Comment réagir quand l’enfant préfère l'autre parent?

Auteur
Véronique Larivière, sexologue
Comment réagir quand l’enfant préfère l'autre parent?

Peut-être vivez-vous cette situation présentement? L’impression que votre progéniture n’a d’yeux que pour votre conjoint(e) donne inévitablement son lot de questionnements personnels. La bonne nouvelle est qu’il ne faut pas s’en faire! Madame Nathalie Parent, psychologue et auteure de plusieurs livres s’adressant aux familles et aux intervenants, nous rassure à ce sujet. 

Un comportement normal

La grande majorité des enfants ont un parent préféré à un moment ou à un autre. C’est le résultat du développement normal de l’enfant. Madame Parent nous rassure que «dans la construction de son identité, il va tantôt être du côté de maman en repoussant papa et un autre moment ce sera le contraire. Il faut dire aussi que les enfants sont dans le moment présent et peuvent vivre intensément l’émotion. Ce qui veut dire que si l’enfant est fâché contre un parent, il va dire qu’il ne l’aime pas ou qu’il aime mieux l’autre. Ce qui ne veut pas dire que c’est la vérité, simplement que la colère prend toute la place au moment présent et que la colère passée, l’amour reviendra».

Quand s’inquiéter?

Maintenant que notre tête comprend qu’il est normal que notre enfant ait des moments où il préfère l’autre parent, notre coeur doit comprendre que ce n’est pas parce qu’on échoue en tant que papa ou maman. Madame Parent évoque «qu’il est normal que le bébé soit plus collé à la mère au moins jusqu’à 2 ans. Par la suite, il y aura des mouvements de va et vient vers les deux parents en ayant des fonctions différentes. Par exemple, papa joue, maman réconforte ou donne à manger». Par la suite, lorsque l’enfant repousse toujours le même parent depuis plus de six mois, il est bon de se questionner et de rencontrer un spécialiste pour y voir plus clair. 

Les causes

Cette préférence momentanée est due au fait que l’enfant a besoin de la présence de modèles masculins et féminins pour construire son identité. «Afin d’intérioriser ces parties différentes, il les sépare au début, vers l’âge de deux ans, en allant vers un et en rejetant l’autre», mentionne la psychologue. C’est aussi pour répondre à un besoin d’autonomie, d’affirmation et d’ouverture au monde que l’enfant va s’écarter de ses parents. Puis, en grandissant, il réussira à se rapprocher des deux parents sans préférence marquée.  

Comment devrait-on réagir?

Madame Parent comprend bien qu'il est toujours un peu blessant de se faire repousser par son enfant. Par contre, elle souligne qu’il faut bien agir et ne pas être en réaction face à ce comportement. Le repousser à son tour ne ferait qu’empirer la situation. Elle nous propose plutôt de «permettre à l’enfant de choisir avec qui il préfère être ce soir pour la lecture, le bain, etc.». Dans les cas où l’enfant choisit toujours le même parent pour ces activités, la psychologue suggère au parent choisi d’imposer des limites et de lui expliquer que ce sera au tour de l’autre parent car il aimerait bien être avec lui aussi. 

Plus fréquent en garde partagée?

En garde partagée, il arrive que le parent se sente coupable et qu’il veule plaire à l’enfant à tout prix. Par contre, il semblerait que la préférence parentale ne soit pas plus fréquente dans cette situation. Le risque, comme le mentionne madame Parent, c’est de prendre ce rejet comme si c’était une vérité! Elle rappelle d’ailleurs que ce comportement est normal et présent même dans une famille nucléaire!

Un énorme merci à la psychologue, conférencière et auteure Nathalie Parent pour sa collaboration à cette chronique. Visitez son site web pour connaître toutes ses publications venant en aide aux familles et aux intervenants!

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