Accoucher en chantant

Émettre des sons continus et contrôlés durant l'accouchement aiderait le corps de la mère à s'ouvrir et lui permettrait de vivre ce moment important de la vie plus confiante et plus sereine tout en enveloppant son bébé du son de sa voix.

« Le chanteur doit travailler son souffle dont la force d'émission correspond à la vigueur de la sangle abdominale, à la bascule du bassin, à l'amplification costale. Or, toute cette mobilisation fonctionnelle intéresse les mêmes zones que la femme qui accouche. », lit-on dans Les cahiers du nouveau-né 5 L'aube des sens.

Pour plus de force

En accompagnant les contractions de sons, en les vivant dans toute leur intensité, la maman se trouve investie du premier rôle de son accouchement. En permettant à la douleur d'entrer profondément dans son corps pour traverser les contractions, la femme prend conscience de sa force et fait de plus en plus confiance à son instinct. Selon la sage-femme Isabelle Brabant, « Émettre des sons aide le corps à produire ses propres remèdes à la douleur : les endorphines. »

Mathieu Chaput, papa de Zachary et Raphaël, témoigne : « Quand ma blonde s'est mise à chanter, c'était vraiment beau. Je la sentais plus détendue qu'au premier accouchement durant lequel elle n'avait pas chanté. Elle était plus concentrée, plus à l'écoute de son corps, plus confiante. »

Un travail plus efficace

Ce père n'est pas le seul à l'avoir remarqué. « De temps en temps on va rencontrer des femmes extraordinaires, raconte Nathalie Gendron, infirmière clinicienne à l'hôpital Sacré-Coeur. Elles s'expriment avec des sons graves ou aigus qui forment une mélodie. Elles dilatent et poussent généralement mieux. Il n'y a pas d'hyperventilation ou de perte d'énergie à force de crier. Ces mamans ont une bonne maîtrise de leur corps et de leur respiration. C'est une façon pour elles de s'exprimer malgré la douleur. »

« Plus le bébé descend, plus la voix de la femme baisse. À l'expulsion, la femme atteindra sa voix la plus basse à vie à cause de l'ouverture du bassin », ajoute l'accompagnante à la naissance Mireille Boulanger-Nadeau.

Un plus aux cours prénataux

Suivre les ateliers de chant prénatal casse la gêne. La maman s'habitue à travailler avec les sons, à canaliser son énergie. Elle en connaît les bénéfices pour sa respiration et elle sait que les sons les apaisent, elle et son bébé.

Le chant prénatal constitue un complément aux cours prénataux classiques. Offerts par des animatrices ayant suivi une formation professionnelle, les ateliers en petits groupes, d'une durée variant entre une heure et une heure et demie, se déroulent sur six à huit semaines. Les tarifs diffèrent d'une région à l'autre, mais se situent entre 10 et 20 $/ l'heure pour tout le Québec.

Le déroulement

À partir du quatrième mois de la grossesse, la future maman s'éveille corporellement et vocalement, pratique sa respiration, des vocalises ainsi que des chansons de grossesse, de bienvenue, des berceuses et des bercements. Chaque atelier propose un moment de détente et de visualisation de même qu'un moment réservé à la discussion sur les différents aspects de la périnatalité.

Tout au long de la session, la participante s'accoutume à ce corps qui se transforme. Elle en explore les différentes résonnances, les transformations sur son souffle, sur sa voix. Elle tonifie sa respiration, travaille, dans le plaisir du chant, tous les muscles qui lui seront utiles le jour J.

Et pour bébé?

Au-delà de cette préparation physique, maman et bébé s'apprivoisent. Dans son livre, La nuit utérine, le docteur Alfred Tomatis, qui a effectué des recherches sur les capacités d'audition du foetus affirme que « la voix de chaque mère [...] ne peut être [...] interchangeable avec la voix d'une autre mère. » Quand la mère chante pour lui dans son ventre, sa voix se fait toute douce, presque un murmure, emplie de cet amour si puissant. Bébé lui répond. Par un petit coup de pied, une certaine réaction que seule sa maman saisit, il lui transmet ses préférences.

Commence alors un dialogue à la découverte de l'un et de l'autre. Pour un bébé, sa maman possèdera toujours la plus belle voix, celle qu'il entend depuis toujours, celle qui le rassure, qui l'enveloppe d'une couverture d'amour.

Émettre des sons, chanter dans l'attente de la naissance permet à la maman de vivre ce moment autrement que simplement dans la douleur. Son souffle et sa respiration sont plus efficaces et son corps, plus ouvert. Sans être un remède miracle, il semblerait que le chant prénatal soit un outil supplémentaire à insérer dans sa valise pour le voyage à la rencontre de son enfant. Cette rencontre, c'est déjà une belle raison de chanter!

Pour plus de détails, voici deux vidéos intéressantes :

Le chant prénatal

Accouchement : comment chanter lors des contractions ?

 

Catherine Lemire

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