Oser discipliner nos enfants sans culpabiliser

Nos enfants, nous les aimons, nous voulons le mieux pour eux... Mais parfois, leurs comportements nous font sortir hors de nos gonds et nous nous trouvons dans l'obligation de réagir.

Comment distinguer une réaction adaptée d'une réaction exagérée? Quelle méthode de discipline « fonctionne » vraiment? Comment ne pas perdre les pédales lorsque la tension est au maximum? Et surtout, comment arrêter de culpabiliser lorsqu'on réprimande nos chères têtes blondes? Tâchons d'y voir un peu plus clair...

Pourquoi discipliner nos enfants?

Au risque de déplaire aux adeptes du « free for all », la grande majorité des psychothérapeutes familiaux affirment que :

  • La discipline est primordiale pour permettre à l'enfant de se développer sainement et de pouvoir évoluer en société ;
  • Elle permet aux jeunes de développer leur estime personnelle, de respecter ceux qui les entourent, d'apprendre à résoudre des problèmes et de vivre en société ;
  • Chaque enfant a besoin de connaître des limites, de faire la différence entre les comportements adéquats et ceux qu'il est nécessaire d'éviter (ou de conserver pour la sphère privée uniquement).

Quelles sont les « méthodes » efficaces?

Respecter ses valeurs

Pour discipliner efficacement leurs enfants, les parents doivent développer un système de règles raisonnables qui sont en accord avec leurs valeurs familiales (éthiques, religieuses, etc.), mais surtout qui ne briment pas l'enfant et ne le mettent pas dans une position inférieure.

Dialogue, respect mutuel, communication

Ils sont essentiels pour aider l'enfant à respecter les règles.

Des règles claires et constantes

Vous devez les expliquer à votre enfant afin qu'il les comprenne parfaitement et sache à quoi s'attendre en cas de non-respect (punition, conséquence). Bien sûr, le plus important consiste à appliquer les conséquences promises, sinon votre enfant comprendra vite que vos règles peuvent être enfreintes sans que rien n'arrive...

Une discipline positive

Les spécialistes de l'enfance s'entendent généralement pour dire que la discipline positive est toujours plus efficace qu'un système « totalitaire » dans lequel il y a un « chef » et des « sujets ». Il est parfaitement possible d'inculquer des comportements positifs chez l'enfant avec fermeté, tout en restant doux et patient.

Vous n'êtes pas son ami!

Par contre, malgré une tendance bien répandue de nos jours, le « parent-ami » aura souvent du mal à se faire respecter de ses jeunes. Il est évidemment possible (et recommandé) d'entretenir avec vos enfants une relation où l'on peut rire et s'amuser, mais votre jeune ne doit jamais oublier qu'il vous doit le respect et ne peut avoir les mêmes comportements avec ses amis qu'avec vous. C'est de cette première règle, primordiale, que devront découler toutes les autres...

À quel âge les discipliner?

Un enfant très jeune (dès 1 an) peut comprendre lorsqu'on lui dit « non »... Bien sûr, à cet âge-là, lorsqu'on « gronde » un enfant, c'est principalement pour le protéger. Ce n'est qu'un peu plus tard (vers 3 ans) que la discipline aura aussi pour but de lui inculquer certains comportements à adopter (ou éviter) en société.

Il existe autant de méthodes de discipline que d'enfants... et de parents! Cependant, il y a quelques règles, pour les parents cette fois, qui sont primordiales pour mettre en place une méthode efficace :

  • Adaptez vos demandes à l'âge de l'enfant : on n'attend pas la même chose d'un petit de 3 ans que d'un préado de 10 ans ;
  • Respectez votre enfant... Même s'il fait quelque chose que vous trouvez inacceptable, ne le ridiculisez pas devant tout le monde ;
  • Soyez consistant dans vos demandes : n'autorisez pas demain quelque chose que vous avez interdit aujourd'hui ;
  • Accordez-vous avec votre conjoint et vos proches quant à la manière de discipliner l'enfant. Si vos positions et vos règles diffèrent trop, le jeune risque de ne plus trop savoir ou donner de la tête et finira... par n'en faire qu'à sa tête ;
  • Évaluez votre humeur : certains jours, tout va mal, pour vous, comme pour votre enfant... Ne soyez pas trop sévère dans ces moments, car vous risquez de dire/faire des choses que vous regretterez après ;
  • Faites ce que vous dites : si vous annoncez une conséquence ou une punition pour une action en particulier, APPLIQUEZ-LÀ! Même si vous avez été trop dure. Si vous ne le faites pas, c'est encore mieux de ne rien dire du tout...

Culpabilité, quand tu nous tiens...

Pour des raisons parfois difficiles à expliquer, tous les parents expérimentent une forme de culpabilité lorsqu'ils disciplinent leurs enfants. Entendre pleurer un petit de 4 ans « puni » dans sa chambre ou voir notre préado bouder parce qu'on lui a interdit d'aller jouer dans la ruelle crée en nous des émotions contradictoires. Nous nous demandons constamment si nous ne sommes pas trop sévères, si notre enfant nous en voudra « plus tard », si les autres parents feraient la même chose...

Posons-nous les vraies questions

Il faut arrêter de se sentir mal et se poser les vraies questions.

  • Est-ce que le comportement de mon enfant était dangereux pour lui-même ou pour les autres?
  • Est-ce que son attitude était dérangeante et/ou blessante?

Si la réponse à ces questions est oui, alors il a mérité sa punition et il ne faut pas vous sentir mal de lui imposer un temps à part ou une conséquence. En tant que parent, il est de notre devoir d'aimer nos enfants. La discipline fait partie de l'amour. C'est l'un des moyens à notre disposition pour éduquer nos jeunes et en faire des adultes responsables. Un enfant qui n'a pas de règles est laissé à lui-même et aura surement bien plus de problèmes dans l'avenir qu'un jeune entouré et « chicané » de temps à autre.

Vous n'êtes pas parfaits

Enfin, rappelez-vous qu'il n'y a pas de parents parfaits. Nous sommes toujours en processus d'apprentissage. Lorsqu'elles sont dictées par l'amour, nos actions, même imparfaites, atteindront le but espéré. Plus tard, quand nos propres enfants feront preuve de sévérité envers leurs enfants, nous essaierons peut-être à notre tour de minimiser les conséquences, mais ça, c'est une autre histoire! Eh oui, le travail de parent et de grands-parents n'est pas le même!

Cécile Moreshi, rédactrice Canal Vie

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