L'alcool et la femme enceinte

L'alcool et la femme enceinte

Les experts sont unanimes : l'alcool et la grossesse ne vont pas ensemble. La femme enceinte doit consommer peu d’alcool, ou pas du tout, en particulier pendant le premier trimestre. Certains disent qu’ensuite, un verre de temps en temps (rarement!) ne semble pas nuire au bébé, mais de nombreuses femmes préfèrent ne pas prendre ce risque. Le cerveau et le système nerveux central du fœtus sont particulièrement sensibles à l’alcool.

Les conséquences concrètes

Troisième et quatrième semaine

Selon l’organisme SAFERA (Syndrome d’alcoolisation fœtale et les effets relatifs à l’alcool), la consommation d’alcool pendant la troisième et la quatrième semaine de grossesse aurait un impact sur la formation du crâne et du visage.

Quatrième, cinquième et sixième semaine

Entre la quatrième et la septième semaine, elle serait l’une des causes des fentes du palais ou des lèvres.

Septième semaine

Pendant la septième semaine, l’alcool peut causer des malformations au niveau des organes génitaux, du cœur et du diaphragme. Certains chercheurs estiment qu’il n’y a pas de seuil sécuritaire et recommandent l’abstinence totale. D’autres affirment qu’il y a un risque à partir d’une consommation par jour.

Tout au long de la grossesse

La consommation d’alcool peut engendrer une fausse couche, un bébé mort-né, un accouchement prématuré, un retard de croissance, des malformations et des dommages au cerveau.

Évidemment, les risques augmentent avec la quantité consommée et la régularité avec laquelle vous en buvez. Cependant, puisqu’aucune étude ne permet d’établir un seuil minimal sécuritaire, Santé Canada recommande de ne pas boire de boisson alcoolisée tout au long de la grossesse.

La Société canadienne de pédiatrie

La Société canadienne de pédiatrie recommande également de s’abstenir de boire pendant la gestation. L’alcool est un toxique extrêmement puissant qui agit au niveau des cellules du cortex cérébral. Dans ces conditions, quel que soit le stade de la grossesse, le risque de déficit sur cette zone reste extrêmement élevé.

Mère et enfant : liés

Le placenta ne filtre pas l’alcool qui, par conséquent, passe directement du sang de la mère au sang du bébé. La concentration d’alcool est donc la même dans le sang de la mère que dans celui du fœtus. Toutefois, le métabolisme de ce dernier prend des jours à l’éliminer, ce qui nuit à la formation de ses organes et de ses tissus.

L’une des principales causes de déficience intellectuelle

Certains seraient tentés de dire que prendre un verre de vin par jour ne peut pas faire de mal. Mais un simple verre, consommé sur une base quotidienne, augmenterait le risque d’anomalies fœtales. Tout au long de la grossesse, l’alcool agit directement sur le système nerveux et le cerveau du fœtus en formation. Les conséquences peuvent être nombreuses et causer une déficience au niveau mental, physique, comportemental ou encore être associées à un trouble d’apprentissage. Lorsqu’un enfant présente plusieurs de ces caractéristiques, il est possible de poser un diagnostic du trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF).

Dans les pays où il y a consommation de boisson alcoolisée, le TSAF représente l’une des principales causes de déficience intellectuelle et développementale.

Et la bière sans alcool?

Il est important de savoir que la bière sans alcool n’est pas toujours exempte d’alcool! En effet, les produits qui contiennent moins de 1,1 % d’alcool peuvent porter l’appellation « sans alcool ». Il n’est pas obligatoire d’indiquer une faible teneur en alcool sur les étiquettes.

Et même lorsqu’elle est indiquée, l’information n’est pas toujours véridique. Une étude réalisée par des chercheurs du Toronto Sick Kids Hospital en 2010  démontrait que près de 30 % des boissons non alcoolisées présentaient un taux d’alcool supérieur à celui indiqué sur l’étiquette. Bref, il faut consommer ces produits avec parcimonie et être consciente qu’ils ne sont pas, hors de tout doute, sans risque.

Il est préférable de se tourner vers des cocktails faits maison où l’on connait précisément les ingrédients ou encore vers des boissons non alcoolisées autres que de la bière.

Ne culpabilisez pas!

Les recommandations de Santé Canada  et du Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans ne sont pas là pour que vous culpabilisiez. Il est possible que vous ayez consommé de l’alcool avant de savoir que vous étiez enceinte ou encore avant d'être informée qu’il était préférable de ne pas en consommer du tout. Il est important d'être au fait que l’embryon ou le fœtus poursuit son développement normal dès qu’il n’y a plus d’alcool dans son sang. Il est donc toujours le moment de changer vos habitudes. Si vous avez des inquiétudes par rapport à votre consommation d’alcool, n’hésitez pas à en discuter avec votre médecin.

Violaine Dompierre et Cynthia Brunet, rédactrices Canal Vie

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