Mon enfant ne veut pas aller à la maternelle

À tous les débuts d'année scolaire,  les enfants se divisent en deux blocs : ceux qui ont hâte d'y retourner, et les autres, qui angoissent seulement à l'idée d'y penser.

L'entrée à la maternelle

Votre petit dernier qui entre en maternelle peut vivre un amalgame de sentiments qu'il ne réussit pas lui-même très bien à identifier. Derrière l'idée stimulante d'enfin faire son premier pas dans le monde des grands se cachent certaines appréhensions : celles de quitter maman et papa, de rencontrer un nouveau professeur, de nouveaux adultes, la peur d'être incapable d'apprendre par lui-même, de se perdre dans une école qui n'est pas la sienne et l'angoisse, sûrement non identifiée, que vous, parents, vivez à l'idée de les abandonner dans les bras d'inconnus, dans la grande école.

Il a si peur!

Il est évident que pour vous aussi, l'entrée en maternelle de votre enfant est chargée en émotion. Et il le sent! Vous craignez peut-être de ne pas aimer le professeur qu'il aura, avez peur qu'il ne se fasse pas d'amis, qu'il soit rejeté, qu'il vive des échecs et cultivez surtout le sentiment d'impuissance à le savoir vous quitter un peu pour suivre sa propre voie. C'est tout à fait normal!

Mais le jour de la rentrée, ce sera à vous de vous montrer fort. Votre enfant aura besoin de vous. Il est possible qu'il se lève un peu barbouillé, qu'il ait mal au ventre, qu'il ne veuille pas aller à l'école. Cette situation pourra se produire dès la rentrée ou se développer en cours d'année.

Racontez-lui vos expériences personnelles

Les enfants nous voient un peu comme des super héros, nous les parents. Ils pensent que nous avons peur de rien, que nous ne craignons rien. Le fait de croire qu'ils sont seuls à ressentir de l'anxiété peut quintupler ce sentiment. Racontez-lui votre première expérience à l'école, un moment qui vous a intimidé, où vous avez ressenti de l'anxiété, du stress. Il normalisera ce qu'il ressent et tout sera beaucoup plus facile pour lui ensuite.

En tant que parent, on croit que lui dire « ce n'est rien » peut le rassurer, mais en réalité, cela pourrait bien augmenter son stress, lui donner l'impression qu'il est le seul au monde à vivre ces sentiments. Le fait de parler de notre expérience peut aussi ouvrir la voie à la discussion. Tentez-le!

La familiarisation

Si votre enfant fait son entrée dans une nouvelle école, parce qu'il arrive en maternelle, ou parce que vous avez récemment déménagé, rendez-vous plusieurs fois avec lui dans la cour d'école, faites-lui prendre conscience du nouvel environnement qui fera bientôt partie de son quotidien. Le fait qu'il sache où il s'en va pourra le rassurer.

Si, en cours de route, vous rencontrez des enfants de son âge, dans le voisinage, donnez-lui la chance qu'il fasse connaissance avec ces futurs « amis ». S'il connaît un ou deux visages le jour de la rentrée, l'intégration se fera peut-être plus facilement.

Ce n'est pas négociable

Votre enfant doit comprendre que l'école n'est pas négociable. Il devra s'y rendre, coûte que coûte. Parfois, il simulera un mal de tête, un mal de ventre, parfois il éprouvera réellement ces symptômes qui, très souvent, sont liés à l'anxiété. Si votre enfant n'a pas de fièvre, n'a pas le nez qui coule, un mal de gorge, des vomissements ou de la diarrhée, il somatise peut-être son angoisse. Vous le connaissez.

Si c'est un petit nerveux, un enfant inquiet, il y a fort à parier qu'il vivra du stress lors de sa première semaine d'école. Vous verrez, il reviendra épuisé les premiers temps. Tout est si nouveau!

Le jour de la rentrée, s'il semble très nerveux ou s'il a mal au ventre, pourquoi ne pas prendre le temps de le raccompagner en marche rapide jusqu'à l'école? L'exercice que vous ferez avec lui canalisera son stress et il risque de mieux affronter la nouveauté ensuite.

Ne vous inquiétez pas s'il ne veut pas prendre son petit-déjeuner, les premiers matins. L'anxiété lui noue probablement l'estomac. Mettez-lui une collation nutritive et santé dans son sac d'école. Quand au fil des jours, le stress se sera estompé, vous pourrez alors insister pour qu'il mange au déjeuner, le repas le plus important de la journée.

Une leçon pour la vie

Si vous avez un enfant anxieux, apprenez-lui qu'il doit apprendre à vivre avec cet état qui reviendra sûrement lors des étapes importantes dans sa vie. Le couver à outrance ne fera qu'amplifier ses angoisses dans le futur.

Lorsqu'il se sent nerveux, prenez un moment avec lui pour lui montrer à respirer calmement, en faisant gonfler son abdomen. Des respirations longues et profondes. Vous verrez, son esprit se calmera, ses maux physiques s'apaiseront. Le sport est aussi un excellent catalyseur des états anxieux. Apprenez-lui à en faire dès qu'il sent l'angoisse monter. Même tout petit, les enfants ont besoin de ces trucs de grands. C'est la meilleure leçon de vie que vous pourrez lui donner.

La relation enfant-professeur-parent

La rencontre parent-professeur se fait en général à l'approche du premier bulletin, mais si vous avez quelque chose de particulier à dire à l'instituteur concernant votre enfant, n'attendez pas. Si votre petit souffre d'anxiété, de trouble d'attention, si vous croyez qu'il a des difficultés à se faire des amis, des problèmes d'intégration, une forte timidité, parlez-en au professeur dès les premiers jours pour qu'il puisse l'aider et vous tenir au courant de son évolution. S'il ne sait pas, il peut prendre votre enfant en grippe ou le juger à tort, ce qui risque d'envenimer les choses.

La plupart des écoles bénéficient de l'aide d'une éducatrice spécialisée. Elle est là pour aider les enfants qui ont des troubles de comportement, qui dérangent la classe ou qui ne veulent pas se soumettre aux règles, mais elle peut aussi outiller votre rejeton s'il est très anxieux ou timoré. Si vous croyez que ce genre d'aide pourrait lui être favorable, faites-en la demande.

Les plus grands

Dans le cas des plus grands, qui connaissent déjà le monde scolaire, il y ceux qui réussissent bien autant au niveau scolaire que social et qui ont grande hâte de retrouver leurs professeurs, leurs copains et de s'attaquer à de nouveaux défis, et les autres qui anticipent une autre année remplie de devoirs et de contraintes, d'angoisse de performance et de socialisation.

Si votre enfant dit ne pas aimer l'école, ne plus vouloir y retourner, assoyez-vous avec lui et faites le bilan des expériences positives qu'il a connues durant la dernière année. Peut-être n'est-il pas hyper performant au niveau académique, mais il a sûrement appris des choses intéressantes. S'il prétend que non, peut-être aime-t-il le sport, ses copains d'école, le service de garde.

Enfin, si son discours est totalement négatif, tentez de savoir pourquoi. Il se peut qu'il ait connu un professeur qui ne l'aimait pas, trop sévère à ses yeux ou qui lui semblait injuste, qu'il ait eu des difficultés avec certains amis qu'il n'a pas envie de revoir, peut-être a-t-il été victime de moqueries ou a-t-il peur de ne pas performer suffisamment, peut-être trouve-t-il l'école trop stressante ou même a-t-il peur de vous décevoir s'il ne réussit comme vous vous y attendez...

Il arrive qu'on soit surpris par leurs réponses, qu'on s'étonne de ne pas connaître certains détails de leur vie, certaines des émotions qu'ils ont vécues depuis leur entrée à l'école, mais le fait de le savoir maintenant, de s'y arrêter avant que la frénésie du métro-boulot-dodo recommence, pourra peut-être vous décider à en parler au directeur, au professeur ou simplement à trouver des solutions avec votre enfant pour améliorer la situation.

Enfin, pensez à encourager tous ses efforts, ses succès et ses réussites.

Et le premier effort à reconnaître, est celui qu'il fera pour se rendre à son premier matin d'école...

Violaine Dompierre, éditrice Canal Vie

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