées de chaleur

  • une dyspareunie (douleur lors des rapports sexuels)

  • le développement de kystes ovariens en début de traitements

  • l’augmentation du volume des fibromes (pour celles qui ont déjà des fibromes)

  • des troubles du sommeil (fatigue, somnolence, insomnie)

  • un épuisement physique plus rapide

  • des tensions et des gonflements au niveau du ventre

  • l’aggravation d’une endométriose

  • des douleurs articulaires et musculaires

  • des réactions allergiques

  • des nausées et vomissements

  • des troubles de la vue

  • une hypertension artérielle

  • des troubles du système nerveux central (vertige, maux de tête, dépression et convulsions)

  • et surtout, une irritabilité (il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’une prise d’hormone artificielle, c’est-à-dire qu’il y aura une plus grosse réaction sur le corps que si les hormones étaient naturellement sécrétées).

Avec le temps, ces effets peuvent avoir des répercussions sur l’estime de soi de la patiente et, par ricochet, sur la santé psychologique du couple. Il faut donc un couple solide et averti avant de s’embarquer dans cette démarche.

Les coûts financiers cachés

Ce n’est pas parce que les traitements sont couverts depuis 2010 par le gouvernement qu’il ne vous en coûtera rien. Avant d’entreprendre des démarches en fertilité, vous devez vous assurer d’avoir un bon coussin monétaire ou une bonne assurance personnelle.

Certains examens médicaux sont couverts par le régime du gouvernement, mais plusieurs ne le sont pas et pas forcément remboursés par les assurances personnelles. Il est possible de faire certains examens dans les centres hospitaliers, mais l’attente peut s’avérer très longue, ce qui retarde amplement le processus en fertilité. Dans ces cas, on peut se tourner vers les cliniques privées pour passer les examens, mais il faudra en défrayer les coûts. Certains examens de fertilité qui ne sont pas couverts ni par le gouvernement ni par les assurances personnelles peuvent coûter jusqu’à 1000 $. Même chose pour les médicaments; plusieurs médicaments ne sont pas remboursables par les assurances et sont souvent les plus chers.

Il faut comprendre ici que les compagnies d’assurance sont tenues de rembourser les mêmes médicaments que ceux remboursés par RAMQ. Or, la RAMQ ne rembourse pas tous les médicaments de fertilité et certains peuvent coûter jusqu’à 1800 $.

Autre exemple : un ensemble de médicaments pour se préparer à une FIV peut coûter jusqu’à 5000 $  la tentative de FIV et même plus! Si vous êtes chanceux et que vos assurances vous remboursent les médicaments à 80 %, il vous restera quand même 20 % à rembourser sur 5 000$... faites le calcul!

Les implications au niveau du temps

Encore ici, toute démarche pour la procréation assistée implique un grand nombre de rendez-vous et d’examens médicaux. Étant donné que les traitements en fertilité sont désormais offerts par le programme québécois de procréation assistée, il n’incombe pas aux patients de choisir les dates des rendez-vous médicaux, des examens ou des interventions chirurgicales comme ils pouvaient le faire auparavant avec les cliniques privées. Il faut prendre les rendez-vous que la clinique choisit, peu importe les engagements que vous avez au boulot. Ce n’est plus le patient qui a le contrôle de son temps, mais bien la clinique qui gère le calendrier… Il faut aussi penser que vous devrez prendre plusieurs jours de congé au travail pour les rendez-vous en clinique de fertilité.

Et l’implication psychologique du couple?

Généralement, toutes ces démarches ne se font pas en peu de temps. Au fil des mois et des années, les couples sont confrontés à de mauvaises surprises, à des échecs, des déceptions, de la fatigue physique et morale qui nuisent inévitablement à leur bien-être psychologique. Il n’est pas rare de voir des couples se séparer en plein processus, car un des deux ne peut plus supporter la situation, ou parce que l’irritabilité et la tension dans le couple sont rendues insupportables. L’individu peut facilement se perdre à l’intérieur de ce processus, s’oubliant lui et son couple.

Au bout du compte, dans 20 % à 50 % des cas, les interventions en fertilité portent fruit.

En contrepartie, pour les autres, elles n’aboutissent pas…

Dans cette situation, les couples peuvent ressortir de leur expérience avec un goût amer, épuisés et peuvent même finir par se séparer. Ils peuvent aussi se dire qu’ils auront au moins tout essayé pour avoir un bébé, mais à quel prix?

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