Étudiants et finances personnelles: partir du bon pied

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Volez de vos propres ailes sans hypothéquer votre avenir financier

C'est la rentrée, et pour beaucoup d'étudiants, c'est le début d'une nouvelle vie à l'extérieur du nid familial. Pour voler de ses propres ailes sans trop perdre de plumes, il est avantageux d'apprendre dès le départ à bien gérer son argent.

Or, ce n'est pas toujours facile. Selon un sondage Éducation et finances réalisé par TD Canada Trust, peu de parents ont pensé à mettre des sous de côté pour les études postsecondaires de leurs enfants.

Seulement 17% des étudiants québécois comptent sur les Régimes enregistrés d'épargne étude (REEE) pour financier leurs études. Ainsi, les étudiants québécois sont ceux qui comptent le moins sur leurs parents et sont les plus indépendants sur le plan financier au pays.

Bien que les parents du Québec contribuent à payer les frais des études de leurs enfants, ils ne paient pas autant que ceux d'autres régions du pays. Selon le sondage, 71% des étudiants du Québec déclarent que leurs parents paient moins du quart de leurs frais, contre 60% à l'échelle nationale, et seulement 4% indiquent que leurs parents en paieront plus des trois quarts, contre 10% à l'échelle nationale.

Par contre, l'emploi d'été couvrira la totalité des frais scolaires d'un plus grand nombre d'étudiants québécois, comparativement au reste du Canada (40% contre 24%). Et 48% d'entre eux demanderont un prêt ou une ligne de crédit étudiant.

La mauvaise nouvelle, c'est que 45% des étudiants du Québec dépensent plus qu'ils n'épargnent. Seulement 26% d'entre eux prévoient qu'ils n'auront aucune dette à la fin de leurs études.

« Amasser suffisamment d'argent pour les études postsecondaires peut s'avérer un défi, mais il est beaucoup plus économique d'épargner d'avance que d'emprunter à la dernière minute, indique Dan Demers, vice-président associé, TD Canada Trust. Cela étant dit, une personne qui prévoit faire des études prochainement et qui n'a pas mis suffisamment d'argent de côté devrait examiner toutes les solutions potentielles qui sont offertes, comme les emplois à temps partiel, les bourses d'études et les postes d'assistants. »

Vos parents n'ont pas prévu le coup, ou n'ont pas les moyens de vous aider? Vous devrez vous débrouiller. Et cela ne va pas toujours sans stress! Selon un autre sondage, cette fois réalisé par RBC/Ipsos Reid, les trois quarts des étudiants n'établissent pas de budget. La majorité d'entre eux (57%) prévoient travailler pendant leurs études pour subvenir à leurs besoins, et 77% d'entre eux estiment que ce travail aura une incidence négative sur leurs résultats.

« Les nouvelles responsabilités de la vie étudiante, par exemple maintenir de bons résultats, habiter hors du domicile familial et équilibrer son budget, peuvent se révéler très stressantes, indique Kavita Joshi, directrice générale, Services bancaires aux étudiants, RBC. De bonnes habitudes d'épargne permettent de travailler moins, ce qui libère du temps pour étudier et pour profiter des années au collège ou à l'université." 

Quelques conseils pour partir du bon pied

Avant que le tourbillon des cours et des travaux scolaires soit commencé et que vous ne sachiez plus où donner de la tête, sacrifiez une journée pour prendre le temps de donner une bonne direction à vos finances personnelles.

Au cours de cette journée, vous devriez pouvoir établir une liste de vos dépenses fixes (loyer, électricité, téléphone, internet et frais de scolarité) ainsi qu'un estimé de vos frais variables (épicerie, sorties, loisirs, vêtements). N'oubliez pas que ce sont souvent ces frais variables qui peuvent vous mettre dans le pétrin. Soyez réaliste quant à vos moyens et fixez-vous des limites. Prévoyez aussi un montant pour les imprévus.

En vous basant sur ces dépenses et vos revenus anticipés, établissez un budget réaliste à l'aide d'un outil en ligne, ou sur papier. Surveillez régulièrement votre compte bancaire afin de vous assurer que vous ne dépassez pas vos limites. Lorsque l'on utilise souvent sa carte de débit pour payer ses achats, il arrive que l'on perde le fil et que l'on réalise trop tard qu'il nous restait moins d'argent qu'on le croyait!

De plus, des études ont démontré que le fait d'utiliser une carte de débit ou une carte de crédit diminuait la sensation d'inconfort associée au fait de dépenser lorsqu'il ne le faut pas. Si on a tendance à être un acheteur impulsif, il est donc préférable de sortir une somme fixe d'argent de poche hebdomadaire pour mieux garder le contrôle.

Si vous continuez malgré tout de dépenser au-delà de vos moyens, essayez le truc du calepin. À chaque fois que vous dépensez, notez le montant sur un petit calepin et le nom de l'article acheté. En faisant cet exercice pendant une semaine, vous réaliserez à quels endroits vous dépassez vos limites et il sera plus facile de changer vos mauvaises habitudes.

Souvenez-vous que chaque sou dépensé en choses superflues risque de vous obliger à travailler davantage, ce qui peut nuire à vos résultats scolaires. Finalement, méfiez-vous des offres de cartes de crédit pour étudiants qui semblent si alléchantes. Pendant la période de la rentrée, les étudiants sont une cible très sollicités par les institutions bancaires qui veulent les convaincre qu'ils ont vraiment besoin de détenir une carte de crédit.

« Connais-toi toi-même », dit le proverbe. Êtes-vous dépensier et enclin à la surconsommation? Si c'est le cas, cette première carte de crédit pourrait s'avérer la première étape vers l'endettement chronique. Si vous croyez avoir le profil d'une personne susceptible de s'endetter pour des achats de luxe, dire « non » à une première carte de crédit et retarder de quelques années le moment d'obtenir celle-ci pourrait s'avérer une excellente décision sur le chemin de votre autonomie financière.

Par Muramur

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