Mettre ses limites

Certains spécialistes affirment que la constance en éducation est aussi importante, sinon plus, que l'amour que l’on porte à nos enfants. C'est peut-être un peu fort, mais qu'est-ce que la constance peut apporter aux enfants? Et au contraire, quelles conséquences peuvent avoir un manque de constance?

L’importance d’une discipline claire

De nombreux psychologues, médecins et intervenants auprès des jeunes notent l’importance de mettre en place une forme de discipline avec les enfants. Pour plusieurs d’entre nous, ce simple mot de « discipline » fait se hérisser tous les cheveux sur la tête et nous visualisons immédiatement des punitions corporelles, des conséquences inappropriées et une relation parents-enfants basée sur la soumission et/ou la crainte…

Évidemment, si l’éducation des enfants au cours des derniers siècles a souvent été faite d’abus en tout genre, il n’en est pas de même aujourd’hui. Mettre en place une forme de « discipline » est tout à fait compatible avec les droits de l’enfant, et c’est même nécessaire! Les jeunes ont besoin de règles claires à respecter, ils doivent savoir qui est en charge, quelles sont les choses qu’il a le droit de faire et celles qui ne sont pas appropriées. En tant que parents, nous avons pour mission de faire de nos enfants des adultes épanouis qui seront capables de fonctionner en société, et cela ne se fait pas sans règles.

De plus, les enfants qui savent parfaitement et qui vivent dans un environnement où la constance est de mise se sentent plus en sécurité. Le fait de leur mettre des limites lorsque cela est nécessaire montre aux enfants que nous avons à cœur leur bien-être et leur sécurité.

Mettre en place une discipline, c’est non seulement instaurer des règles de vie claires dans notre famille, mais aussi savoir punir les jeunes de manière juste et appropriée lorsque ces règles ne sont pas respectées.

Les inconvénients d’une discipline laxiste

À l’opposé, lorsque nous permettons tout (ou n’appliquons pas de conséquences en cas de désobéissance), nos enfants ne se sentent plus protégés et en sécurité. Un environnement ou tout est permis est à l’origine de confusion et d’anxiété.

Lorsque nos enfants ne savent plus à quoi s’en tenir et ce qu’ils ont le droit de faire ou pas, ils apprennent à procéder par essai/erreur et nous testent constamment, car ils ont besoin de connaître leurs limites.

La constance, difficile à mettre en place?

Imaginez quelques secondes que les lois changent constamment et que la police vous « punisse » différemment d’une fois à l’autre : un jour, on doit roule à 90 km/h et le lendemain, 130 km/h est permis, un jour il est interdit de voler et le lendemain,  on autorise le vol sous certaines conditions, un jour la prison est obligatoire pour un délit mineur et le lendemain on peut s’en sortir pour le même délit avec de simples travaux communautaires. Comment vous sentiriez-vous?

De la même manière, les jeunes ont besoin d’avoir des règles claires sur les choses de la vie courante : l’heure du coucher et des devoirs, les mots et comportements qui ne sont pas tolérés, les conséquences lorsqu’on enfreint une règle, etc.

Bien sûr, les règles différent souvent d’une famille à l’autre en fonction des convictions éthiques de chacun, mais quelles que soient les valeurs que l’on souhaite inculquer à des jeunes, il est primordial d’être constant dans nos actions. On ne peut pas crier et punir un jour pour que l’enfant range sa chambre et le faire le lendemain à sa place. Il faut adopter une ligne de conduite claire qui varie le moins possible.

Évidemment, nous sommes humains… Et nous avons tous des journées plus difficiles où faire la discipline et/ou entendre nos jeunes crier ou argumenter ne nous tente pas. Par conséquent, nous abandonnons nos bonnes résolutions. Si cela est très occasionnel, il n’y a pas de réel danger de « chambouler » du jour au lendemain toute notre discipline, mais lorsque les règles deviennent élastiques selon les jours, nos enfants ne savent plus à quoi s’en tenir et deviennent petit à petit… intenables!

Quelques trucs pour y arriver

Personne n’est un parent parfait et nous faisons tous des erreurs. D’ailleurs, nos enfants apprennent aussi de nous lorsqu’ils nous voient faire des erreurs et les rectifier. Par conséquent, ce n’est pas parce que nous avons été trop laxistes par le passé que nous ne pouvons pas instaurer de nouvelles règles et une nouvelle façon de fonctionner.

Il faut toutefois être réaliste dans notre approche et nos attentes : on n’exige pas la même chose d’un enfant de 2 ans que d’un préado de 10 ans ou d’un ado de 16. De plus, il n’est pas nécessaire de créer des règles pour tout… Une ligne directrice concernant les points auxquels vous accordez le plus d’importance est nécessaire, mais il ne faut pas exagérer : votre maison ne doit pas non plus ressembler à une caserne d’armée! Voici quelques-uns des points pour lesquels vos enfants devraient savoir à l’avance à quoi s’en tenir :

  • Heures des dodos, des repas, des diverses activités (jeux dehors, jeux à l’ordinateur, bain, etc.)
  • Comportements encouragés à la maison et à l’école.
  • Comportements interdits.
  • Système de récompense.
  • Système de punitions et conséquences.
  • Nombre d’avertissements avant une conséquence.

Enfin, même si cela n’est pas toujours facile en cas de séparation/divorce des parents, il est important d’essayer le plus possible que les règles soient identiques d’une maison à l’autre…

Cécile Moreschi, rédactrice Canal Vie
 

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